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Ue tous les aventuriers qui ,
sous la dictature et par les faveurs de Buonaparte, sont parvenus au plus haut degré d’élévation, il n ? en est point de plus remarquable que Joachim Murat , roit par sa vie romanesque, soit par sa tin tragique. Son historire est le nec plus ultrà du délire de la fortune, et le garant le plus certain du châtiment réservé aux crimes heureux < d’une ambition extravagante. Tout le monde en connaît plus ou moins la dernière moitié, c’est-à-dire la carrière militaire que Murat a parcourue ; mais l’autre moitié , dont se composent les vingt -cinq premières années de sa vie , est encore totalement inconnue , et le peu qu’on a débité sur ce sujet dans les hro-
chures françaises ou dans les pa-?
piers étrangers, est faux, inexact, con trouvé.
C’est principalement cette lacune que nous avons remplie , d’après des matériaux authentiques et inédits , que nos longues liaisons avec Joachim lui-même avant sa grande élévation , avec sa famille et ses amis , nous Ont mis à même de recueillir.
A l’intérêt particulier que le sujet ne peut manquer d’inspirer, cet ouvrage en ajoute un nouveau, dans la première publication de plusieurs particularités jusqu’à ce moment ignorées , concernant des personnages célèbres de nos jours, particulièrement l’auguste Marie-Charlotte deNaples. Des lecteurs fatigués de voir nos presses si long- temps souillées du nom de Buonaparte et de ses complices , nous reprocheront peut-être d’avoir consacré nos.
loisirs à retracer les principaux traits de la vie de Joachim Murat; mais , quelque répugnance que nous ayons éprouvée à dépeindre un homme que nous avons particulièrement connu , nous avons cru cependant que l’intérêt de l’histoire , et sur - tout l’avantage de répandre des vérités et des leçons utdes, devaient l’emporter sur toute autre considération.
Ecrire l’histoire d’un usurpateur, c’est rendre hommage aux Souverains légitimes.
Celte idée vient d’acquérir un nouveau degré de certitude , par la comparaison qu’on ne manquera point de faire entre la conduite, sous le rapport moral , de Ferdinand IV, et celle du téméraire qui avait osé s’asseoir sur son trône.
Nous nous bornerons à un rapprochement qui seul a plus de force que l’apologie la plus volu-
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mineuse. Murat j en remplaçant Joseph dans son usurpation , s’étâit engagé à remplir tous les, engagemens contractés envers les créanciers de l’Etat, et notamment les fournisseurs français , qui avaient avancé leur fortune . pour favoriser l’ambition de Buonaparte , lorsqu’il envahit le royaume de Naples ; il n’en fit rien, et les malheureux fournisseurs furent ruinés. Ferdinand recouvre sa couronne ; les religieux mendians de Naples lui font une supplique pour lui demander la restitution de quelques-unes de leurs maisons vendues sous le dernier gouvernement. Ce bon prince renvoie leur demande à son ministre de l’intérieur, avec cette note de sa main : « Le Roi n’a point assez d’argent pour racheter ces maisons , et il serait injuste de les reprendre sans les payer. »