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BRESSE

L'église votive de Brou près de Bourg-en-Bresse, fondée par Marguerite d'Autriche, fille de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne, en mémoire de son époux Philibert le Beau, duc de Savoie, appartient aussi, au moins pour une part, à l’art bourguignon, en ce sens qu’elle a été conçue sur le modèle de la Chartreuse dijonnaise de Champmol, sépulture des deux premiers ducs de Bourgogne,

Marguerite d'Autriche, veuve inconsolable, s'était adressée tout d’abord pour le « patron » du mausolée à deux artistes de la Cour de France : le peintre Jean Perréal et le sulpteur Michel Colombe auxquels Anne de Bretagne, femme du roi Louis XII, venait de commander le tombeau monumental de ses parents dans l’église des Carmes de Nantes.

Elle hésitait entre le marbre et le cuivre doré. Mais Perréal plaida en faveur du marbre. « La sépulture en cuivre, écrit-il, à larchiduchesse, sera plus riche, mais non pas sy bien faite, quelque bon patron qu’on fasse. »

Marguerite se laissa convaincre et par contrat passé le 3" décembre 1511, le vieux Michel Colombe s’engagea à exécuter d’après les dessins de Perréal « le patron en petit volume », c’est-à: dire la maquette du tombeau.

Cette maquette a disparu. Mais nous savons que l'effigie du gisant devait reposer sur un soubassement né de dix figures. allégoriques de Vertus qui étaient celles du défunt, mais aussi celles

de sa veuve : car le poète de cour Jean Lemaire de Belges nous

révèle que les initiales de ces dix Vertus formaient l’anagramme du nom de Marguerite.

La mort de Michel Colombe fit avorter ce projet et à partir de 1512 ce fut une nouvelle équipe, placée sous la direction de l’architecte bruxellois Louis von Boghem, qui fut chargée de la construction de la chapelle, dédiée à saint Nicolas de Tolentino, et de l'exécution non plus d’un, mais de trois tombeaux.

Le dessin des sépultures fut demandé en 1516 au peintre et cartonnier brabançon Jean van Roome de Bruxelles et en 1526 un marché fut passé avec le sculpteur rhénan Conrad Meit de Worms pour les figures des trois gisants.

L'église de Brou, consacrée en 1532, ne peut donc être mise,

bien qu’elle soit depuis Henri IV en terre de France, au compte.

de l’art français. Après l’abandon du premier projet, c’est un atelier international, dirigé par un architecte flamand et un sculpteur d’origine allemande, qui a hérité de la commande. Toutefois il est juste de rappeler que l’exécution des stalles et des vitraux a été confiée à des Français, recrutés sans doute à Lyon.

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