Les cinq autres sœurs Rosselin furent
Sœur Marie-Aimée, qui alla commencer son noviciat au monastère de Lyon-en-Bellecour, où elle reçut le saint habit le 28 août 1626 et
Madame sa graiul'mère, qui l'aimait tendrement par toutes ses qualités charmantes; elle y resta jusqu'à Tâg-e de douze ans t[u'on l'amena céans auprès de ses chères tantes, avec sa sœur aînée et cadette; on leur donna le petit habit, et de ce temps-là elle se forma si bien aux pratiques religieuses que, dans son noviciat, elle servait d'exemple à toutes ses compagnes. En effet, on ne pouvait trouver un extérieur ni un intérieur mieux réglé que le sien. C'était un délassement pour ses supérieures que le compte qu'elle leur rendait. La vivacité de son esprit, joint à ses agréments extérieurs et sa solide vertu. Font toujours beaucoup fait chérir et estimer de ses supérieures. L'on ne pouvait dire la déférence qu'elles avaient pour cette chère sœur, qui a passé dans toutes les charges de la maison, hors la supériorité, et les a remplies à l'édification de la Communauté, surtout celle d'assistante, oii elle a été plusieurs fois. Elle était si savante dans les pratiques de l'Institut, dans les rubriques et tout ce qui nous est marqué, qu'on s'adressait toujours à elle lorsqu'on voulait s'éclaircir de ce qu'on ne savait pas sûrement ; elle était l'oracle dans ces rencontres, citant à point nommé tout ce qui en est écrit et qu'elle possédait si parfaitement.
Sa belle voix a fait, dans sa jeunesse, tout l'agrément de notre chœur, surtout pour les choses extraordinaires. C'était une fdle des plus régulières et que le Seigneur a bien marquée au sceau de sa croix dans le cours de sa vie,
fut envoyée à cette fondation de Paray quelques jours plus tard pour en être la première novice. Elle y mourut le 23 mai 1637.
Sœur Mag'deleine-Séraphique, dont la vêture eut lieu le 25 août 1630 et la mort le 7 juin 1633.
Sœur Marguerite-Liduvine, voilée le 9 décembre 1635, décédée le 28 juin 1642.
Sœur Françoise-Catherine, voilée le 3 juillet 1658, décédée le 27 octobre 1664.
Sœur Anne-Liduvine, voilée le 27 avril 1670, décédée le 19 mars
Celle dont on parle avait reçu le saint habit le 13 février 1661.
ayant soutenu toutes les épreuves avec beaucoup de soumission. Elle en eut besoin à la mort de sa sœur aînée, fille des plus aimables et qu'elle aimait uniquement, qui nous fut enlevée à la fleur de son âge ; elle eut encore la douleur de perdre sa chère cadette, qui était la douceur même, et avec qui elle était fort unie, plus de vingt ans avant sa mort.
Elle était presque toujours abîmée dans la pensée des jugements de Dieu, en étant pénétrée de frayeur presque toute sa vie. Elle eut besoin, dès ses commencements, d'être soutenue dans de si cruelles peines par le R. P. de La Colombière, jésuite, mort en odeur de sainteté dans cette ville ; il lui releva le courage et nous voyons, dans des lettres que ce saint directeur lui écrivit de Londres, qu'il croyait que Dieu avait de grands desseins sur son âme, puisqu'il la mettait en si dures épreuves. Elle fit sous sa conduite de grands progrès et l'on peut dire que les saintes violences qu'elle a faites sur son tempérament si vif ont été bien récompensées par une douceur admirable, dont Dieu la gratifia et dont nous étions charmées sur la fin de sa vie. Sa petite complexion fut fort dérangée pendant plusieurs années par beaucoup d'infirmités, qui enfin en terminèrent le cours par un épuisement et défaillance de nature. Ce fut le 4 mars 1728, munie de tous ses sacrements, âgée de 77 ans, professe de 61, du rang des sœurs choristes.