UU.IBUI.KM , AIR SIFFLÉ FAR MON ONCLE TOBY
La ballade * sur ccl air fui écrite en 168S, à l'occasion de la nomination il la lieutenance d'Irlande, par le roi Jacques II , du général Talbot, nouvellement créé comte de Tyrconuc), enragé papiste, qui s'était fait bienvenir de son bigot de maî-
« Voir Peroy's foliques «fondant mglidi poelcy, vol. II, pag. 358.
le canal habituel par où ses passions s’évaporaient, quand
quelque chose le choquait ou le surprenait; mais
surtout -quand on avançait quelque chose qu’il jugeait absurde.
Comme pas un de nos logiciens, ni de leurs commentateurs, autant qu’il m’en souvienne, n’ont cru devoir donner un nom à ce genre particulier d’argument, — je prends ici la liberté de le faire moi-méme pour deux raisons : premièrement, afin que pour prévenir toute confusion dans les discussions, il soit à jamais aussi distinct de toute autre espèce d’argument, que Y Argumentum ad verecundiam , ex absurdo, a fortiori, ou tout autre argument quelconque ; — et secondement, afin qu’il puisse être dit par les enfants de mes enfants, quand ma tête reposera
dans la tombe, que la tète de leur savant grand-père
s’était jadis occupée avec autant de fruit que celle des autres; — qu’il avait inventé un nom, — et l’avait généreusement jeté dans le trésor de l’ Arslogica, comme l’un des arguments les plus incontestables de tbute la science; et si le but de la discussion est plutôt d’imposer silence que de convaincre, — ils pourrout ajouter, s’il leur plaît, — comme un des meilleurs arguments aussi.
J’ordonne donc et enjoins, par ces présentes, qu’il soit connu et distingué par les nom et titre d’ Argumentum fistulatorium, et non par aucun autre; — et que dorénavant il soit classé avec Y Argumentum baculinum et Y Argumentum ad crumenam, et traité à tout jamais dans le même chapitre.
tre par l’arbitraire dont il avait usé envers les protestants l’année précédente, lorsqu’il n’était que lieutenant-général, et dont la conduite subséquente justifia pleinement l’attente du roi et leurs craintes.
Cette sotte ballade, qui traitait les papistes et surtout les Irlandais d’une manière fort ridicule, avait pour refrain ces mots qu’on dit irlandais, « Lcro, lero, lillibul lero; » et lit sur l'armée (du roi) une impression plus puissante que celle des Philippines de Démoslhèncs ou de Cicéron. Toute l’armée, et enfin le peuple des villes et des campagnes, la chantaient continuellement. Peut-être jamais chose si futile n’eut un si grand effet; car elle ne contribua pas peu à la révolution de 1688 *.
Lillibullero et Bullen-a-lah ont été, dit- on, les mots d’ordre des papistes irlandais, lors du massacre des protestants en 1641.
* Voir B ishop Burnet’s History ofhis own tintes ; et King's State of lhe protestante in Irriant!, 1691, in-4®. (Note de l'auteur.)
Quant à Y Argumentum fripodium, qui n’cst jamais employé que par la femme contre l’homme, — et Y Argumentum ad rem, qui, au contraire, n’est employé que par l’homme contre la femme, — comme ces deux-là en
conscience suffisent pour une leçon, et, de plus,
comme l’un est la meilleure réponse possible à l’autre, — laissons-les rester seuls, et être traités dans un lieu à part.