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AUVERGNE

L'Ecole romane auvergnate, dont les monuments les plus importants sont l’église Notre-Dame du Port à Clermont et l’abbaye de Conques en Rouergue, est résumée ici par trois documents moins connus, mais extrêmement caractéristiques : le chœur de l’église de pèlerinage d’Orcival, l’abbaye fortifiée de Royat et un chapiteau historié d’Issoire.

Les chevets auvergnats sont une création aussi admirable que les clochers limousins. À Orcival comme à Notre-Dame du Port, une couronne d’absidioles entoure l’abside. Au-dessus s'élève un massif barlong qui sert de base à un clocher octogonal terminé en flèche. Cet étagement harmonieux produit l'effet d’un magnifique crescendo architectural. Le sanctuaire semble s'élever par bonds successifs vers le ciel.

L'église fortifiée de Royat, qui se dresse sur une petite acropole dominant la plaine de Clermont, est d’un tout autre type. Construite en arkose jaunâtre et en blocage de laves, elle se compose d’une nef unique sans collatéraux ni tribunes et d’un chœur rectangulaire élevé sur crypte. Ce qui lui donne un caractère à part, c’est son aspect menaçant de forteresse qui sied assez mal à un couvent de femmes. Sur les côtés, des contreforts massifs portent

des mâchicoulis et un crénelage avec des merlons fendus d’étroites archères. La tour du clocher est un donjon en miniature.

Malheureusement de maladroites restaurations ont falsifié ce curieux édifice : la façade occidentale a été entièrement refaite ainsi que la tour octogonale du clocher dont les mâchicoulis modernes, qui ne pourraient servir en rien à la défense, sont un non-sens.

Le chapiteau du chœur de l’église Saint-Paul d’Issoire est un exemple typique de chapiteau auvergnat. L’absence de carrières de pierre tendre dans le Plateau Central a nécessité l’importation de calcaires du Poitou ou lapplication sur un noyau d’arkose d’une couche épaisse de stuc dans laquelle le sculpteur a pu modeler ses figures. Une polychromie souvent barbare déforme et empâte les personnages.

Mais si la qualité artistique est médiocre, l’intérêt iconographique est très vif. Dans cette représentation du Saint Sépulcre où un ange accueille les Saintes Femmes, rien de plus pittoresque que ces trois gardiens vêtus de hauberts de mailles qui dorment tête-bêche à poings fermés au-dessous de leurs grands boucliers à ombilic. L'absence de toute perspective fait que les dormeurs, au lieu de ronfler côte à côte, semblent superposés comme dans des hamacs.

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