LIMOUSIN
Le Limousin a créé à l’époque romane un type de clocher très original qui diffère beaucoup des clochers normands.
Il est caractérisé par une superposition d’étages en retrait coiffés par une pyramide à pans. La transition entre le plan carré
de la base et les étages en octogone est ménagée par des gâbles
très aigus appliqués sur les faces de l’octogone ou les arêtes d’angle.
Le prototype de ces gâbles est le clocher de l’abbaye bénédictine de Brantôme (Dordogne), qui daterait de la fin du xr° siècle.
Les clochers de la cathédrale et de l’abbaye Saint-Martial de . Limoges furent sans doute construits sur ce modèle. Parmi ceux : qui subsistent, on peut citer Saint-Léonard et Saint-Junien dans la Haute-Vienne, Collonges et Uzerche dans la Corrèze.
Le plus parfait de ces clochers limousins est celui de Saint-Léonard de Noblat. Il se compose d’une tour de plan carré s’élevant de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, puis passant au plan octogonal et amortie par une petite flèche en pierre à huit pans. Des gâbles pointus couronnant les fenêtres sont appliqués sur les faces de l’octogone.
Les cinq étages en retrait de hauteurs différentes s’allègent progressivement. Le cinquième étage est, comme il convient, le plus léger, le plus aérien : il est ajouré sur chacun de ses huit côtés par deux fenêtres géminées en plein cintre sous un arc de décharge en tiers-point.
La lanterne des morts du cimetière de La Souterraine (Creuse) est un élégant spécimen de ces petits monuments funéraires dont nous avons constaté l’absence en Bretagne, mais qui sont relativement nombreux dans nos provinces de l’ouest : Poitou et Saintonge, Limousin et Périgord.
L'origine de ces lanternes funéraires est certainement très ancienne : car de tout temps les hommes ont cru que la lumière chassait les démons qui rôdent dans les ténèbres. L’habitude d’allumer des cierges autour des catafalques est une survivance de cette croyance primitive.
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Cependant les premières lanternes des morts n’apparaissent en France qu’au xnr siècle. Elles ont généralement, comme à La Souterraine, l’aspect d’un fût hexagonal, surmonté par un lanternon ajouré sommé d’une croix. En Saintonge, elles prennent parfois la forme plus élégante d’un faisceau de colonnes.
Mais la disposition intérieure est toujours la même. La pile creuse est percée à la base d’une petite porte servant à introduire la lampe que l’on hisse dans le lanternon à l’aide d’une poulie. Exceptionnellement un escalier tournant permet d’accéder à ce petit phare funèbre.