CHAPITRE XXi
Sainte mort Ace Colomb. — Son tombeau. — Homimuges rendus à sa mémoire. — Lettre encyclique de S. S. Léon XKII.
Chaque jour Christophe Colomb approchait du terme. Il avait conscience de la grandeur des entreprises accomplies déjà, de celles qu’il voulait achever encore ; ilressentait profondément l'injustice de Ferdinand. Le grand Amiral voyait que tout espoir humain était perdu, mais comme il n'avait mis qu'en Dieu sa suprême espérance, et que de Lui seul il attendait la véritable récompense, il se préparait à la mort en héros et en saint.
Dans la pauvre chambre d'auberge, ii appelait un notaire pour relire son testament; puis un prêtre, pour recevoir une fois encore le Dieu qui l'avait soutenu et consolé.
Autour du grand Colomb, le Révélateur du globe, ses fils et quelques amis agenouillés écoutaient avec recueillement ses derniers avis.
Les chaînes qu'il avait reçues de Bobadilla, étaient suspendues aux murailles dénudées : c'était la seule
récompense que les souverains de la terre lui eussent donnée, elles avaient été les instruments de son martyre et devenaient le titre le plus précieux à son éternel triompbs.
Colomb, revêtu de l’habit de Saint-François tel qu'ill’avait souvent porté sous son costume d'Amiral, touchant les chaînes et les fers dont il avait été lié, recommanda de les placer dans son cercueil ; puis, se remettant avec confiance aux mains de Celui dont il avait porté le nom jusqu'aux extrémités de la terre, il rendit son âme avec paix.
C'était le 19 mai 1506, veille de l’Ascension de Notre-Seigneur.
Dès le lendemain, il suivait peut-être le glorieux cortège du divin Triomphateur !
Ses amisles Pères Franciscains, dénosèrent le corps dans les caveaux du monastère à Valladolid, après que de modestes funérailles eurent été célébrées à la cathédrale.
Sept années plus tard, Ferdinand ordonna des honneurs exceptionnels pour la translation des restes de l’Amiral à Séville; et ies Chartreux de Sainte- Marie des Grottes emportèrent les précieuses dépouilles de leur ami dans leur sainte retraite.
Dix ans après, le Révélateur du globe était trausporté à Saint-Domingue et placé dans le cœur de la cathédrale.
Enfin, en 1795, Cuba, la plus importante des îles