SOEUR JEANNE-MARIE GOMTOIS
Vive -J- Jésus !
abrégé- de la vie et des vertus de notre très honorée sœur jeanne- marie comtois, décédéë le 10 mai 1729 en ce monastère de la visitation sainte-marie de paray, âgée de 91 ans, professe de 73, du rang des sœurs choristes.
Gette vénérable Ancienne était de cette ville, d'une famille fort à son aise et bien apparentée; un des Messieurs
1. C'est au sujet de cette sœur que la Bienheureuse écrivait, le 20 avril 168"> : « Pour notre pauvre sœur M. -F., je crois qu'elle n a plus que six mois (Ms. 8 porte: « six semaines » de purgatoire, et puis elle jouira de son souverain Bien. » Cf. t. II, L. xxxi,
2. Joint à la Circulaire de Paray, en date du 9 juillet 1729. Nous reproduisons cette notice parce que la sœur Comtois (on écrivait aussi Contois) déposa au procès de 1715. Cf. t. I, p. 510.
ses petits-neveux en est le procureur du Roi, l'autre le maire ; celui-ci, qui est Monsieur le médecin Thouvant, nous sert gratis en cette qualité, depuis les billets de banque ^ de son propre mouvement, et d'une manière très généreuse, ce qui faisait un plaisir singulier à cette bonne tante, dont nous écrivons la vie.
Elle fut tendrement aimée de Mademoiselle sa mère, qui lui donnait toute liberté de se bien réjouir ; quoiqu'avec toute la bienséance chrétienne. Nous ignorons comment le Seigneur l'appela dans la sainte religion ; mais seulement qu'elle fut très fidèle à sa vocation, s'étant venue présenter à l'âge de dix-huit ans, à notre très honorée Mère Marie-Agnès de la Valbonne, professe d'Annecy, pour lors notre digne supérieure 2. Elle fut mise dans les épreuves du noviciat, qui n'étaient pas petites en ce temps qu'on bâtissait notre monastère, où il fallait une ferveur des plus grandes. Elle prit le saint habit et fît la sainte profession en son temps, où sa chère et bonne Mère n'épargna rien pour la contenter, donnant à double tous ses ameublements. Nous ne savons rien de ses commencements, aucune de celles qui nous en pourraient donner quelques lumières n'ayant atteint son grand âge ; mais seulement, que l'esprit d'une sainte joie a toujours fait son caractère, quoique le Seigneur ait permis qu'elle n'ait pas toujours eu la satisfaction qu'elle se promettait, et qu'il l'ait souvent marquée de l'humiliation et de la croix, qui est le sceau des élus. Elle s'en faisait un mérite devant lui, ne rabattant rien de son enjouement dans les récréations, qu'elle rendait agréables jusqu'à sa vieillesse, qu'elle filait sa quenouille sans presque dire autres paroles que d'avertir celle qui avait le soin de se ressouvenir de la présence de Dieu, elle était là-dessus d'une exactitude inimitable, qui faisait bien voir que cette divine présence lui était familière.