‹ Vie illustrée de Christophe Colomb [microforme]Chapitre 40 sur 56 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Colomb échoue ses ravires à la Jamaïque.

Diégo Mendez parvient à Hispaniola.

Abandon de Colomb.

L'Amiral espérait réparer ses caravelles de manière à continuer le voyage; il s’aperçut bientôt que les bâtiments ne tiendraient pas la mer; il fit échouer la Capitane près de Saint-Jacques de Palos. Sur les navires solidement maintenus l’un à l’autre par des troncs d'arbres, on construisit avec les mâts et les cloisons, des cabines couvertes de feuilles et de lianes; et dans le port même, l’Amiral se trouvait garanti contre les attaques des naturels. Puis, pour empêcher les matelots de molester les Indiens, il consigna sévèrement tout le monde à bord; Diégo Mendez seul présidait aux échanges.

Mais il était facile de prévoir que cette situation précaire ne pouvait se prolonger; l’infatigable Diégo emmenant trois matelots, se dévouait à descendre à terre pour tenter un accord avec les chefs des tribus.

« Il plut à Dieu, dit-il, de me faire rencontrer des « habitants fort doux ; ils se récréèrent avec moi et « me donnèrent des vivres de leur plein gré. »

St tt trs rs ttttttttttttttttttttttttnttntntnnnd

Il obtint du cacique une quantité de poisson, de gibier, du pain de cassave à fournir régulièrement, pour être payée en couteaux, grelots, hameçons et grains de verroterie, dont les Indiens aimaient à se | parer. ,

| Deux autres caciques acceptèrent les mêmes pro- | | positions; et à chaque conclusion des marchés, | Diégo dépêchait vers l’Amiral un des trois matelots |

ses compagnons.

Il osa continuer seul son voyage, et pénétra plus avant sur les terres d’un cacique nommé Ameyro, qui devint tout d’un coup son ami, et échangea son jll nom avec le sien, ce qui est pour les Indiens la À | marque d’une amitié constante et inviolable ; il lui |] vendit un canot, et Mendez fut reconduit à Santa- | Gloria par six rameurs indiens.

{ll Comment le courageux et brave Mendez fut | accueilli de l'équipage et de l’Amiral, on le trouve rapporté dans toutes les relations; Colomb ne se | bornait pas à remercier son fidèle ami, il rendait à

4 Dieu de très ferventes actions de grâces pour la 1} »

: À protection qu’il lui avait accordée.

| Les Indiens se montraient scrupuleux observa- | | teurs des conventions, et une abondance de vivres

inconnue jusqu'alors rendait le courage et les forces |l à l'équipage ; mais Colomb comprenait quel danger | ù coutaient les Espagnols, exposés à l’inconstance |

des indigènes: ils étaient comme prisonniers, et si nul ne venait à leur aide, quel temps devraient-ils

Æ Ke”

Page 1