‹ Vieilles églises de France (volume 2)Chapitre 8 sur 45 · A PARIS · texte numérisé non relu

A PARIS

En voyant aujourd'hui sur le sommet de la montagne Sainte-Geneviève Téglise Saint-Elicnne du Mont, qui pourrait croire qu'au temps des Romains, cette montagne était couverte de vignes et de vergers, que traversaient plusieurs voies publiques et un aqueduc conduisant les eaux d'Arcueil et de Rungis ?

Cette montagne se nommait alors Mo7is Locutitiiis. Ce mot, comme on le voit, ressemble beaucoup ^aux noms Loculitia et Lutetia que portait alors la ville des Parisii, peuplade gauloise. Nos rois de la première race ayant fait, comme on sait, du palais des Thermes, à Paris, leur résidence habituelle, sur ladite montagne se multiplièrent aussitôt les habitations et, par suite, les monuments religieux*.

Les rois carolingiens, au contraire, ne séjournèrent à Paris que passagèrement; aussi n'y signale-t-on, sous leur règne, aucune fondation. 11 n'en fut pas de même des rois de la troisième race, qui fixèrent leur résidence dans cette ville, et sous lesquels s'accrut rapidement le nombre des habitants et des constructions.

L'église que, pour accomplir un vœu fait à la prière de Clotilde, Clovis avait construite en haut de la montagne du palais des Thermes, fut d'abord dédiée aux apôtres suint Pierre et saint Paul; mais elle reçut le nom de Sainte- Geneviève après que la vierge de Nanterre y eût été inhumée. Parmi les églises qui successivement furent construites sur la montagne Sainte-Geneviève, Tune d'elles, Saint-Étienne du Mont, fondée sous le règne de Philippe-Auguste devint plus importante que les autres. Dire pourquoi cette église fut placée

1. Notice historique sur la paroisse Saint-Étienne du Mont, par M. l'abbé Faudet et M. L. de Maa-

Latrie.

SOUS le vocable de Saint-Etienne n'est pas chose facile : peut-être fut-ce parce que Tévêque de Paris, lors de la démolition de l'ancienne basilique de Saint- Étienne, dans l'Ile de la Cité, alors église métropolitaine de Paris, lui donna quelques fragments des reliques du premier martyr chrétien.

L'église de Saint-Etienne, d'abord simple chapelle paroissiale, appartenant aux religieux de Sainte-Geneviève et construite près, de l'église de l'Abbaye, communiquait intérieurement avec elle par une porte, mais sans avoir d'issue à l'extérieur ; aussi ne fut-elle longtemps qu'une chapelle dépendante de Sainte-Geneviève ; mais ce sanctuaire en fut enfin dégagé et érigé en paroisse. Avec le temps, les besoins de la population, toujours croissante, exigèrent un vaisseau plus grand, et, pour remplacer Saint-Etienne du Mont, on commença sous François I", en 1517, l'église qui existe aujourd'hui; les constructions n'en furent terminées qu'un siècle plus tard. Philippe Lebel de Luzarches*, abbé de Sainte-Geneviève, curé titulaire de Saint-Élienne, fit bâtir le chœur, en 1537, et. l'année suivante, toute l'aile de la nef, du côté de l'église Sainte-Geneviève, avec ses chapelles, était terminée. L'ouvrage était même tellement avancé dès l'an 1541, que l'évêquB de Mégare vint y faire, comme délégué de l'évêque de Paris, la bénédiction des autels. Les travaux furent continués sous les règnes de Henri II et de Charles IX.

En 1600 on commença le /z^^^e^ en pierre, style renaissance, et les années suivantes on construisit la chapelle de la communion et les charniers^. De 1610 à 1618, on entreprit le grand et le petit portail, les perrons et les escaliers. La chapelle actuelle de la Sainte- Yierge n'a été bâtie que dans le siècle suivant. La reine Marguerite, première femme de Henri IV, a posé elle-même la première pierre du portail, le 2 août 1610, et donné trois mille francg pour son érection. Quelques parties de l'édifice restaient cependant à terminer; mais deux ans après, le dimanche de la Sexagésime (15 février 1626), François de Gondi, premier archevêque de Paris, fit la dédicace solennelle de l'église définitivement achevée. Cependant il voulut qu'on n'en célébrât l'anniversaire que le premier dimanche de juillet. C'est vers ce temps-là que les fonts baptismaux, qui se trouvaient encore à Sainte-Geneviève, furent transportés à Saint-Etienne. Une inscription placée au fond de l'église, à gauche, relate tous ces faits; et, au-dessous de celle-ci, une autre inscription rappelle

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