Gazelle des Tribunaux, 4 juillet. 5-11-27 août
MONSIEUR DU BARRV 205
comte du Barry, s'cxciisant grandement de n'avoir point paru plus tôt, mettant sa discrétion au compte de sa déplorable fierté de caractère. Elle s'était fait accompagner de sa jeune sœur, M"° Madeleine Lemoine, ravissante fille de dix-neuf ans. (( C'était, écrivait une femme qui l'a connue à cette époque^, une brune piquante; ses grands yeux, fendus en amandes, étaient surmontés de deux arcs d'ébène qui semblaient dessinés au pinceau, une jolie bouche, des dents d'une blancheur éblouissante, et, dans sa tournure, dans sa démarche, dans son regard, quelque chose de noble qui imposait... »... Pas au point cependant dïntimider le comte du Barry qui, ravi de se découvrir une si jolie cousine, offrit immédiatement à M"" Lemoine de partager son luxe. Il avait si bien l'esprit de famille et se montra parent si empressé qu'un an après, le 2 novembre 1769, Madeleine le rendait père d'un fils. 11 expédia à Toulouse la mère et l'enfant, et vint les y rejoindre quelques mois plus tard. Chon et Bitschi restèrent à Versailles, afin de surveiller M""" du Barrj', de l'entretenir dans des sentiments de reconnaissance effective à Tégard de la noble famille à laquelle elle devait sa couronne comtale, et de lui soutirer le plus d'argent possible.
A Toulouse, l'accueil fut glacial. M. du Barry