Compagne de noviciat de Marguerite-Marie
332 VIE Eï ŒUVRES DE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE
notre chère sœur Anne-Liduvine Rosselin. Elle était d'une •des plus honorables familles de cette ville ; Madame sa mère nous la confia dès l'âge de sept ans, en considération de deux sœurs aînées de cette cadette, déjà religieuses •céans ^ , et nous rendant justice de l'attachement et reconnaissance que nous avions pour cette famille, d'avoir été le premier mobile de notre établissement, tant pour le spirituel que pour le temporel, nous ayant fourni, pour le premier, des filles d'esprit et de vertu, et, pour le second, des ■assistances considérables dans le besoin.
Cette chère fille n'eut pas reçu les premières impressions ■de la piété que l'on remarqua que son petit cœur était très attentif à la règle du petit habit, avec une vigilance qui la rendait l'exemple de ses compagnes, dont elle était très -aimée et chérie de ses maîtresses. A l'âge de quatorze ans, elle fit tant d'instances pour être admise au noviciat qu'il fallut accorder à sa ferveur de la recevoir neuf mois avant les quinze ans. Dès le moment, elle entreprit la vie religieuse avec beaucoup d'exactitude, et comme le Seigneur Tavait favorisée d'une douceur propre à la vie de communauté, nous la reçûmes à l'habit et à la profession en peu de temps, avec autant de joie de sa part que de la nôtre, connaissant en cette chère sœur de très bonnes dispositions pour servir la sainte religion. En effet, dès qu'elle eut fini son noviciat, on Texerça dans les charges de portière, dépensière, dont elle s'acquitta à la satisfaction du dehors €t du dedans. Il aurait été à souhaiter que cette chère sœur eût eu plus de force pour soutenir ces emplois et les ■autres que l'obéissance lui a fait accepter ; mais la délicatesse de son tempérament a souvent mis obstacle à l'exactitude avec laquelle elle s'acquittait de ce dont elle était chargée. Elle était aimée et estimée de ses supérieures, en qui elle regardait uniquement Dieu en leur personne.