‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 257 sur 331 · CHAPITRE CCXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXL

Et maintenant à l’horloge de Lippius ! dis-je, de l’air d’un homme délivré de tous ses embarras; — rien ne peut nous empêcher de voir cela, et l’histoire de la Chine, etc.

Si ce n’est le temps, dit François; — car il est près

d’onze heures. Alors il faut nous hâter d’autant plus,

dis-je, allongeant le pas vers la cathédrale.

Je ne puis dire, en conscience, que j’aie éprouvé le moindre chagrin de m’entendre dire par un des chanoines mineurs, comme j’entrais par la porte de l’ouest, — que la graude horloge de Lippius était toute détraquée, et n’allait plus depuis plusieurs années. — J’en aurai d’autant plus de temps, pensai-je, pour examiner l’histoire de la Chine; et d’ailleurs, je serai plus capable de rendre compte de l’horloge dans sa décadence que je n’aurais pu le faire dan s son état florissant

— Et là-dessus je eourus au collège des jésuites.

Or, il en est du projet de jeter un coup d’œil sur l’histoire de la Chine en caractères chinois, — comme de maint autre que je pourrais citer, qui ne frappe l’imagination qu’à distance, car à mesure que j’approchai de l'endroit, — mon sang se refroidit, — ma fantaisie passa peu à peu, si bien qu’à la fin je n’aurais pas donné un noyau de cerise pour la satisfaire. — La vérité était que le temps me pressait, et que mon cœur m’entraînait au Tombeau des Amants.— Plaise à Dieu, dis-je comme je tenais le marteau en main, que la clef de la bibliothèque soit perdue. Cela revint au même, —

Car tous les jésuites avaient la colique; — et à un tel degré, que le plus vieux praticien ne se souvenait pas de leur en avoir vu de pareille.

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