PROCONSUL DE CARTHAGE , ET SES COMPAGNONS , MARTYRS SOLS LES VANDALES
(23 mars.)
S. Victorien était citoyen d'Adrumète, et sortait d'une famille très distinguée. Hunéric, plein d'estime pour lui, l'avait fait gouverneur de Carlliage, avec le tilre de proconsul : il ne pouvait mieux placer sa confiance ; Victorien lui était im iolablement attaché. Le prince n'eut pas plus tôt publié ses édits contre la foi catholique qu'il chercha tous les moyens
s. PERPÉTUE. 47
de gagner le proconsiii. Il lui envoya dire que s'il voulait obéir h ses ordres et embrasser sa religion il le tiendrait pour le plus cher de ses officiers, et le comblerait de toutes sortes d'honneurs. Victorien répondit généreusement aux envoyés : « Allez dire au roi que je mets ma confiance en Jésus-Ghristj qu'ainsi il peut me condamner aux flammes, aux bêtes ou à tel supplice qu'il voudra. Je ne consentirai jamais à quitter l'Eglise catholique, dans le sein de laquelle j'ai été baptisé. N'y eût-il point d'autre vie que celle-ci, je ne voudrais pas me rendre coupable d'ingratitude envers le Dieu que j'ai le bonheur de connaître, et qui a versé snr moi les grâces les plus précieuses. » Cne réponse aussi ferme rendit le tyran furieux : il condamna Victorien aux plus cruels supplices; le saint les souffrit avec joie, et mérita de remporter la couronne du martyre.
S. PERPETIE, VULGAIREMENT^, PERPET,
ivÊQUE DE TOURS.
(8 avril.)
Rien ne prouve mieux combien S. Perpétue aimait les pauvres que son testament, qui est parvenu jusqu'à nous, el qu'il signa le i*^"^ mars 47 ^ quinze ou seize ans avant sa mort. Il y remet d'abord \x ses créanciers tout ce qu'ils pouvaient lui devoir; ensuite, après avoir légué sa bibhothèque et quelques fonds à son église, il institue les pauvres ses héritiers. Voici de quelle manière il commence : « Au nom de Jésus-Christ, ainsi soit-il. Je, Perpétue, pécheur, prêtre de l'Eglise de Tours, n'ai
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pas voulu mourir sans avoir fait connaître mes dernières volontés, de peur que les pauvres ne fussent oubliés dans le partage de mes biens. «Peu après il continue ainsi : « 0 vous qui êtes mes entrailles, mes frères bien aimés, ma couronne, ma joie, mes seigneurs, mes enfants ! ô vous, pauvres de Jésus-Christ, qui êtes dans l'indigence, qui mendiez votre pain, malades, veuves et orphelins ! je vous déclare, vous nomme et vous institue mes héritiers. A l'exception de ce dont j'ai disposé ci-dessus, je vous lègue et vous donne tout ce que je possède en terres, enpâturagesj en prairies, en bois, en vignes, enmaisons, en jardins, en rivières, en moulins, en or, en argent, en habits et en toute autre chose. Je veux qu aussitôt après ma mort tous ces biens soient vendus, et que la somme provenant de la vente soit divisée en trois parties , deux desquelles seront distribuées aux hommes pauvres, à la discrétion du prêtre Agrarius et du comte Agilon ; la troisième sera remise à la vierge Dadolène pour être distribuée aux veuves et aux pauvres femmes. «Le saint ajoute de tendres exhortations à la concorde et à la piété , puis il lègue k sa sœur Fidia Julia Perpétua une petite croix d'or avec des rehques. Il léguait aussi différentes choses h ses aaiis et à ses prêtres, à l'un une chasse d'argent qui renfermait des reliques de saints, aux autres des croix et des calices d'or ou d'argent, les conjurant tous de se souvenir de lui dans leurs prières.
Fr.iiCIS HISTORIQUE. /^^
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