Sœur Françoise-Catherine et sœur Marie-Emérentiane
Les emplois bas ou relevés lui étaient ég'aux ; elle se possédait elle-même dans tous les événements. Elle avait le eteur le plus complaisant et le plus aimant qui se peut trouver ; d'ailleurs le Seigneur la conduisait par des voies d'un amour si tendre et si eiVectif qu'elle ne goûtait que suavité et douceur dans son état, dont elle remplissait toutes les obligations avec un esprit intérieur qui paraissait en tout.
La lettre de notre très honorée Mère Péronne-Rosalie Greyfîé, supérieure à présent de notre premier monastère d'Annecy, et que nous avons eu l'honneur d'avoir six ans en cette qualité, est un témoignage certain de la solidité et de la régularité de son intérieur. Voici comme cette très, honorée Mère nous en écrivit, après la mort de cette défunte : « Je me suis fait une consolation de ce que le glorieux Père saint Joseph a été sans doute le protecteur spécial de la mort de notre chère sœur Anne-Liduvine, puisqu'elle est arrivée le jour de sa fête ; elle lui portait une tendre dévotion dans le temps que j'étais auprès de vous. Je n'ai jamais trouvé d'intérieur mieux réglé que l'était, dans ce temps-là, celui de cette chère sœur ; c'était un vrai plaisir et délassement d'entendre sa reddition de comptes et de voir comme elle s'appliquait à tous les exercices, où elle trouvait beaucoup d'onction auprès de Dieu, qui lui donnait de grands sentiments de sa présence et de son amour. J'en voulus une fois communiquer avec feu le Révérend Père de La Golombière, pour m'assurer moimême sur les avis que j'avais à lui donner. Il me répondit qu il connaissait cette âme, qu'elle était d'une grande innocence et sainte simplicité avec Dieu, qui la traitait comme Il a coutume d'en user avec les âmes de ce caractère, qui lui sont chères et avec lesquelles II se plaît de se communiquer. Avec cela, elle ne laissait pas d'avoir une vive appréhension de la mort; je crois, avec vous, que Dieu lui en a voulu cacher l'heure. » Voilà le témoignage avanta-
geux que rend cette éclairée supérieure, de la vertu de notre chère défunte.
Nous devons ajouter que le Seigneur, dont les voies sont impénétrables, éprouva cette chère sœur par celle des souffrances, permettant qu'un an avant sa mort, apprenant qu'une de nos sœurs était tombée en apoplexie, elle se trouvât soudain attaquée d'une paralysie presque universelle, à la réserve de l'usage de ses sens ; dans cet état, elle nous édifia beaucoup par sa résignation à la volonté de Dieu et par sa piété envers saint Joseph. Elle fît un effort pour jeûner la veille de sa fête, et le jour, après avoir communié avec la Communauté, elle tomba dans une léthargie qui dura l'espace de vingt-quatre heures, et dans cet état elle rendit son âme à Dieu, d'une manière si douce qu'à peine put-on s'en apercevoir, âgée de quarante-cinq ans, professe de vingt-neuf, du rang des sœurs associées.
SOEUR FRANÇOISE-CATHERINE CARME DU CHAlLLOUXi
Reçut le saint habit le 29 décembre 1670 et fît la sainte profession le 3 janvier 1672. Dès le 11 avril 1674, elle rendait son âme à Dieu. Le Registre mortuaire lui consacre quelques lignes et note cette particularité : « Elle était (( encore dans le sein de sa mère lorsqu'un saint religieux « prédit à celle-ci qu'elle accoucherait d'une fille qui serait « religieuse. Elle ne l'a été que deux ans, étant morte à « l'âge de dix-huit. »