‹ Vie et œuvresChapitre 233 sur 265 · I.\ I-AM1LLI-: ET m: pays I)K t. a [UKMIKriUX'SK · texte numérisé non relu

I.\ I-AM1LLI-: ET m: pays I)K t. a [UKMIKriUX'SK

la sœur ilu fameux lii^^ueur Gromoy. En iriTO, durant les oTierres de relii^ion, Coliirnv traversant la Bourirocrne — une pièce authentique prouve qu'il était à La Clayette, le 18 juin iriTO — pilla et incendia le château de GorchevaL La partie Est fut seule préservée. En L-)80, il devint la propriété de Fran(,^oise de la Guiche, épouse de Guillaume d'Amanzé. Quarante ans plus tard, en KM 9, il fut acheté par les seigneurs de Fautrières qui le relevèrent de ses ruines et le réédifîèrent comme on le voit aujourd'hui. Deux de ses tours n'existent plus, les fossés sont comblés; néanmoins il a encore un aspect imposant. Le voyageur qui suit la ligne ferrée de Paray-leMonial à Mâcon ne manque pas de remarquer sur sa droite aux environs de la station de Saint-Bonnet-Beaubery, la grande façade sévère du vieux manoir, admirablement posé à mi-côte des collines et dont la silhouette se découpe sur une forêt profonde de grands arbres. G'est là que Marguerite demeura trois ou quatre ans chez sa noble marraine, de 16.j2 à 1655, sans qu'on puisse préciser ni le commencement ni la fin de ce séjour.

Marguerite avait une nombreuse parenté dans les divers villages de Beaubery. D'ailleurs, Gorcheval n'est qu'à cinq kilomètres de Lhautecour et l'enfant n'était pas perdue pour sa famille. On la conduisait de tempsen temps à Verosvres; nous voyons en effet dans les registres paroissiaux que, le 4 juin 165 i, elle y fut marraine d'une fille de Toussaint Delaroche son oncle. M. et M""^ Alacoque venaient de leur côté à Gorcheval. Les archives du château possèdent beaucoup d'actes notariés, écrits au château môme pendant cette période de 1652 à 1655.

Une chapelle, encore debout, existait sur la terrasse du château. On voit figurer dans des actes notariés, postérieurs de vingt ans au séjour de Marguerite, un prêtre qualifié d'aumônier du seigneur de Gorcheval. On peut donc bien croire qu'un aumônier faisait déjà le service religieux de la

chapelle, durant le séjour de notre petite sainte et qu'elle pouvait satisfaire à son aise cet amour précoce pour le saint Sacrement qu'on remarquait déjà en elle, ainsi que le relatent les Contemporaines,

De plus, à la distance d'environ trois cents mètres du château, presque au pied de ce pittoresque piton d'Artus, qu'on voit maintenant couronné par une pointe des vieilles ruines d'une antique forteresse féodale, existait une autre chapelle très ancienne dédiée à saint Fiacre. Un chapelain y célébrait la messe à jours fixes. Sans doute Marguerite y alla prier plus d'une fois.

Le château, nous l'avons dit, s'appuie à une forêt superbe qui monte vers Beaubery. On y remarque surtout une futaie de charmilles séculaires. C'est là vraisemblablement que Marguerite allait, selon la remarque des Contemporaines^ contenter son inclination pour la solitude.

Outre quatre iils voués au métier des armes, M™® de Fautrières avait deux filles. Marie-Bénigne, l'aînée, était entrée en 1645 au monastère de la Visitation de Paray. Notre petite Marguerite dût entendre prononcer bien souvent le nom du « cher Paray » qui devait l'attirer si fort i plus tard.

Vers le milieu de l'année 1654, M""^ de Fautrières perdit son mari. En 1656, elle épousa en secondes noces Jean de Chapon, seigneur de la Bouthière, et elle suivit son mari dans le Beaujolais où il était gouverneur de Belleville.

Marguerite avait été rendue à sa famille l'année précédente. Elle avait huit ans. Son père mourut peu après, vers le 10 décembre 1655.

M. Bougaud, l'illustre historien de Marguerite-Marie, fait mourir M"'*^de Saint- Amour, veuve de M. de Fautrières, en 1655 (l'« édit. in-8«, Paris, 1874, p. 36) et il trouve dans cette mort le motif de la rentrée de Marguerite dans la maison paternelle. Cette erreur subsiste encore dans la 5« édit., in-12, 1880, p. 64. La vérité est que M'"« de

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