‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 106 sur 331 · CHAPITRE LXXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVII

Avec toute cette érudition sur les nez qui lui trottait perpétuellement dans la cervelle, — avec tant de préjugés de famille, — et dix décades de tels contes venant brocher

sur le tout, — comment était-il possible avec d’aussi exquis — était-ceun vrai nez? — qu’un homme avec d’aussi exquis sentiments qu’en avait mon père, supportât aucunement ce choc en bas, — ou même en haut, dans une autre posture que la posture précise que j’ai décrite?

Jetez-vous sur le lit une douzaine de fois, — en prenant soin seulement au préalable de placer de l’autre côté un miroir sur une chaise — Mais le nez de l’étranger était-il véritable, ou était-ce un faux nez ?

Vous dire cela à l’avance, madame, ce serait gâter un des meilleurs contes du monde chrétien , je veux parler du dixième de la dixième décade, qui suit immédiatement celui-ci.

Ce conte, s’écrie Slawkenbergius dans une sorte de triomphe, je l’ai réservé pour clore tout mon ouvrage, sachant fort bien que, quand je l’aurai raconté et que mon lecteur l’aura lu jusqu’au bout, — il sera grandement temps pour nous deux de fermer le livre, attendu, continue Slawkenbergius, que je ne connais pas de conte qui pût venir après.

— C’est là un conte en effet !

Il Commence à la première entrevue dans l’auberge de Lyon, lorsque Fernandez a laissé le courtois étranger et sa soeur seuls dans la chambre de Julia, et il est intitulé :

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