‹ Vie et œuvresChapitre 48 sur 265 · fAPculaire du M) juillet · texte numérisé non relu

fAPculaire du M) juillet

qui venait d'elle. Ses révélations n'étaient plus un mystère pour personne et la dévotion au sacré Cœur de Jésus était devenue la dévotion dominante dans la Communauté. Les écrits de la Servante de Dieu passaient de mains en mains : si fortement étaient-ils goûtés de ces ferventes âmes qu'un saint zèle s'empara même d'elles et les porta à en communiquer plusieurs au dehors, comptant hélas ! pour trop peu le sacrifice qu'elles faisaient ainsi de certains autog^raphes, au prix de répandre les enseignements de la bien-airnée de ce divin Cœur : '(c'est le nom qu'on lui donne, en toutes lettres, dans une circulaire du 23 novembre 1749).

La guérison miraculeuse de sœur Claude-Angélique Desmoulins, en 1713, fut un événement plein d'allégresse pour la Communauté. Lorsque ce fait extraordinaire eut été duement constaté, le Monastère de Paray se hâta d'en informer tout l'Ordre. Les expressions employées témoignent du saint enthousiasme que ce prodige avait fait naître non seulement parmi les habitantes du cloître, mais encore parmi les personnages les plus graves et qualifiés. C'est ainsi qu'on rapporte comment l'illustre abbé Languet, apprenant la chose, s'était dit en lui-même : « Tirai et je verrai cette grande merveille opérée^ du Seigneur, par les intercessions de notre précieuse Sœur Alacoque. »

Puis, vient le récit de tout ce que cet éminent supérieur, devenu évêque de Soissons, avait entrepris, s'était donné de peines inouïes pour préparer la grande Procédure de 1715. « C'est un travail immense, disait la circulaire du 1^^" novembre de cette année-là. On y annonce que Mgr Languet va composer la Vie de la Vénérable Sœur et qu'il a promis « que la grandeur et la multitude de ses occupations pastorales ne l'empêcheront point de donner toute sa perfection à cet ouvrage ». Et l'on ajoute : « Il ne lui sera pas difficile : son esprit universel embrasse toutes choses et les démêle avec une vivacité surprenante ; les plus minces ne sont point au-dessous de lui — il sait leur don-

lier im tiuir et une force admirable il perce d'un cou[) d'œil les plus obscures et atteint les plus élevées. »

Comme cette nouvelle avait réjoui tout l'Institut de la \'isitation et qu'il était impatient de voir une telle Fie mise au jour par lui si di«^ne auteur, Paray se vit obli^'é d'avertir qu'il faudrait savoir attendre, puis({ue ce livre tant désiré ne pouvait paraître avant que Mgr l'Evêque de Soissons ait u tini ses admirables ouvrag-es pour la défense de l'Eglise ' ».

Cependant, tandis que le grand Kvêque écrivait l'histoire de Marguerite-Marie Alacoque, à Paray, les Contemporaines recueillaient et envoyaient au Prélat tous les Mémoires capables de le renseigner et de l'aider. On comprend si, alors, toutes ces saintes occupations et préoccupations créaient dans la Communauté une atmosphère comme imprégnée et embaumée du souvenir de Celle qui en était l'objet.

Enfin, lorsqu'en 1729, Mgr Languet publia cette Vie^ sans se soucier de toutes les furies d'enfer déchaînées contre lui à cette occasion, les actions de grâces de la Visitation de Paray furent extrêmes. La Providence s'était chargée elle-même de relever la sainteté de la Vénérable Sœur par le talent de son panégyriste. A ce propos, la Mère Marie- Hélène Coing remarque l'étonnante conduite de Dieu pour manifester sa fidèle amante et dit : « Une fille qui ne respirait que les humiliations et le désir d'un éternel oubli de toutes les créatures, est aujourd'hui connue, non seulement de toute la France, mais, comme on nous l'assure, de toute l'Europe. Les uns la jouent, les autres la louent et ces sentiments si différents font voler son nom jusque dans les pays les plus éloignés ; et, contre l'attente de ceux qui se déclarent contre elle, leurs railleries les plus piquantes servent à la faire connaître et estimer des sages, et même

i. Circulaire de la Mère de La Garde : 2.3 mars 1725.

<le ceux qui n'ont pas tout à fait renoncé au bon sens ^ » La Communauté de Paray ne manqua pas d'avoir part ^ux attaques suscitées contre cette Vie et son auteur; mais ^Ue s'en fît gloire, ainsi que le prouve cet autre passage de la même circulaire : « Sans retour sur nos intérêts, tranquilles sur ce que l'on a pu dire et penser, nous ne cherchons d'autre justification que celle du Prophète, en disant •comme lui : Nous nous sommes tu, parce que cest vous, Seigneur, qui l'avez fait. Après tout, qu'importe qu'on nous blâme, pourvu que le Seigneur soit glorifié et que le règne de son amour s'établisse par la dévotion à son divin Cœur ! ^ » Quant aux fruits opérés dans les âmes par la lecture d'une Vie si merveilleuse et si sainte, Paray recueillit soigneusement les témoignages qu'on lui en adressa, par écrit, de divers côtés.

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