IL FALLAIT UN INGRAT
C'est parmi ses propres serviteurs que Colomb trouva cet ingrat, il se nommait Espinosa.
Christophe Colomb ignorait absolument les prétextes de cette odieuse arrestation ; il n’y vit que la permission de Dieu, il adora ses desseins impénétrables, et poussa l’héroïsme jusqu'à écrire à son frère l'Adelantado, pour l’engager à se soumettre avec lui aux ordres de l'envoyé des Rois.
Les trois frères, enchaînés séparément, eurent à subir les mauvais traitements, la privation de nourriture, de vêtements même. Comme il arrive d’ordinaire, aussitôt que l'on sut la disgrâce du Vice-Roi, les mécontents arrivèrent en foule, les plaintes se formulaient sans honte, s’accréditaient sans preuves; ceux-là surtout qui avaient été comblés de bienfaits par l'Amiral, semblaient prendre à tâche d’insulter à son malheur.
Enfin, un jeune soldat nommé Alonzo de Vallejo, vint lui annoncer le départ. Colomb doutait de la sincétitèé de Vallejo, il en était venu à craindre toutes les trahisons.