‹ Vieilles maisons, vieux papiersChapitre 23 sur 52 · LE MARIAGE DE JOSÉPHINE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE JOSÉPHINE

manuscril, la pauvre Ilortense se mit un jour à pleurer en pleine classe; et comme ses amies l'entourai-ent, lai demandant affectueusement ce qui causait sa peine, elle raconta, en sanglotant, « qu'elle avait bien du chagrin, parce que sa mère allait épouser le général Bonaparte, qui lui faisait peur, et qu'elle craignait qu'il ne fût bien sévère pour elle et pour Eugène ^.. »

Or, ce jour-là, 10 mars, dans sa visite à Saint- Germain, Y Ogre se montra charmant; il voulut visiter les classes et posa aux enfants plusieurs questions; mais la terreur d'Hortense avait été contagieuse, et les petites ne ré[ nJirent qu'en tremblant. Le général n'en fit pas moins force compliments à l'institutrice : « Il faudra que je vous confie ma petite sœur Caroline, Madame Gampan; je vous préviens seulement qu'elle ne sait absolument rien; tachez de me la rendre aussi savante que la chère Hortense. » Et, en parlant ainsi, il pinçait légèrement à celle-ci le bout de l'oreille...

Et yoilà l'histoire complète de la lune de miel de Napoléon; le 11 mars, une chaire de poste venait se ranger dans la cour de l'hôtel de la rue Chantereine; elle était chargée de valises remplies de livres, de cartes et d'armes. L'aide de camp Junot et Chauvct, l'ordonnateur des guerres, y avaient pris place. Bonaparte s'arracha des bras de la femme

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