‹ Vie et œuvresChapitre 94 sur 265 · Témoin au procès de 1715. Cf. t. I, p · texte numérisé non relu

Témoin au procès de 1715. Cf. t. I, p

2. Cet abrégé est joint à la Circulaire de la Mère Marie-Hélène Coing, en date du 7 juillet 1743.

i^bonheur d assister à la solennité que Ton en fît céans*. îlle est la seule qui se soit avisée de nous faire des

[Annales de ce Monastère, ce qui Fimniortalisera parmi tous, mais pour satisfaire il son humilité, nous ne donnerons lu'une lésrère idée de ses talents et de ses vertus. Elle était de Marcigny, ville distante de celle-ci de quatre

[lieues, d'une famille très nombreuse et très honorable, en d la vertu et la probité étaient héréditaires. La piété dans

[laquelle Monsieur et Madame du Ghailloux élevèrent leurs dix enfants inspira à sept d'entre eux de se consacrer au

[service du Seigneur, singulièrement les trois fils. L'aîné a ;té curé de Saint-Philibert à Dijon, plus de cinquante ans; ;t par sa science, son héroïque vertu et son zèle contre les

! novateurs, en qualité de promoteur de l'évêché, a mérité de

fpasser pour un des plus dignes ministres du Seigneur et d'être regardé comme un saint de notre siècle. Les deux

[cadets s'étant fait Jésuites, dans la province de Champagne,

I l'aîné a porté le nom du Seigneur jusque dans les Indes, où il est mort au Brésil, par la chaleur du climat, et dans les fonctions de son ministère, ayant rempli une longue course en peu d'années.

Celle de notre très honorée sœur a été d'une grande étendue et passée dans une ferveur incomparable. Elle n'eut pas plus tôt l'âge d'entrer en religion qu'elle souhaita de s'engager dans cette belle route qui conduit au salut. Monsieur son père, voulant satisfaire ses ardentes poursuites, nous l'amena avec une de ses cadettes, qui bien loin de lui adoucir les épreuves rigides qu'on faisait alors, tâchait de dégoûter notre chère prétendante des devoirs de son état et de la ramener avec elle dans le monde, où elle a été une dame très accomplie. Elle ne fut point ébranlée de sa sortie ; son courage intrépide dévora pour ainsi dire toute la rigueur de ces premiers temps et supporta avec résignation

i. En 1667.

la perte qu'elle fît de sa directrice, notre très honorée sœur la Déposée Françoise-Eléonore de Thoiry, fille d'un mérite et d'une bonté singulière ; vit, sans dire mot, une ancienne Déposée en sa place, qui n'avait ni les charmes de sa douceur ni son extérieur des plus revenants. Elle eut le bonheur de recevoir le saint habit et faire la sainte profession en son temps ; et Ton peut dire qu'elle se livra dès ce moment à toutes les rigueurs du saint amour, que le Seigneur a longtemps exercées sur cette âme généreuse. Elle perdit, peu de temps après sa profession, une autre de ses chères cadettes, sœur Françoise-Catherine, qui n'avait tardé à la suivre jusqu'à ce qu'elle en eût atteint l'âge. C'était une des plus aimables personnes, dont on peut rechercher la société, se faisant si bien à tous les esprits qu'il semblait que chaque sœur fût celle de son goût particulier, sachant, dans les conversations, leur dire à toutes ce qui pouvait leur faire plaisir, sans y mêler de flatterie; ce qui charmait, dans une fille de dix-huit ans. Un violent mal de poitrine la ravit à cet âge à cette Communauté, parmi les larmes et les regrets universels K Elle tâcha même, avant de mourir, de consoler sa chère aînée dans une si dure séparation, l'assurant qu'elle avait demandé à Dieu sous le drap mortuaire de la retirer de ce monde si elle devait perdre sa ferveur noviciale. Notre chère sœur désirait passionnément de la suivre et partager son bonheur, la mort ne lui ayant jamais fait peur, mais ayant presque toujours été l'objet de son envie.

De vous dire la ferveur de sa jeunesse, il serait malaisé de l'exprimer, étant d'un tempérament des plus forts, des plus vifs et des plus ardents que l'on ait vu. Elle se livra à tout ce qu'il y a de plus pénible dans les offices, aidant même aux sœurs domestiques. Elle se ménagea si peu qu'elle s'attira des maux aux yeux, très cuisants, et même

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