SŒUR MARIE-MADELEINE DES ESCURES
A la date du 13 avril 1701, le Registre mortuaire du couvent porte ces mots :
« Est décédée en ce monastère notre très hono-
« rée sœur Marie-Madeleine des Escures, d'une ancienne « noblesse, âgée de soixante-sept ans, professe de cin- « quante et un, au rang des sœurs choristes. C'était une « grande religieuse, fort estimée de notre Vénérable Sœur « Alacoque. Son humilité lui a fait demander qu'on ne die « rien d'elle après sa mort. »
En annonçant ce décès aux autres monastères de l'Institut, la Mère Marie-Glo tilde de Chaulnes assurait que la défunte était une des plus saintes et vertueuses religieuses quelle eût connues, ajoutant : «je suis obligée poursuivre « ses dernières intentions de cacher le tableau de ses verce tus sous le voile du silence, nous ayant engagée à lui « promettre, par de grandes instances qu'elle nous fit « quelques jours avant sa mort, de ne rien dire d'elle que « pour demander les prières pour le repos de son âme, « que nous avons lieu d'espérer être jouissante de la récom- (( pense d'une vie pleine de bonnes œuvres et d'une excel- « lente vertu. Elle a passé une partie de sa vie dans de (( grandes souffrances, accompagnées d'une patience qui « surpassait ses maux. »
A ce témoignage déjà si éloquent dans sa brièveté, il faut joindre celui des contemporaines. D'après leurs propres expressions, sœur Marie-Madeleine des Escures << était une « règle vivante et est morte en odeur de sainteté ».
Durant sa longue carrière, elle fut regardée par la Communauté comme Tun de ses plus dignes sujets, auquel les plus importants emplois pouvaient être confiés en assurance. La Mère Grejfîé, entre toutes ses supérieures, avait pour elle une affection singulière et une estime très prononcée. Ce qui se passa le 21 juin 1686, lors du triomphe complet de la dévotion du sacré Cœur au sein de la Visitation de Paray, prouve bien haut que l'influence de la sœur des Escures était grande parmi ses compagnes, puisque son exemple les entraîna toutes vers le divin Cœur. Dès lors, plus encore peut-être que par le passé, la plus étroite et religieuse union fut cimentée entre cette vertueuse ancienne et l'humble religieuse Sœur Marguerite-Marie. Par un prodige de la grâce, le Cœur de Jésus, qui autrefois se dressait entre ces deux âmes comme un signe de contradiction, était devenu le centre vivant et le nœud béni de leur amitié sainte, en attendant d'être le commun séjour de leur éternelle demeure.
SŒUR MARIE-FÉLICE-MAGDELKINE DE GYROTi
Nous n'avons pas de documents particuliers sur elle. Le Rcf/isirc mnriudirc mentionne son décès au mois de décembre i(]8i, en ces termes: « Est décédée en ce mona- « stère notre très honorée et vertueuse sœur Marie-Félice- « Magdeleine de Gyrot, native de Moulins en Bourbonnais, « fîUe de grand mérite et vertus, âgée de 59 ans, 34 de « profession, au rang des sœurs choristes. Elle a été inhu- <( mée dans un caveau de notre sépulture. »