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naïent sur le « Camino francès » pour faire leurs dévotions à Monseigneur saint Jacques, se fait sentir dans de nombreux édifices, plus particulièrement dans le Pays basque et le Roussillon qui,
situés aux deux extrémités de la chaîne, offraient les voies de pas-
sage les plus faciles et les plus fréquentées.
En fait les Pyrénées n’ont jamais été une barrière infranchissable entre la France et la péninsule ibérique. Basques et Catalans sont à cheval sur les deux versants.
De même que les saints français rayonnent en Espagne, le culte des saints espagnols se propage dans la France du midi. Sainte Quitterie, vierge gasconne, est vénérée à la fois à Aire-sur- Adour, à Tolède et à Sigüenza. Sa sœur, sainte Livrade, protège avec une égale sollicitude Agen et Sigüenza. En revanche, sainte Eulalie a été adoptée comme patronne par la cathédrale d’Elne en Roussillon. Les saints Just et Pasteur, martyrisés à Alcala de Hénarès, ont servi de parrains aux églises françaises de Narbonne et de Valcabrère, près de Saint-Bertrand de Comminges. Saint Ruf est chez lui à Tortose en Catalogne comme à Avignon.
Si le développement de la sculpture a été entravé dans certaines provinces comme la Bretagne et l’Auvergne par l’absence de carrières de pierre se prêtant à la statuaire, le Midi pyrénéen avait au contraire l’avantage de pouvoir disposer des marbres de Saint-Béat et de Sarrancolin, exploités depuis l’Antiquité. Ainsi s’explique en partie l’admirable essor de la sculpture languedocienne et roussillonnaise à l’époque romane. Ce n’est pas par hasard que le plus ancien monument daté de la sculpture française se trouve dans le Midi pyrénéen à Saint-Genis des Fontaines.
Il serait tentant de suivre pas à pas l’évolution de l’architecture et de la sculpture dans ces régions en suivant l’ordre chronologique. Mais tel n’est pas notre but. Puisque nous nous proposons de mettre autant que possible en lumière l'originalité de provinces qui, dans une France encore en formation, gardaient chacune leur individualité et n’avaient pas perdu leur « accent », c’est le classement topographique qui s’impose à nous.
Nous passerons donc successivement en revue en allant d'ouest en est, de l’Atlantique à la Méditerranée, les Pyrénées occidentales
(Landes, Gers, Basses et Hautes-Pyrénées) — les Pyrénées centrales (Haute-Garonne, Ariège) — et les Pyrénées orientales (Roussillon). |