‹ Vieilles églises de FranceChapitre 89 sur 98 · INFLUENCE DE LA LITURGIE SUR L’ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA LITURGIE SUR L’ARCHITECTURE

L'influence de l’Église sur l’art ne s’exerce pas seulement par la spéculation théologique, plus ou moins altérée par les exigences de la forme. Ses principaux moyens d’action sont la liturgie, la prédication, le théâtre religieux qui en dérive, auxquels 1l faut ajouter le mysticisme qui fleurit surtout dans les cloîtres. Ce sont toutes ces influences conjuguées qui expliquent l’évolution de l’art chrétien au cours du Moyen âge.

La liturgie, c’est-à-dire l’ensemble des rites qui règlent toutes les formes du culte : la célébration de la messe, l’administration des sacrements, a exercé une influence profonde, qui n’est peut-être pas encore appréciée à sa juste valeur, sur toutes les créations de l’art religieux.

ir de Dati" à dt oi dd ne ie D dde à def) db Sd CÉSS S cd à

En ce qui concerne l'architecture, il va de soi que le plan des églises doit nécessairement tenir compte des exigences ou des convenances du culte. Les prêtres qui officient doivent être séparés des fidèles pour la même raison que, dans un théâtre, les acteurs sont séparés des spectateurs : d’où la division du chœur, souvent surélevé comme la scène, et de la nef, et l’existence d’une barrière plus ou moins infranchissable depuis le chancel qui n’est qu’une simple balustrade, jusqu’au jubé : porte monumentale surmontée d’une tribune, et à l’iconostase : cloison montant dans les églises de rite grec jusqu’à la voûte.

D'autre part, l’obligation imposée aux prêtres de dire la messe chaque jour entraîne la multiplication des chapelles, des absidioles, des autels.

L'influence des pèlerins autour des reliques a imposé à toutes les églises de pèlerinage la construction d’une galerie tournante, appelée déambulatoire, avec circulation à sens unique, destinée à empêcher l’engorgement des accès et à faciliter le défilé des processions.

La suppression des Baptistères isolés, construits près des cathédrales, et leur remplacement par de simples chapelles baptismales, à l’entrée de chaque église, s’expliquent par le changement de la liturgie du sacrement du baptême, administré à partir du XIIe siècle par snfusion et non par 1mmersion : ce qui rendait inutiles les piscines, réduites à de simples fonts baptismaux.

La transformation des rites de funérailles et d’enseve-

lissement se traduit dans l’iconographie par l’évolution de certains thèmes comme la Mort de la Vierge ou la Résurrection de Lazare. Les Apôtres groupés autour du lit de la Vierge se partagent les rôles du prête qui récite l’Absoute et de ses acolytes dans l’Office des Morts. Tandis que, dans l'art byzantin, Lazare se dresse, emmailloté de bandelettes comme une momie égyptienne, à l’entrée de sa grotte sépulcrale, dans l’art d'Occident, il se soulève à l’appel du Christ dans le cercueil où il est étendu.

Page 1