‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 107 sur 131 · S. STANISLAS · texte numérisé non relu

S. STANISLAS

ÉVÊQI'E DE CRACOVIE E.N POLOGi\E , IIARTYE.

(7 mai.)

Stanislas Sezepanowski fils de Wieiislas et dû Bogna, tous deux des plus illustres familles de Pologne, naquit le 26 juillet io3o à Sezcpanow, dans le diocèse de Cracovie. Il ne vint au monde qu'au bout de trente ans de mariage et lorsque ses parents avaient perdu toute espérance d'avoii: dos cnfantst,aussi le reçurent-ils comme un présent du ciel,, et pour mieux marquer à Dieu leur reconnaissance ils lui consacrèrent leur lils dès le berceau. Ils eurent grand soin de le former de bonne heure h la vertu. Lein*s instructions étalent d'autant plus efficaces qu'ils y joignaient fexcmple d'une rarepiélé, d'un tendre amour pour les pauvres et d un parfait détachement du monde.

Le jeune Stanislas se montra digne fils de ses parents. Quoique dans un âge où fou n'a de goût que

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pour la frivolité, il aimait singalièrenient la prière ainsi que les exercices d'une vie sérieuse et mortifiée. Il gardait dans ses repas la plus exacte sobriété. Souvent il loi arrivait de coucher sur la terre nue et de souffrir volontairement le froid et plusieurs autres incommodités. Ses parents admiraient en lui les effets de la grâce, et loin de le troubler dans ses exercices par une tendresse mal entendue, ils l'exhortaient a y persévérer afin de se rendre de jour en jour plus agréable au Seigneur. Il faisait aussi de rapides progrès dans l'étude des lettres ; mais le désir qu'il avait d'apprendre n'approchait point de celui qu'il se sentait pour se perfectionner dans la piété. Les amusements lui étaient insipides, et il ne se permettait de récréation qu'autant qu'il lui en fallait pour ne pas altérer sa santé. Il déposait secrètement dans le sein des pauvres l'argent qu'il recevait de sa famille pour des plaisirs légitimes. Lorsqu'il fut plus avancé en âge il alla continuer ses études h. Gnesne, où était la première université du royaume de Pologne; ses parents l'envoyèrent ensuite à Paris. Sa douceur, sa modestie, sa simplicité et sa candeur, jointes à de très heureuses dispositions pour les sciences, le firent partout chérir et admirer de ses maîtres et de ceux qui le connaissaient. Après avoir étudié sept ans le droit canoni • que et la théologie, il ne tenait qu'à lui de prendre le grade de docteur qu'on lui offrait ; mais il le lefusa constamment par humihté. Il ne pensa plus qu'hretournerenPologne. Lamortde son père et de sa mère l'ayant rendu possesseur d'une fortune considérable, il disposa de tout ce qu'il avait en faveur des pauvres, afin de servir Dieu avec plus de liberté.

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Lampert Zula, évêque de Cracovie, qui connaissait la vertu et la capacité de Stanislas, l'ordonna prêtre et le fit chanoine de sa cathédrale* Quelque temps après il le chargea du soin d'annoncer la parole de Dieu. Stanislas s'en acquitta avec un succès étonnant. Ses discours produisirent une réforme générale dans les mœurs, et engagèrent même plusieurs personnes h quitter le monde pour suivre Jésus-Christ. 11 avait la confiance de toute la Pologne. Un grand nombre de laïques et d'ecclésiastiques venaient le consulter sur les affaires de leur conscienceet luidemanderréclaircissemcnt de leurs doutes. Lampert ne cessait de remercier Dieu de lui avoir donné un si excellent ouvrier. Son unique désir était de l'avoir pour successeur; il le pressa donc d'accepter la démission de son évêché : mais le saint par humilité ne voulut jamais acquiescer à cette proposition.

Cependant le siège de Cracovie devint vacant par la mort de Lvimpert. Stanislas fut élu pour l'occuper, et ce choix eut une approbation universelle. Il ne voulait point encore se rendre, tant il craignait le fardeau de l'épiscopat. Le pape Alexandre II, informé de ce qui se passait, lui ordonna d'acquiescer aux vœux réunis du roi, du clergé et du peuple. Le saint cessa pour lors de résister, de peur d'aller contre la volonté de Dieu qui se manifestait si visiblement. La cérémonie de son sacre se fit en 1072.

Stanislas, se voyant revêtu d'un si auguste caractère, résoUit de \ivre d'une manière conforme à son éminente dignité. Sa maison devint le refuge des pauvres, et il se fit donner une liste exacte des

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veuves et de tous ceux qui étaient dans le besoin. Son zèle pour ses fonctions et surtout pour le ministère delà parole ne connaissait aucunes bornes; il le rendait efficace par les austérités de la pénitence et par l'exercice d'une prière continuelle. Tous les ans il visitait son diocèse et apportait un prompt remède aux désordres qui pouvaient s'être glissés tant parmi les laïques que parmi les ecclésiastiques.

La Pologne avait alors pour roi Boleslas IL Ce prince s'était acquis de la gloire parle succès de ses armes; mais il se déshonora en même temps par des actes si horribles de tyrannie et d'injustice qu'on lui donna le surnom de Cmei. Rien ne le rendit phis odieux à ses sujets que ses infâmes débauches. Quoiqu'il fut marié, il ne rougissait pas de faire violence h des femmes de qualité. Il n'était même plus retenu par cette pudeur qui fait chercher des ténèbres au crime; il s'oublia jusqu'à le commettre en public. De tous ceux qui l'approchaient il n'y en avait pcis un seul qui osât l'avertir de ses désordres, tant on craignait les suites de ses emportements.

Stanislas, plus courageux que les courtisans, se iiasarda de l'aller trouver. Il lui représenta en particulier i'énormité de ses crinies et le scandale affreux qui en résultait. Le prince voulut d'abord s'excuser; mais le saint évêque le pressa si vivement par ses raisons qu'il parut se repentir et avoir quelque en\ie de se corriger. Malheureusement cette impression ne %t point durable. Le roi retomba dans ses désordres et conçut de l'aversion pour Stanislas qui n'avait pas rraint de lui dire la

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