L'ARCHICONFRÉRIE DU SACRÉ COEUR DE JÉSUS
INSTITUÉE AU MONASTÈRE DE LA VISITATION DE PARAY-LE-MONIAL POUR LA FRANCE ET LA BELGIQUE
La Bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque fut l'inspiratrice des confréries du sacré Cœur de Jésus. Le divin Sauveur l'avait invitée à s'associer aux Séraphins pour rendre à son sacré Cœur un continuel hommage d'amour, d'adoration et de louange. A son tour, elle appela les novices et les jeunes filles placées sous sa direction, à s'unir
1. Cf. pour tous autres renseigucmcnts sur 17/^/;r^ Sainte, le Nouveau manuel de Varchlconfrérie de r Heure Sainte, in-32 de 48 p., au monastère de la Visitation Sainte-Marie de Paray-lc-Monial (Saôncct-Loire .
avec elle à « ses divins associés ». Un peu plus tard, toutes les religieuses de la Visitation de Parav entrèrent dans un pieux concert d'amour et de zèle pour le culte du divin Cœur. Ce fut là un premier essai. Le temps, l'action de la grâce et l'autorité de l'Eglise devaient développer les pieuses associations d.u sacré Cœur et leur donner une forme précise et canonique.
Marguerite-Marie abandonnait son cloître pour le ciel le 17 octobre 1690, et moins de trois ans après sa mort on vit s'organiser dans les chapelles de la Visitation de Dijon et de Paray la Confrérie de V adoration du sacré Cœur de Jésus, dont les membres se distribuaient tous les jours^ toutes les heures de l'année, pour rendre à Notre-Seigneur un culte perpétuel.
La confrérie de Paraj fut approuvée et érigée en 1693, par M. du Feu, vicaire général de Mgr de Roquette, évêque d'Autun. Si la confrérie de Dijon paraît avoir inauguré, la première, dès 1692, ses pieux exercices, celle de Paray demeure la plus ancienne, quant à la date de son érection canonique.
La confrérie de Paray comptait près de trente mille associés, et, parmi eux, les plus grands noms et les plus vénérables personnages, lorsque, le 26 août 1728, elle fut solennellement confirmée et enrichie d'Indulgences par un bref du pape Benoît XIIL
A cette époque, les prédictions du Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie recevaient leur accomplissement : le culte du Sacré-Cœur s'était déjà répandu à travers le monde entier, malgré les sarcasmes et les fureurs du Jansénisme et de l'impiété. A la date du 4 mai 1743, le père de Galliffet pouvait dresser un tableau authentique de sept cent deux confréries, érigées par brefs apostoliques, dans toutes les contrées de l'univers chrétien.
A Rome, saint Léonard de Port-Maurice avait établi, en 1729, dans l'église de Saint-Théodore-i^-Ca/7i/;o- Faccmo,
l.A VISITATION DK l'AUAV
une Confrérie ilu sacré Cœur qui tut élevée, en 1732, au raiiijr cl Archiconfrérie •.
La teuipèto révolutionnaire comprima uu moment l'essor (le notre chère dévotion au Cœur de Jésus ; mais à peine les mauvais jours furent-ils passés qu'elle sortit des prisons et des retraites cachées où elle avait consolé d'illustres victimes, et parut prête à conquérir le monde.
l ne nouvelle association fut établie à Rome, le li février 1801, avec l'autorisation du cardinal délia Somaglia, vicaire du pape Pie VII, par les prêtres séculiers de la congrégat^'on de Saint-Paul, dans leur église de Sauf a- Maria-ad-Pineam, dite In Capella^ sur les bords du Tibre. Elle fut élevée à la dignité d'Archiconfrérie par le souverain Pontife, le lo janvier 1803, et transférée, le 19 février 1827, dans l'église de Santa-Maria-della-Pace ^ où elle a encore son siège présentement.
La confrérie de Paray, riche déjà des faveurs obtenues en 1728, enrichie par la communication des Indulgences de l'Archiconfrérie romaine, vit encore s'accroître son trésor spirituel : le 22 août 1853, par un rescrit apostolique valable à perpétuité. Pie IX accordait une Indulgence plénière, à gagner une fois chaque mois, à tous les membres de la pieuse association. Pour mettre le comble à toutes ces faveurs, il ne restait qu'à obtenir du Saint-Siège que la confrérie de Paray fût honorée du titre et des privilèges d'Archiconfrérie. Son ancienneté, les souvenirs de la Bienheureuse Marguerite-Marie, le nombre considérable de ses associés, son sanctuaire à jamais célèbre par les révélations du sacré Cœur, tout semblait réclamer cette dignité et ces prérogatives.
La demande fut faite vers la fin de Tannée 1864 par Mgr de Marguerye, qui s'était rendu à Rome pour assister
1. Elle subsiste toujours, mais elle n'admet que les hommes. Elle est vulgairement appelée : des Succoni, à cause du vêtement que portent les confrères dans leurs cérémonies.
à la solennité de la Béatification de Marguerie-Marie. Pie IX exauça cette prière, et par bref apostolique du 13 janvier 1865, la confrérie du sacré Cœur de Jésus établie à Paray-le-Monial, dans la chapelle publique des religieuses de la Visitation Sainte-Marie, fut érigée en Archiconfrérie avec tous les honneurs, privilèges, prérogatives et prééminences ordinaires, et avec pouvoir de s'agréger toutes les confréries du même nom déjà érigées ou qui seraient érigées à l'avenir dans le diocèse d'Autun, et de leur communiquer toutes les Indulgences et autres grâces <îommunicables dont elle jouissait elle-même.
Le 20 février suivant, Mgr l'évêque d'Autun fit publier solennellement, dans le sanctuaire de la Visitation, le bref apostolique dont nous venons de parler, et déclara l'Archi- <îonfrérie canoniquement instituée. Le 18 octobre de la même année, il annonça ce bienfait à son diocèse par une lettre pastorale et, peu de temps après, il pourvoyait à tout ce qui pouvait intéresser l'administration de l'Archi- •confrérie et l'organisation régulière des pieuses sociétés du ^acré Cœur dans son diocèse.