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il désoriente la boussole, se maintient vers l'Afrique et arrive à Carthagène quand les matelots se croyaient à Marseille.
Colombo le Jeune, eZ Mozo, neveu aussi dé l’ami-
ral Colombo surnommé l’amiral-archipirate, embarqua plus d’une fois avec Christophe qui se battit sous ses ordres. « Journellement aux prises avec les pirates de l’Archipel, les forbans des États barbaresques et les corsaires turcs, les deux principaux chefs dont Christophe Colomb suivit et seconda la fortune, s'étaient donc fait par leurs victoires navales un renom légendaire. »
En 1468, il commandait un vaisseau dans l'escadre génoise de Colombo le Jeune, lorsqu'il apprit que quatre galères vénitiennes revenaient de Flandre; il Ù les alla chercher et les rencontra entre Lisbonne et le cap Saint-Vincent. On se battit à outrance. Christophe attacha son propre vaisseau à une galère ennemie avec des crampons et des chaînes de fer ; les navires s’abordèrent, et ies marins, sautantde l'un à l’autre s'attaquèrent corps à corps, de telle sorte que le feu ayant pris à l’un des bâtiments les deux galères furent dévorées ensemble ; il fallut se jeter à l’eau pour éviter le supplice du feu. Christophe était excellent nageur ; mais voyant que deux lieues encore le séparaient de la côte, il saisit un avirc: que la Providence lui fit rencontrer, et, tantôt s'aidant de ce secours, tantôt se dirigeant à la nage, il parvint à gagner la terre, « Dieu voulant le sauver pour de plus grandes choses. »
Cette terre était le Portugal ; en ce temps-là la
Te
PRÉ RUE UE par Le Tone
ue . À terre des sciences maritimes et des grandes décou- | vertes géographiques; il y trouva son frère Barthélemy, qui s’y était établi pour utiliser ses talents.
ni- Christophe achevait alors sa trente-troisième année m- et ses cheveux commençaient à blanchir sous l'effort tit de ses travaux intellectuels.
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tar : « De haute taille, svelte et vigoureux, aux traits
he mâles et fins, Christophe Colomb avait le teint vif,
RE 4 le visage d'un bel ovale un peu allongé, les yeux
en al bleus, le regard perçant, la voix sonore ét pure, la
vai- démarche alerte, mais posée’; profondément instruit,
it : ‘il s’exprimait sur les sujets les plus variés avec une
der éloquence naturelle qui lui gagnaït les sympathies. « La Providence lui avait donné cette puissance de
la
Christophe Colomb parvient à gagner la terre (page ro).
l'esprit qui fait l'homme supérieur dans toutes les carrières. Sa mise était très modeste, mais toujours correcte et même quelque peu élégante.
« À une délicatesse extrême de l’ouie, Colomb joignait une portée exceptionnelle de la vue : jamais vigie ne plongea son regard plus avant dans les lointains, jamais pilote n’apprécia les distances d’un coup d'œil plus exact. Il saisissait, grâe à l’exquise ‘sensibilité de son odorat et de son goût, des senteurs et des saveurs imperceptibles à tout autre (1). » Il discernait les parfums balsamiques apportés du rivage, des émanations salines et amères ; il aimait les odeurs, les parfums, les fleurs et les bois odoriférants. |
D'une fidélité qui ne se démentit jamais aux habitudes d’une vie chrétienne, il avait horreur des jurements, des jeux de hasard et de la boisson; d'une extrême frugalité, il mangeait peu de viande, et n’affirmait jamais que par saint Ferdinand. Il avait dominé jusqu'aux premières saillies de sa nature violente, car, se souvenant des recommandations de sa pieuse mère, il allait chaque matin demander à Dieu les grâces de la journée, méditait les saintes Ecritures et 1e prenait jamais la plume sans tracer d’abord ces mots : « Jesus, cum Maria sit nobis in via » (Que Jésus et Marie soient avec nous dans le chemin).
(1) Nous ferons dans cette biographie de nombreux eraprunts à la Vie de Christophe Colomb, volume plein d'intérêt, publié par Fabbé E. Cadoret, ancien aumônier de Marine, chanoine de Saint- Denis, à