LX1V
Opticiens: Muller et Gaebel,
(v. ins. page XXXIX).
Plôssl, S. , Himmelpfortgasse 7.
Neuhofer, I., Kohlmarkt 7 (v. ins. page XXXVIII).
Jos. Sattler, Heidenschuss 2.
J. J. Rospini, Karntner Strasse 12 (v. ins. avant ie titre). Or, argent, joyaux: Bôgler, A., I., Stephans-Platz 0.
Polder et fils, I., Graben 3o.
Proch, H., prolongement de la Karntner Strasse 5i [v. ins
page XXV).
Syré et Cie., Kohlmarkt 11 (v. ins. page XXVI). Papier et cartes de visite: Syré, A. F. et neveu, I.,
Tuchlauben 6 (v. ins. page XLI).
Rollinger, F., I., Rothenturm-Strasse 25.
Mayr J. et A. Fessier, I., Karntner Strasse 37.
Theyer et Hardtmuth, L, Karntner Strasse 11 (v. Ins. pag. XL). Parapluie et parasol: S. Fried. jeune, Augustiner-Gasse S
(v. ins. page XLII).
Parfumerie: Raoh et Cie., Graben 3i (v. ins. page XXXIX).
Sarg (Glycerin) Neuer Màrkt 2.
K. Roth, Neuer Markt 9 (v. ins. page I).
Photographies: Angerer, A., Karntner-Strasse 5i (v. ins.
page XLII).
Baiter L., I., Molker-Bastei 20.
Heid, Dr., III., Gàrtnergasse 23.
Kramer, Oscar, marchands d'objets d'art de la cour I. R.
et photographe, I., Kohlmarkt 18.
Luckhardt, F., IL, Tabor-Strasse iS.
Rabending, E., IV., Favoriten-Strasse 3.
Pommade pour la conservation des cheveux: Brown,
VI., Gumpendorfer Strasse 4 3, I. e'tage (v. ins. page XLIII)! Porcelaines: Denh, A., L, Goldschmiedgasse 12.
Fischer, M. v. (imitation d'ancienne porcelaine), L, Kruger-
Strasse 10.
Haas et C^ek, Wollzeile 19.
Wahliss, E., L, Karntner Strasse 46.
Quincaillerie, effets de voyage etc.: Etz, Joh I
Kohlmarkt 5 (v. ins. page XLVI.)
Rodeck frères, L, Kohlmarkt 7.
Klein, Aug., I.. Graben 20.
Rosenberg, Fr., L, Graben 17.
Roth, A., I., Tuchlauben.
Weisse, Alb., Wollzeile 4 et Stephans-Platz G (v. ins. page
tXXV).
Guttmann ei Reiss, I. Schotten-Ring 1 (v. ins. page XLIVj.
Neumann, Leop., I., Fleischraarkt 17 (v. ins. page XLV).
Glattau, N., L, Kârntner Strasse 5i (v. ins. page XLIII).
Theyer, Fr., Stephans-Platz 5 (v. ins. page avant le titrel.
Waizmann, M., Neuermarkt 11 (v. ins. page XLV). Reliures: Groner, L.. L, Wildpretmarkt 3.
Hollnsteiner, Frz., IX., Schwarzspanier- Strasse 3.
Rollinger, F., L, Rothenthurm-Strasse 25 etHaidenschuss 3.
Schlôps et Cze., III., Ungargasse 36.
Rubans (soierie et velours): Brauneis frères, L, Graben,
Trattnerhof.
Helmstreit, J., I., Stephans-Platz 8.
Kremser et Springer, L, Kohlmarkt 2.
Lowy et fils, I., Hoher Markt 5.
WiÙj Gustave, I., Stephans-Platz I.
Robes^ chapeaux etc. pr. dames: Franchie, t.. Kârntner
Ring 2.
Bopp, Ed., Plankengasse 6.
Mad. de Cente, L, Freisinger-Gasse 2.
Sellier: W. Krieger, Kolowrat-Ring 10 (v. ins. page XL VII).
W. Wilhelmi, Augustiner-Gasse 12 (v. ins. page XL VII).
H. MUller, Prater-Strasse 8 (v. ins. page XL VII).
W. Billhardi, IX., Porzellangasse 4 (v. ins. page XLVII). H. Waizner, Adlergasse 14 (v. ins. page XLVIII). Shawls viennois : Hlaivatsch et Isbary, VI., Liniengasse n. Tableaux: Kaeser, P., L, Karntnerring2 (v. ins. page XXXV}. Miethke & Wawra, palais des artistes (v. ins. avant je texte). Tapis: Haas et fils, I., Graben 32 et Herrengasse 14 (v. ins. page XLIX).
Lechleitner's héritiers, I. T Graben i5.
Terrescu ites: Braiisewelter, V., IIL, Salesianer-Gasse 25. Thé: Hofer, P., L, Graben 8. Trau, C., L, Wollzeile 1.
Eisler J., L, Stock-im-Eisen-Platz 4 (v. ins. page XLVIII).
Toilerie: Spillhagen et Weinberger, Graben 28.
Trappel et Sporr, Seilergasse 9 (v. ins. avant le texte],
Kiifferle et Cie., Wipplinger-Strasse 16.
Regenhart frères, I., Jordan-Gasse 5.
Ustensiles de cuisine et domestiques: Emmer, R. y I. ,
Stephans-Platz 7.
Haardt, F. (Bessemer acier), I., Opernring 8. Vannerie: Afh la veuve, I , Plankengasse 7.
Verrerie cristaux: Lobmayr, J., I., Kârntner Strasse i3
(v. ins. page L).
Schreiber et neveu, IX., Liechtenstein-Strasse 12. Voitures de louage: Société pour le louage des voitures,
Gisela-Strasse 4 (v. ins. page LI).
COUP D'OEIL HISTORIQUE SUR L'ORIGINE ,3 . ET LE DÉVELOPPEMENT DE LA VILLE DE VIENNE.
Lorsque dans les premières années de notre ère, les Romains poussèrent leurs retranchements jusqu' aux rives du Danube, ils y rencontrèrent des établissements Celtes. On ne doit pas douter non plus que sur l'emplacement où Vienne s'étend aujourd'hui, il ne se soit trouvé une Colonie Celte, car il n'est guère vraisemblable que précisément ce point où se rencontrent en forme d'étoile les premiers gradins des Alpes, des forêts de Bohème (Bôhmerwald), de la chaîne des montagnes de la Bohème et de la Moravie, ainsi que des Karpathes, ait été inhabité. Toutesfois aucun vestige positif d'habitations celtes ne s'est conservé jusqu'à nos jours ; seulement en 1864, en.creusant des fondements d'une maison au Kolowrat-Ring (Boulevard Kolowrat) on a trouvé une seule arme en bronze.
Les Romains reconnurent promptement l'importance stratégique du terrain sur le quel se trouve Vienne et y érigèrent un fort pour protéger le passage du Danube contre les attaques des hordes sauvages occupant les rives opposées du fleuve et empêcher leurs incursions possibles dans les Gaules, leur interdisant même le passage des Alpes.
Le fort Vindobona était destiné aussi â couvrir l'aile gauche des troupes concentrées. D'après les découvertes d'antiquités et le choix de l'emplacement des fortifications romaines, on peut conclure avec assez de certitude que le fort originaire était situé à la place
Guide mignon de Vienne.
où le sol sur lequel repose Vienne est le plus élevé,'" c' est à dire sur le plateau du Hohenmarkt (le hautmarché), et se prolongeait jusqu'au bras du Danube.
Aussi longtemps que les Romains furent en état de faire une guerre offensive sur le Danube, et qu'ils n'abandonnèrent pas l'idée de se rendre maitres des terres au de là du fleuve, le fort de Vindobona fut de médiocre importance ; ce qui le prouve, c'est que jusqu'à 70 ans après J. C, il ne fut destiné qu'à • contenir une demi légion de soldats. Ce ne fut que lorsque les Romains furent obligés de se borner à la défense des points importants sur le Danube et sur le Rhin, qu'ils élevèrent un camp fortifié qui, d'après les dernières investigations, devait s'étendre sur le plateau où se trouvent aujourdhui le Belvédère et l'Arsenal. Mais à mesure que Vindobona gagnait en importance , l'étendue du fort fut aussi considérablement augmentée. Vers la fin du 3. siècle après la naissance de J. C. ces établissements purement guerriers prirent le caractère d'une Colonie stable, d'une Cité dont des habitants établirent leurs demeures hors des murs et s'occupant d'agriculture, de la propagation des bestiaux, où exerçant des métiers, s'étaient procuré une existence bourgeoise embellie par les arts et la civilisation romaine ; c'est ce que prouvent les trouvailles faites le long des routes et au de là du territoire de la ville intérieure actuelle. Il existe différentes opinions sur la direction dans la quelle la Cité s'est agrandie.
La Cité de Vindobona acquit son plus haut point ■d'importance après la chute de Carnuntum, jusqu' alors Capitale de la Pannonie supérieure, et ensuite ; de la translation du pouvoir suprême civil et militaire des Romains dans notre ville ; cet état florissant ne fut, il est vrai que de courte durée, car déjà avec la chute de Carnuntum, la puissance romaine en Pannonie éprouva une violente secousse et par l'entrée en Pannonie des peuples germains — chassés de leur territoire vers le Danube inférieur, avait été annoncée la première apparition des Huns en Europe.
Vers la fin du 5. siècle la civilisation romaine s'éloigna des rives du Danube, avec l'invasion des Avares disparait aussi de l'histoire la Vindobona romaine, elle avait joué son rôle de place frontière des provinces romaines danubiennes.
Pour se mettre à l'abri des hordes dévastatrices des peuplades se précipitant du Nord et de l'Est et s'étendant vers le sud et l'Ouest, la plupart des habitants demeurés furent forcés de chercher un refuge éloigné du passage des armées, pour ne pas être obligés de défendre leur existence par de nouveaux combats. Par sa position, la place dut être occupée tantôt par des peuplades slaves, tantôt par des Allemands , jusqu'après l'écoulement de la première période de l'établissement du Christianisme et l'anéantissement par Charlemagne de la puissance des Avares derniers possesseurs des Colonies, et que le pays situé entre l'Enns et le Wiener Wald eut été organisé comme frontière définitive.
Il est du reste à présumer que pendant la durée de ces tempêtes populaires, Vienne ne fut pas entièrement ravagée et détruite. Cependant il s'écoula encore des siècles avant que le voile étendu sur le sort de Vienne se fut levé.
Quoique déjà vers le milieu du 10. siècle le pays situé entre l'Enns es la Traisen eut été donné en fief à des Comtes francs par l'Empereur allemand sous la condition de s'opposer aux invasions des Hongrois et des Slaves, bien que les frontières de l'Autriche (Ostmark), comme on appelait tout ce terri-: toire, s'étendit jusqu' à la Leitha, et que Vienne déjà en 1043, époque où les Hongrois furent vaincus sur le Lechfeid eut joué un rôle comme place fortifiée et que des allemands colons et soldats s' y fussent établis, le nom du lieu n'est point encore mentionné, et moins encore possédons nous à son égard des renseignements plus positifs. Ce n'est que l'an 11 37 que le nom de l'endroit reparait. Un document en fait mention comme d'une ville, et à peu près à la même époque parait un plan Je délimitation d'un
receveur général du Diocèse de Passau concernant les possessions de l'Evéché dans notre ville, d'où l'on peut inférer, si l'on ne veut pas récuser l'authenticité de ces pièces, que la ville à cette époque était déjà passablement peuplée et organisée pour un commerce actif. Nous savons que l'an 1145, le Margrave Jasomirgott "après sa défaite par les Hongrois se retira sous les murs de la ville; mais il est incontestable que le moment le plus important du premier développement de Vienne date du privilège accordé par l'Empereur Frederick I. en 11 56 par lequel l'Autriche (Ostmark) fut érigée en souveraineté princière, la famille princière des Babenberg fut mise pour toujours en possession du pays, et Henri Jasomirgott comme Duc d'Autriche en position de se choisir une résidence stable, ne pouvait trouver de lieu plus avantageusement situé que la Ville de Vienne.
Mais que cette résidence ducale était alors restreinte. Ses murs ne dépassaient pas encore les bornes de l'ancienne citadelle romaine.
La place St. Etienne, le Graben, le Kohlmarkt, la Freiung et le Tiefer Graben étaient encore hors des murs, et les flots de l'ancien lit du Danube s'écoulaient dans le Salzgries.
Les Ducs avaient leur palais au Hof, où se trouve actuellement le Ministère de la guerre, c'est là qu'ils rendaient la justice. L'Eglise paroissiale de St. Rudbert, les Chapelles de Ste. Marie du rivage (Maria am Gestade) et de St. Pierre suffisaient à la dévotion des fidèles.
Cependant du temps d'Henri Jasomirgott des établissements doivent avoir eu lieu au Sud de la ville hors des murs, car là, déjà en 1 1 3 1 une chapelle sous l'invocation de St. Jacob sur une élévation, à la place ou est aujourdhui le Jacober-Hof, et en 1137 la chapelle de St. Etienne existaient déjà, et au Nord de la ville, le Duc lui même se proposant de développer les institutions sociales, appela à Vienne de Ratisbonne des moines écossais, et entre 11 58— n63 il donna une lettre patente pour la fondation
sur le Freiung, d'un Cloître richement doté. Sur ce terrain resserré nous trouvons à côté de la noblesse d'épée qui entourait le Duc, des bourgeois riches et considérés jouissant d'une entière liberté personnelle qui par leur industrie et leur commerce parvenus à une puissante considération étaient entrés en relations commerciales avec les bourgeois d'autres villes. La florissante Capitale de l'Autriche (Ostmark) exerça une grande force attractive à l'étranger. Déjà le Margrave Léopold le Saint dirigea la marche de la première croisade à travers la vallée du Danube.
Lorsque vers la fin du 12. siècle, un nombre considérable d'émigrés de la Flandre se rendaient en Moravie et en Hongrie, beaucoup d'entr' eux s'établirent à Vienne, le Duc L'opold le Glorieux leur accorda les mêmes droits qu'aux anciens habitants de la ville, et les croisades postérieures eurent encore une grande influence sur son développement. Des milliers de pèlerins qui dans leur voyage à la terre sainte traversèrent Vienne, s'arrêtèrent dans ses murs. Combien s'augmenta l'état de bienêtre florissant des citoyens par le mouvement actif du commerce. Quelle occasion favorable ne s'offrit pas à l'Ouest et à l'Est de l'Europe pour nouer des relations avantageuses ! Avec quelle rapidité ne s'étendit point par là la réputation de cette Cité si heureusement située.
Telle était au commencement du i3. siècle la Capitale de l'Autriche (Ostmark) devenue une des villes les plus importantes de l'Allemagne méridionale et qui pouvait rivaliser avec les villes les plus riches situées sur le Danube et sur le Rhin. Elle possédait outre une liberté pr.'cieuse, ses privilèges et droits de cité, ses droits d'entrepôt pour les marchands, le droit de battre monnaie et d'autres avantages encore. Et ainsi que la ville était redevable à son Duc Léopold le Glorieux de se puissant levier de développement, de même aussi ce Prince ingénieux fit de Vienne un centre de vie intellectuelle. Rendant hommage aux coutumes de son temps, lui même composa des chansons, mais il rassembla aussi à sa Cour les plus
célèbres Troubadours, les y attirant par de somptueux festins et de nobles tournois, enchantant par sa générosité et son amabilité, chevalier et bourgeois. En raison de cette extension toujours croissante l'intérieur de la ville ne fut plus suffisant; sous ses murs s étaient formés des faubourgs, parmi lesquels celui de St. Etienne et de St. Jacob sur la Colline devaient être les plus peuplés.
C'est pourquoi Léopold le Glorieux recula les murs, d abord au sud de la ville, de manière que bt. tienne St. Jacob ainsi que toutes les" maisons jusqua la fin de la Rothenthurm-Strasse, la Wollzeile et la Smgerstrasse furent enclavées dans le rayon fortifie, et peu de dixaines d'années après tombèrent aussi au Nord et à l'Ouest les anciennes bornes delà Vienne romaine.
Pendant l'occupation des pays autrichiens par le roi Ottocar de Bohème de ( I2 5i à 1276) les bornes furent probablement reculées au de là du Kohlmarkt, jusqu' a la Herrengasse, et peu après le Burg (Château) y ut enclave On peut même dire que l'intérieur de la ville tel quil existait avant qu'on commençât à 1 agrandir en ,85 7 renfermait la même circonférence qua peu près au milieu du 14. siècle
Lorsque Rodolph de Habsbourg, le nouvel Empe-
«f™ ? A1 n m t g ° e i. 6Ut VainCU ° ttocar et P ris P° sses " sion du Duché d'Autriche, fut arrivé aussi devant
Vienne et qu après un siège de cinq semaines, il fit son entrée dans le Burg des Babenberg, le repos et le bienetre de la ville furent momentanément troublés {Trrf ln ?, en . dies >, la P^ et la guerre, mais à peine la tranquilhté et la paix furent elles rétablies dans cepays violemment éprouvé que leur effet s e fit sentir avant tout dans 1 apparence de la ville florissant de nouveau. Les citoyens après avoir recouvré de la part chèlZ, ?0 Tm- P , rinCe leUrS anciens P"viléges cherches 'n ' r l£UrS tiennes relations commerciales avec Allemagne méridionale, l'Orient et l'Italie, afin de réaliser 1 importance de leur place comme heu d entrepôt de commerce pour l'Europe orientale.
Des caravanes considérables se dirigèrent de nouveau de Ratisbonne et de Passau vers le Danube inférieur, strictement obligées de suivre la route impériale et de s'arrêter dans la capitale du Duché. Des marchands de Venise, de Constantinople, de Kiew et d'autres lieux se rendaient à Vienne pour échanger leurs articles de commerce contre d'autres produits de l'industrie.
L'Autriche (Ostmark) était pour la puissante Dynastie de Habsbourg tendant toujours à s'élever une précieuse possession. Ainsi que Rodolph I. ses fils et ses neveux cherchèrent à gagner de nombreux adhérents dans le pays et avant tout une grande influence sur l'esprit des bourgeois de Vienne. Ils surent donner à la Capitale une position toujours plus brillante dans le pays ainsi que dans l'Empire, jointe à l'importance politique dont celui-ci jouissait par sa position particulière. Une suite d'institutions pour le développement matériel et intellectuel que les Ducs Albrecht IL, Rudolph IV. et l'Empereur Frédérich IV. mirent en vigueur curent surtout une bienfaisante efficacité.
Malgré les nombreux malheurs qui affligèrent la ville, et peut être aussi par ces causes, on peut y observer un progrès continu dans son développement matériel et intellectuel. Nous voyons au 14. siècle comme les institutions sociales florissaient et augmentaient en force, et à côté des citoyens propriétaires, et les nombreux corps de métier cherchant à obtenir place et voix dans le Conseil communal, combien étaient nombreux les Cloîtres et les Eglises entr' autres leDôme de St. Etienne, ensuite s'élève T Université pour la culture des sciences, comme les fortifications de la ville sont renforcées, pour pouvoir braver les attaques de l'ennemi et lui opposer de la résistance, comme le Burg devient la résidence principale de tous les membres de la maison ducale, et comme d'autres villes du pays regardent avec envie la faveur dont Vienne jouit.
Nous voyons ensuite comme à diverses reprises le siège du Gouvernement s'établit dans notre ville,
des princes de l'Empire allemand y fixèrent leur séjour, ou au moins furent représentés à la Cour par des envoyés, comme par les relations temporaires des pays primitifs autrichiens avec la Hongrie et la Bohème, s'éleva un puissant Etat. Dans le i5. siècle, par la lutte des partis, il s'éleva des difficultés entre les Princes et les Bourgeois, et une dépréciation des monnaies eut aussi lieu, ensuite par un changement dans le mouvement commercial le développement de la ville éprouva une suspension momentanée. En revanche, sous l'Empereur Max I., Vienne fut à la tête du mouvement scientifique dans l'Allemagne méridionale.
Cette puissance intérieure correspondant au concours de circonstances favorables dans le 16. siècle, l'aspect extérieur de la ville prit aussi une forme. Elle était toujours il est vrai resserrée entre les fossés les murs et les tours élevées sur le terrain qu' elle occupait à la fin du i3. siècle. La vie active se concentrait dans des rues étroites et de petites places irrégulières, mais imm 'diatement sous les murs de la ville intérieure, s'éleva une ceinture de faubourgs, et à une petite distance s'élevèrent des villages dont les habitants en relation intime avec ceux de l'intérieur de la ville étaient protégés dans leur défense contre des ennemis extérieurs. Cependant la banlieue de la ville s'étendit jusqu'à ces villages et même en partie au de là.
Immédiatement sous les murs de la ville était la Schôffenstrasse (rue des Echevins) s'etendant depuis l'ancienne Stubenthor jusqu'au bord du bras du Danube, ensuite les faubourgs devant le Kârntnerthor, le Widmer (Burgthor) et le Schottenlhor. Les habitants de ces faubourgs à l'exception de ceux de la Schôffenstrasse, ne formaient pas une Commune indépendante, mais ils étaient entièrement soumis au Conseil de la ville. A une grande distance des murs s'étendait le village d'Erdberg, la Colonie du vieux Danube ( Weissgarber ) , le faubourg de St. Niklas Landstrasse), le Wieden, le St. Bernardsthal (Matz-
leinsdorf), le Freigrund Gumpendorf, le village de Zeismannsbrunn (St. Ulrich), le Buchfeld (une partie du Josephstadt actuel), les sept Hofstâtten (une partie de l'Alservorstadt d'aujourd'hui, le village de Siechenals (Thury), le Fischerdorf Obère Werd (le Rossau). Au de là du Danube s'étendait le Untere Werd (Leopoldstadt), et la colonie Unter den Felbern (Jâgerzeile).
Parmi ces faubourgs, ces terrains libres et ces villages, la plus petite partie appartenait à la banlieue de la ville, la plus grande partie était la propriété de Seigneurs laïques et ecclésiastiques. Mais déjà dans le i5. siècle, ils furent enclavés à peu d'exceptions près dans le rayon des fortifications de la ville et enchaînés. d'une manière indissoluble au fort de Vienne.
Nous trouvons dans les chroniques et les poésies du 14. siècle quelques allusions à la physionomie de la ville et au caractère des habitants ; elles confirment que dans Vienne régnait une vie très animée. Digne de considération quoique non exempt d'un sentiment de haine et d'exagération dans la description des moeurs et des coutumes enracinées à Vienne, est le tableau que nous en fait Aeneas Silvius Piccolomini, historiographe de l'Empereur Frédérich IV. et plus tard du Pape Pius II. Nous rapporterons ici ce passage qui caractérise notre ville dans le milieu du i5. siècle, et qui n'est pas sans importance.
«Vienne," écrit Aeneas Silvius, «est entourée de murs dont le circuit est de 2000 pas, mais les faubourgs sont 10 fois plus grands que la ville. Les maisons de la Bourgeoisie sont hautes et richement décorées, renfermant de vastes salles ainsi que des chambres susceptibles d'être chauffées, peintes en dehors et en dedans. Elles sont éclairées par des fenêtres garnies de vitraux de différentes couleurs, et munies de fortes portes en fer. Ces habitations sont remplies de meubles précieux, et dans les écuries se trouvent différentes espèces d'animaux. Les maisons de la Noblesse se distinguent par une plus grande magnificence encore, elles jouissent d'une entière franchise et sont exemptes de tout droit. Les caves sont creusées profondement, et s'étendent si loin que l'on dit que Vienne est bâtie autaut sous la terre que dessus. Les rues sont pavése
d'une pierre si dure que les clous rivés des roues des voilures se rompent souvent. De grands et vastes temples élevés en l'honneur de Dieu, éveillent l'admiration; les reliques ornées d'or, d'argent et de pierres précieuses sont en grand nombre. Outre les nombreuses églises et les cloîtres, beaucoup de maisons dans la ville ont leurs chapelles auxquelles un prêtre est attaché pour les desservir. De nombreux étudiants de la Hongrie et de l'Allemagne supérieure fréquentent les hautes classes. On estime le nombre des habitants à 5o.ooo âmes. Il est incroyable quelle quantité de vivres on amène dans la ville, et le soir venu les marchés sont pourtant vides. Les vendanges durent 40 jours. Pendant ce temps, 2 jusqu' à 3 fois par jour on amène en ville une telle quantité de moût que plus de 1200 chevaux venant des villages y sont employés. Le Prince perçoit un droit de 10 pfennig sur la vente du vin. La bourgeoisie est du reste peu chargée d'impôts. Nuit et jour ont lieu des disputes et des duels, tantôt entre les artisans et les étudiants, tantôt entre les gens de la Cour et les artisans, et enfin entre ceux ei et les ouvriers. Rarement se passait il un jour sans quelque cas de mort, et se faisait il une enquête, personne n'était coupable. Presque tous les Bourgeois tenaient auberge, sans que cela portât aucun préjudice à leur réputation; ils faisaient bonne cuisine, quelques uns donnaient asyle à des filles publiques, leur donnant à manger pour rien, et s'en dédommageant en faisant fausse mesure à leurs pratiques. Le peuple est très adonné aux plaisirs des sens, et dépense le dimanche tout ce qu'il a gagné par un pénible travail. II y a peu d individus dans la ville qui connaissent leurs bisaieux; il y a peu d'anciennes familles, la plupart descendent d'étrangers ou sont nouvellement établies.»
Quelques dixaines d'années plus tard, le savant Antoine de Bonfinis donne une seconde description qui dans son contenu respire moins de prévention et se termine par ces mots :
«Les environs de Vienne sont un immense et magnifique jardin orné de coteaux plantés, d'arbres fruitiers et de vignes, et sur le penchant desquels se trouvent d'agréables maisons de campagne offrant toutes les jouissances de la vie. Les couines voisines réjouissent l'oeil du voyageur d'une manière mdescnpt.ble par l'aspect de la quantité de demeures de la
bourgeoisie et de la noblesse, de villages et de sites pittoresques.»
Depuis l'Empereur Rodolph de Habsbourg jusqu'au emps de l'Empereur Frédérich IV., Vienne ne vit aucun ennemi étranger devant ses murs ; c'est pourquoi on s'était borné au besoin strict de l'entretien des fortifications. Les choses se passèrent autrement dans la seconde moitié du 1 5. siècle.
Albreclit VI. et Sigismond de Tirol frères de l'Empereur Frédérich IV. lui disputèrent ses droits à la possession de l'Autriche et dans l'été de l'année 1461, le Duc Albrecht parut devant les murs de Vienne avec des forces imposantes, pour s'emparer de la ville qui était demeurée fidèle à l'Empereur. Pour prévenir ce danger, on pensa à renforcer les fortifications des faubourgs. Une année après cet événement, les Viennois assiégèrent l'Empereur dans son château, excités par les partis contraires remuants excitant les passions du peuple, et dans les années 1477, 1484 et 1485 Vienne fut exposée à beaucoup de dangers, par les sièges qu' elle eut à soutenir contre le roi d'Hongrie Mathias Corvinus. Plusieurs faubourgs eurent surtout à souffrir de ces événements, c'est pourquoi on pensa à cette époque non seulement à augmenter les fortifications de la ville, mais aussi des faubourgs, à élever les murs en les munissant à l'intérieur d'un chemin couvert pour augmenter les forces de résistance contre les armes à feu destinées à jouer un nouveau et puissant rôle.
Le système de fortification d'alors fut suffisant contre la puissance de cet ennemi, les attaques contre ■ la ville n'ayant été dirigées que d'un côté et la plupart sur les points regardant le Danube. Dans le premier tiers du 16. siècle eut lieu un événement d'une grand importance politique qui eut une influence décisive sur le développement de Vienne. Après plusieurs combats en Hongrie, le sultan Suleiman II. réussit enfin l'année 1629 à pénétrer jusqu' à Vienne avec une puissante armée, pour après s'être rendu maitre de cette ville, étendre la domination turque
sur toute l'Europe occidentale. L'armée turque était' trop considérable et trop bien armée pour qu'on put penser à étendre la défense de la ville au de là des faubourgs et de la banlieue.
En face du danger immense dans lequel on se trouverait si Vienne avec ses trésors et son bien être tombait entre les mains des barbares, on laissa en proie à la destruction tous les faubourgs et les villages situés hors de l'enceinte de la ville et l'on se borna a la défense du centre du commerce.
L'entreprise échoua devant le courage héroïque des Citoyens et des troupes auxiliaires, Vienne était sauvée, mais ses faubourgs étaient anéantis. Cet événement fit une impression extraordinaire en Allemagne; on savait combien s'accroîtrait le danger pour le milieu de l'Europe par la prise de Vienne par les lurcs. Les inquiétudes s'augmentèrent surtout a la pensée d une nouvelle attaque de la part des Turcs Dans ces conjonctures, l'Empereur Ferdinand I. ainsi que les autres princes de l'Empire eurent l'idée d'armer Vienne par un nouveau système de fortifications conforme aux moyens de défense récemment introduits,
firihS ^ en , forteresse cette Place jusqu' alors fa blement défendue. L'Empereur chargea l'ingénieur Hirschvogel du travail d'un plan pour l'érection de nouveaux bastions. Presque tous les princes de l'Empire et les villes les plus importantes de l'Allemagne contribuèrent aux frais de cette entreprise qui s'élevèrent a la somme d'un million et demi de florins
La transformation de Vienne en une forteresse imprenable dura pendant presque tout le 16. et le 17.
car Ϋ P T ^^ b ^ n d£S 3nnéeS ° n fUt tenU en cmo 7 i par les Turcs. Continuellement on était menacé par de nouvelles incursions, et chacune répandait la terreur dans les esprits Par ce nouvel état de choses, par lappariicn répétée d'épidémies destructives qui en
1 pa"x nte-" 116 ,néVitaWe î Par lÊ b ^l^ersem q ent de par S '"j eUeUre enSUIte des dissensions religieuses et dans le t * restnc 1 t ,' ons apportées par les princes
dans le commerce et l'industrie, il y eut interruption
dans le développement de l'état social. Vienne cessa d'être une importante place de commerce et le centre des sciences, elle fit un pas de retraite dans le nombre des parties constituantes de sa population. Bien que la présence de la cour et l'érection des fortifications eussent donné lieu à une grand affluence d'étrangers, tout cela n'eut qu' une influence passagère. Seulement une partie des étrangers, comme la noblesse espagnole, un grand nombre d'ordres religieux que les Princes appelèrait dans notre ville, pour le rétablissement de la foi catholique bannie du sein de la noblesse indigène et de la bourgeoisie, y élèvent un domicile stable. Ils spolièrent les bourgeois de leurs domiciles de telle manière que le Conseil communal se plaignit, de ce que le nombre des citoyens ayant maison s'élevait à peine à 2000.
Après le premier siège des Turcs, s'élevèrent bientôt de nouveaux faubourgs cependant point dans leur ancienne extension. Les villages et les terrains libres plus éloignés ne se relevèrent que lentement, quelques uns d'entr' eux comme Nottendorf, Siechenals et Bernardsthal furent complètement ruinés. L'expérience acquise par le siège des Turcs non moins que le nouveau système de fortifications, d'accord avec le changement opéré dans les armes de siège, avait montré la nécessité d'entourer les nouveaux faubourgs d'une ceinture de murailles et de fossés. Ceux qui s'y élablirent étaient pour la plupart de petits industriels et artisans, il s'y trouvait aussi des bourgeois aisés qui y avaient établi des jardins et bâti des maisons pour venir y jouir d'un air pur en été, mais ils furent obligés de situer leurs possessions à un éloignement déterminé des fossés de la ville.
C'est ainsi que déjà au 16. siècle une ligne de séparation d'environ 5o toises fut établie entre la ville et les faubourgs. Toutes fois dans le courant du siècle cette ordonnance fut à moitié transgressée. Tout se pressait naturellement vers le point central de la vie commerciale de l'intérieur de la ville. Il arriva donc qu' au commencement du 17. siècle que dans plusieurs
endroits, quelques privilégiés avaient empiété sur la ligne de démarcation. Pendant la guerre de 3o ans les chances heureuses ou malheureuses de cette guerre dirigèrent l'attention sur le danger d'un siège. Deux fois les Suédois pénétrèrent immédiatement jusqu' aux limites des faubourgs. Un détachement commandé par Torstensohn s'empara de la Brigittenau en 1 645.
De nouveau le gouvernement prit des dispositions pour augmenter les moyens de défense, ce à quoi, après la fin de la guerre de ?o ans, il se vit essentiellement forcé par le danger d'une invasion des Turcs qui avaient vaincu l'armée de l'Empereur Léopold. Le Feldmaréchal Marquis de Gonzaga fut chargé de la direction des travaux de fortifications. Celui-ci insista pour que toutes les maisons situées trop près des bastions fussent enlevées, sur quoi, en 1662 l'empereur Léopold ordonna qu'à l'avenir aucune maison ne pourrait être élevée qu' à la distance de 200 pas de la contrescarpe et d'abattre toutes celles qui existaient hors de cette limite. — Malgré les vives réclamations du Conseil d'Etat s'opposant à ce que par là 230 immeubles disparussent, sans que les propriétaires fussent indemnisés, l'ordre fut exécuté dans les années i663 et 1664 et même le rayon des fortifications s'étendit jusqu'à 600 pas et c'est ainsi qu'on gagna l'espace libre existant entre la ville et les faubourgs du coté de l'Ouest Glacis qui furent plus tard encore élargis, embellis sous l'Empereur Joseph II. par des allées et des prairies et qui ont subsisté jusqu'en l'année i858. C'est à celle disposition que Vienne doit sa physionomie topographique particulière, sa situation concentrée dans laquelle les faubourgs comme une large ceinture s'étendent autour de la ville intérieure.
En considération des intérêts militaires, Vienne coûta l'aisance a des milliers de bourgeois par les pesants sacrifices qu' ils eurent à supporter. A peine les pertes occasionnées par la démolition des maisons situées près des remparts furent elles réparées
cm
à peine les nouvelles maisons au de la du rayon des faubourgs furent elles bâties, qu'eut lieu le second siège des Turcs en 1 683, qui eut de nouveau pour suite la destruction de la plus grande partie des faubourgs dépourvus de moyens de défense. Immense fut le dommage des bourgeois et de la commune par la perte des biens et de la vie, surtout si l'on considère que peu d'années auparavant, la peste avait sévi d'une manière cruelle et entièrement dépeuplé quelques rues.
Ce qu'il y a d'étonnant c'est qu' après le second siège des Turcs, la population diminuée jusqu' à la concurrence d' à peu près 80.000 âmes était malgré cela de la moitié plus forte qu' à la fin du i5. siècle.
Grâce à l'heureuse tournure des circonstances politiques ainsi qu' à la bienveillance des souverains, notre ville put de nouveau surmonter les dures épreuves aux quelles elle avait été en proie. Sous l'Empereur Léopold, la consolidation de l'Empire fit de grands progrès. Non seulement la Bohème, mais aussi la Hongrie, après les agitations de Ragoczy, reconnurent l'importance d'entretenir des relations amicales avec l'Empire. Outre la Noblesse espagnole et des Paysbas il se trouvait encore à la Cour impériale nombre de Cavaliers bohèmes et hongrois qui offrirent leurs services à l'Empereur; et à mesure que par cette impulsion, l'influence sur les affaires de ces importantes provinces allait s'accroissant à la Cour, les Chancelleries chargées de l'administration supérieure des différents pays de la Monarchie s'agrandirent, on sentit aussi la nécessité de fonder une résidence forte et stable, un point central où seraient réunies les autorités gouvernementales. Il ne pouvait y avoir de doute sur le choix du lieu. Vienne naguère la Capitale de la petite Autriche (Ostmark) devint la capitale et la résidence de la plus ancienne et de la plus puissante monarchie de l'Europe.
Ensuite de cette résolution, l'Empereur Leopold I. s'efforça déjà avant et plus activement encore après le second siège des Turcs de donner à sa résidence
un essor grandiose. Il agrandit le château impéria en y ajoutant du côté de l'Ouest l'aile qui porte sor nom encore aujourd'hui. Il accorda de grands avantages à la noblesse et à la bourgeoisie qui venaien de déclarer leurs intentions de faire élever de édiHces somptueux artistement décorés; ils usèrent auss largement de ces faveurs et dans les faubourgs de l'Ouest s'élevèrent une suite de Palais d'été qui contribuèrent essentiellement à leur population. L'Empereur lui même fit bâtir le château impérial de plaisance de Schônbrunn, exécuté en partie d' après le plan grandiose de l'architecte J. E. Fischer von Erlach. En outre il favorisa aussi des entreprises in dustnelles, entr' autres l'érection de plusieurs fabriques, il créa en 1699, un collège de commerce particulier et accorda à la ville plusieurs privilèges de douane pour faciliter l'introduction de denrées -nécessaires à la vie. Un nouveau bienêtre se répandit dans cette ville si violemment éprouvée et la population s'augmenta aussi avec rapidité. Pendant qu' au commencement du 18. siècle elle ne s'élevait pas encore a 100.000 âmes, en 1720 elle s'éleva à i35.ooo habitants et en 1740 à 140.000.
Cette augmentation de la population fut d'un grand avantage pour les faubourgs. Après que ceux ci en 1 704 eurent été mis à l'abri des agressions ennemies par des remparts offrant en même temps une garantie assurée des propriétés, le nombre des maisons s augmenta d'année en année. Outre les Communes de Leopoldstadt, Jâgerzeile, Erdberg, Weissgarber, Landstrasse, Wieden, Schaumburger Hof, Matz einsdorf, Reinprechtsdorf, Gumpendorf, Windmuhle, Laimgrube, St. Ulrich, Neubau, Alsergrund et Kossau qui existaient déjà dans le 17. siècle de nouvelles Communes furent créées : Laurenzer-Grûnd, Margarethen, Hundsthurm, Magdalena-Grund, Alt- Lerchénfeld , Josefstadt, Strozzen-Grund, Himmelpforr- Grund, Liecbtenthal et Althan, auxquelles se joigni-
l £ X\ J n dU l8 " Siècle > Schottenfeld, Breitenfeld et Michelbeuern. Le développement de l'industrie et
l'activité croissante du commerce contribuèrent essentiellement à l'extension des faubourgs. Ainsi que l'Empereur Léopold, Charles VI reconnut aussi que la protection accordée à l'industrie indigène était un puissant levier pour l'augmentation du bien être. Il fonda la Compagnie de commerce orientale, il fit des avances pour l'augmentation des fabriques.
L'Impératrice Marie Thérèse restreignit les anciens privilèges et accorda aux nouvelles fabriques des droits déterminés. Elle fit venir dans le pays des machines à apprêter, des apprêteurs et autres ouvriers pour donner plus de développement à l'industrie dans la fabrication des soieries. Ce fut elle aussi qui agit d'une manière efficace pour répandre la culture dans la classe inférieure du peuple, qui voua une attention particulière aux écoles populaires, et fonda une académie préparatoire (Real-Akademie), pour l'avancement des connaissances techniques et commerciales. Les efforts de l'Empereur Joseph II pour accélérer les progrès intellectuels et matériels furent encore plus grands.
Pendant qu'il vouait toute son existence aux réformes des différentes branches de l'administration, il fit venir à Vienne toute une Colonie d'ouvriers étrangers pour perfectionner différentes branches d' industrie peu développées. Pour augmenter les progrès dans les écoles supérieures il appela de l'étranger des professeurs distingués, il accorda aux professeurs de l'université une liberté d'enseignement fort étendue. Pour que l'Académie fondée par l'Empereur Léopold I et nouvellement organisée par Charles VI put embrasser toutes les branches de l'art plastique, il termina la réorganisation de l'Institut commencée par Marie Thérèse. Reconnaissant l'importance du théâtre pour l'éducation du peuple, il attacha un grand prix au perfectionnement de l'art dramatique allemand. D'accord avec les idées humanitaires et libérales du siècle il adopta le principes d'égalité dans les droits religieux et donna une nouvelle physionomie aux nombreux établissements de bienfaisance. C'est ainsi
Guide mignon de Vienne. 2
que sous Marie Thérèse et sous Joseph II Vienne entra dans le domaine de la civilisation et de nouveau en relations intimes avec l'Allemagne, elle commença à se relever de la pression intellectuelle qui avait pesé sur la ville depuis les jours de la réformation.
Sous l'influence de ces efforts l'extérieur de la ville se rajeunit aussi. Déjà Charles VI avait fait paver et soigneusement nettoyer les rues et les places, écouler les immondices dans des canaux et amélioré l'éclairage. Le goût des bâtisses déjà nouvellement encouragé par l'Empereur Léopold I prit sous Charles VI un essor considérable dont les effets rétroactifs s'étendirent jusqu' aux temps de Marie Thérèse et de Joseph II.
Pendant que Charles VI s'occupait de préférence à bâtir des palais, les derniers Princes enrichissaient le Gouvernement de bâtiments publics destinés à son administration. Le^Glacis, qui portait encore des traces évidentes du second siège des Turcs, fut arrangé en prairies par Joseph II, qui y fit planter des arbres et tracer des allées et des promenades afin de servir de lieu de recréation à la population.
Nous possédons une échelle de la floraison — matérielle et intellectuelle — de la ville non seulement en ce qui concerne le riche développement des sciences et des arts, du commerce et de l'industrie, mais aussi des progrès dans l'extension des faubourgs et de leur population. Déjà sous l'Empereur Joseph, ceux ci dans leur nouvelle configuration après le siège des Turcs avaient formé une ceinture dont la ligne presque non interrompue enfermait la ville intérieure dans toutes les directions. D'année en année s'élevaient de nouveaux rangs de maisons, car Vienne était pour les provinces un grand centre d'attraction.
Le tableau synoptique suivant nous montre par la comparaison dans quelle proportion le nombre des maisons et de la population s'est augmenté depuis l'année i-;83 à i85y:
cm
Maisons
Habitants
Maisons Habitants
Innere Stadt . . .
i.3og
Leopoldstadt . .
Brigittenau . . .
Zwischenbrûcken .
Jâgerzeile . . . .