‹ Vie illustrée de Christophe Colomb [microforme]Chapitre 39 sur 56 · US III · texte numérisé non relu

US III

Neuf jours encore et la mer se calmant enfin, Colomb songeait à envoyer un message à la Veragua, lorsque ses yeux s'arrêtèrent sur une embaïcation de forme bizarre; une chaloupe remorquait

des canots liés deux à deux et chargés de tout ce

qu'on possédait à Veragua.

Le brave et industrieux Diégo Mendez était parvenu à sauver ainsi, peu à peu, le matériel du fort; tous les survivants se trouvaient réunis, et dans les

dérrire.

| transports d'une joie plus facile à comprendre qu'à |

| Le 30 avril 1503, dans la nuit de Pâques, Colomb | put enfin reprendre la mer; mais à chaque fois que | les aravelles quittaient le mouillage, l’inclémence | des vents et des flots redoublait.

| 11 semblait que ce voyage destiné à porter la vraie | foi à des peuples entiers, eût excité la rage des dé- | mons contre l’Amiral ; jamais on n'avait couru tant : et de si longs périls, jamais une si continuelle teml pête ne s’était déchaînée sur l'Océan.

| « Comme nous sortions d’un port, dit l'Amiral, | il semblait que les vents épiassent notre sortie pour 1. se déchaîner contre les vaisseaux... Plusieurs de mes | compagnons étaient tombés dans cette absurde idée | que nous étions ensorcelés, et ils le croyaientencore. Les Indiens eux-mêmesattribuaient à ces mystérieux vaisseaux la persistance inouïe des ourag. as ; ils auraient donné le monde pour que je ne m'’arrêtasse pas là une heure. »

Cependant l’'Amiral continuait de naviguer à l'Est | dans l’espoir de trouver le détroit ; et comme il vit | que ses hommes murmuraient consultant chacun sa | propre carte, il se fit remettre toutes les cartes, imposa silence et reprit la route sans laisser qui qué | ce fût reconnaître la véritable direction ; il avait | pour cela une raison grave.

| L'autorisation donnée en Espagne à quelques aven- | turiers, de se rendre au Nouveau-Monde, était une L:

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violation flagrante du privilège que les Souverains lui avaient accordé, non-seulement en faveur de sa personne, mais surtout en faveur de la couronne de Castille ; aussi a-t-il pu écrire :

: « Personne ne peut faire connaître sous quelle partie du ciel nous avons navigué... Les pilotes abordèrent quatre cents lieues plus au- couchant qu'ils ne pensaient.

« Qu'ils fassent connaître, s'ils la savent, la situation de Veragua. Je soutiens qu'ils ne peuvent donner d’autres renseignements que ceux-ci: Nous somme: allés à certains pays où il y a beaucoup d'or; et cela, ils peuvent le certifier ; mais ils ignorent la route pour y retourner ; pour y aller, il serait nécessaire de la découvrir comme la première fois. »

Les trois caravelles retournaient à Beau-Port : là il fallut échouer la Biscaïenne qui faisait eau de toute part, et tout l'équipage fut réparti sur la Capitane et le Saint-Jacques de Palos; de Beau-Port on entra dans le golfe de Darien. Toujours dévoyé par les vents, Colomb lutta pendant vingt jours pour arriver aux Jardins de la Reine. aont 1! connaissait les dangereux écueils èt qu’il avait en vain essayé de contourner.

Dès la première nuit une tempête violente pouvait faite croire « que le monde allait s'effondrer. » Une seule ancre tenait encore par un seul fil.

« J'avais perdu, écrit l’'Amiral, tous mes agrès, mes navires étaient percés de trous par lestarets plus qu'un rayon d’abeilles, les équipages complètement

découragés.. J'arrivai à Cuba, au cap Sainte-Croix, et là j'attendis que la fortune cessât de m'être contraire. »

Pendant six jours les matelots se reposèrent un peu, ils renouvelèrent les provisions de pain de cassayve; mais quand il fallut remonter vers Hispaniola, la tempête redoubla de fureur.

« On ne savait, dit Herrera, à quel saint se vouer « et la Caravelle la Capitane était au mument de « couler bas, lorsque Notre-Seigneur la conduisit « tout à coup et comme miraculeusement à terre, >» sur la côte de la Jamaïque ; le Saint-Jacques l'y rejoignit, mais la terre était déserte en cet endroit et le lendemain seulement ils abordaïent le golfe de la Sainte-Gloire, nommé ainsi par Colomb, aujourd’hui la baie de Don-Christophe.

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