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A Lisbonne, Christophe Colomb épousa Felippa
les urs de Perestrello, dont le père, gouverneur de l'île Porto-Santo, venait de mourir au service du Portumb gal après avoir coopéré à la découverte de plusieurs ais îles de la côte occidentale d'Afrique. Antérieureles ment à cette époque, 1474, Colomb était en corres- ‘un pondance avec le florentin Paul Toscanelli, l’un des .ise plus grands savants du :v° siècle, au sujet de la urs découverte qu'il projetait depuis son enfance; le > Il physicien Paul (comme on disait alors) jugea les du idées de Colomb grandes et nobles ; il approuva et nait encouragea son gigantesque projet.
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Il ne faudrait pas juger de l’entreprise sans remarquer l'époque où vivait Colomb : l'idée de trouver une terre en naviguant vers l'Ouest, n’était pas si facile à concevoir que nous pouvons maintenant le supposer : la circonférence du globe, les lois de la gravitation centrale qui suppose la rotondité de la terre et sa force de rotation, étaient inconnues; on croyait que la traversée de l'Océan immense, et comme on disait alors de la mer ténébreuse, était impossible, et que les navigateurs qui tenteraient une telle entreprise seraient engioutis dans des abîmes et ne reviendraient plus. Jamais encore on ne s'était éloigné des côtes assez pour les perdre de vue. ‘
Christophe Colombau contraire, ne parlait qu'avec assurance d’une théorie si nouvelle et si magnifique ; il rêvait d'accomplir les prophéties, de donner raison aux saintes Ecritures, de faire éclater la gloire de
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Dieu et sa parole jusqu'aux extrémités de la terre : et in fines orbis terræ verba eorum (Ps. 18). Il avait hâte, dans l’ardeur de son amour, que l'hostie sainte fût offerte sans interruption du couchant à l'aurore, pour le salut du monde; il voulait réunir au bercail de la sainte Eglise tant de brebis sans pasteur, porter la lumière de la Foi aux peuples assis dans les ténèbres de ia mort :
En un mot, il voulait être apôtre.
« Je crois, écrit Fernand Colomb {r), que, choisi par Dieu nur une si grande entreprise, comme il avait le des. d’être âpôtre il le fut en effet.
« De tous les Colombos il est le premier qui se. nonima Colomb. Or, entre beaucoup de noms, plusieurs ont été pour les hommes illustres les indices: des granés résultats qu'ils devaient obtenir ; de même celui de l'amiral fut comme le pronostic de ia grande merveille qu’il accomplit. Car si nous considérons le nom commun à ses ancêtres, nous dirons. que véritablement il fut Colombe, en tant que par sa découverte, il porta la grâce du Saint-Esprit au: Nouveau-Monde; Colombe, parce que comme ia colombe de Noé, il porta le rameau d'olivier aux. nations qui devaient en recevant le baptême entrer dans l'arche et se réunir à l'Eglise. |
: & Quant à son propre nom de Christophe, nous dirons de ce Colon qu'il fut un véritable portes
:(n) Vie de l’Amiral, par son fils Fernand Colomb.
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Christ et qu'il ne demandait à Dieu son secours et son aide dans de si grands périls que pour lui gagner les âmes (1). »
Christophe Colomb avait près de quarante ans,
(1) On connaît la charmante légende de saint Christophe : Christophe, Chananéen de nation, était d'une taille gigantesque. Se trouvant à la Cour d'un petit roi idolâtre, il lui vint à l'esprit de chercher le plus grand prince qui fût au monde et de s'engager à son service. Il se rendit auprès d’un roi chrétien renommé comme le plus brave; mais ce roi faisait souvent le signe de la croix « redoutant, disait-il à Christophe, le pouvoir du démon. » Christophe en conclut que le démon était plus puissant encore et se mit à son service. Mais un jour le démon cheminant avec Christophe s'enfuit tout tremblant à la rencontre d'une croix. Sur quoi Christophe se séparant du démon se mit à la recherche de ce Jésus crucifié dont la seule image avait terrifié l'ennemi, Or, il fut instruit par un ermite qui lui demanda des jeûnes sévères et de longues oraisons; le géant Christophe recula devant ce service, et s'enquit d'une autre manière de suivre les traces du Dieu crucifié. « Si tu te fixais près du fleuve où la plupart de ceux qui le passent courent de grands dangers, dit l'ermite, comme tu es d'une haute stature et fort robuste, tu serais agréable au Ckrist en assistant tous les passants pour l'amour et en souvenir de lui.»
Christophe se bâtit une petite demeure sur la rive, et la nuit comme le jour il passait tout le monde sans relâche. Bien des jours s'étant écoulés, il fut appelé de nuit par trois fois et un jeune enfant lui demanda de le passer. Prenant l'enfant sur ses épaules, il entra dans le fleuve ; mais voilà que cet enfant écrasait les épaules de Christophe comme le plomb le plus lourd. Arrivé au bord du fleuve : « Ne t'étonne pas, lui dit l'enfant, car tu as porté Celui qui a créé le monde ; je suis le Christ, ton roi, que tu sers dans cet office, » Saint Christophe prêcha l'Evangile près de Samos, il y souffrit un cruel martyre ; le sang de ses membres guérit le roi païen et l'invocation äe son nom accomplit de grands miracles.
La vérité est que saint Christophe (dont le nom est formé de Christo-phorus et signifie porte-Christ) a porté le nom du Christ dans sa sainte vie : dans son corps par la pénitence et les longs travaux ; dans son âme par la dévotion; dans sa bouche par la prédication et la conversion de nombreux païens. (Extrait des Pefits Bollandistes.)