SAINTE MARGUERITE
Marguerite regardait le royaume d'Ecosse comme une grande famille dont elle était la mère. Sachant que le bonheur des peuples est inséparable de la pratique de la religion, elle s'appliqua surtout à réformer les abus et h bannir l'ignorance dans laquelle croupissait la plupart des Ecossais par rapport à leurs principaux devoirs. Son premier soin fut d'établir partout des ministres et des prédicateurs zélés. Elle appuyait de son autorité les ecclésiastiques et les magistrats afin qu'ils pussent arrêter pins efficacement le cours des désordres. Elle protégeait ' aussi ceux qui excellaient dans les arts et les sciences. L'amour des lettres, après avoir adouci la férocité des mœurs, éclaira les esprits, les rendit plus sociables et plus propres à la pratique des vertus morales. On admirait principalement en elle une tendre compassion pour les pauvres; souvent pour les assister elle se privait d'une partie de ce qui était destiné à ses propres besoins. Elle visitait les hôpitaux, où les malades ne pouvaient se lasser de contempler avec surprise son humilité et ses attentions. Malcolm entrait dans toutes ses vues et se j montrait son imitateur.
Comme la sainte dormait peu et qu'elle n'aimait point les amusements du monde^ il lui restait chaque jour beaucoup de temps pour ses exercices de piété. En carême et en avent elle se levait à minuit et allait à l'église pour assister h matines. Elle entendait plusieurs messes basses indépendamment de celle qui se chantait au chœur. Dans ses repas elle observait la plus rigoureuse sobriété. Tous les ans elle faisait deux carêmes, chacun de quarante jours, l'un avant Noël et l'autre avant Pâques.
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Malcolm se vit contraint de faire la guerre pour défendre ses états; mais ii fut tué en logn. Edouard, son fds, eut peu après le même sort. Les Ecossais ressentirent une grande douleur de cette double perte. Ces malheurs furent très sensibles à la reine: elle était au lit et très mal quand elle les apprit. Une lumière intérieure lui ayant découvert qu'elle approchait de sa fin elle voulut faire une confession générale de sa vie. Elle vécut encore après cela environ six mois. On ne l'entendit jamais se plaindre: sa patience était h. toute épreuve. Elle mourut dans les sentiments de la plus vive et de la plus tendre piété, le 16 novembre 1090, dans la quarante septième année de son âge. Elle fut canonisée en i^Si par Innocent IV. En iGgS Innocent XII fixasaftte au 10 de juin.
S. ML LE JELNE
ABBÉ
(2G septembre.)
En 976 Théophylactc, métropolitain de Calabre, accompagné de Léon, seigneur du pays, ainsi que de quelques prêtres et de plusieurs autres personnes, vint voir S. Nil le Jeune, moins pour s'édifier par ses discours que pour connaître son savoir et son érudition. J\il s'en aperçut. Après avoir salué honnêtement la compagnie et fait une courte prière il présenta à Léon un livre où étaient diverses maximes concernant le petit nombre des élus. Comme on les trouvait trop sévères, le saint prouva qu'elles étaient conformes aux principes établis TOME IV. 21
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par l'Évangile, par S. Paul et par les pères de l'Église. « Elle vous paraissent, dit-il, effrayantes parcequ' elles sont la condamnation de votre conduite. Si vous ne vivez tous saintement, vous ne pourrez échapper aux tourments éternels. » Ces paroles jetèrent la crainte dans l'ame de tous les auditeurs, et ils exprimèrent par leurs gémissements et leurs soupirs les sentiments qu'ils éprouvaient. Quelqu'un de la compagnie ayant demandé au saint abbé si Salomon était damné ou sauvé, il répondit : « Que vous importe de savoir si Salomon est sauvé ou ne Test pas? Ce qu'il vous importe de savoir c'est qttè Jésus-Christ menace de la damnation tous ceux qui commettent le péché d'impureté. » Il parlait de là sorte parcequ'il savait que celui auquel il adressait la parole était un impudique. « J'aimerais mieux savoir, ajouta-t-il, si vous serez damné ou si vous serez sauvé. Quant à Salomon, l'Ecriture ne parle point de sa pénitence comme elle fait de celle de Manassès. »
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