S. CASTOR
ÉVÊQUE d'aPT en PROVENCE.
(21 septembre^
S. Castor, né à Nîmes d'une famille illustre, se distingua dès sa jeunesse par la ferveur de sa piété et par l'abondance de ses aumônes. Il épousa une femme vertueuse, qui désirait comme lui tendre à la perfection. Ils s'engagèrent d'un consentement mutuel à vivre dans la continence, et bientôt après ils embrassèrentrunelTautre l'état monastique. Castor fonda un monastère à Mananclia ou Manancuegno, à deux lieues d'Apten Provence, et il en fut le premier abbé; mais il ne goûta pas long-temps les douceurs de la retraite ; on l'élut unanimement pour remplir le siège d'Apt. Les précautions qu'il prit pour se cacher furent inutiles, le peuple, qui voulait l'ai-oir pour pasteur, trouva le moyen de le découvrir
46 s. VICTORIEN ET SES COMPAGNONS.
Voyant qu'il ne pouvait résister à la volonté de Dieu, qui lui était manifestée si visiblement, il ne pensa plus qu'à remplir dignement les fonctions épiscopales. Brûlant de zèle pour le salut des âmes, il se rappelait souvent les paroles de S. Augustin : « Attirez à Dieu toutes les âmes que vous pourrez. Criez à tous : Aimons Dieu de toute notre force. Aimons tous ensemble celui qui est tout aimable, tout adorable. » Il ne perdit point de vue son monastère ; il regardaient an contraire ceux quiThabitaient comme la plus précieuse portion de son troupeau. Il pria le célèbre Cassien, abbé de Marseille, son ami, de composer pour eux une règle d'après les observances qu'il avait vu pratiquer en Orient. C'est ce que Cassien exécuta, l'an 420, par ses Institutions monastiques, qu'il dédia au saint évêque. Il écrivit ensuite pour l'usage de Castor, ses dix premières Conférences; mais, le saint étant mort avant qu'il les eût achevées, il les dédia h S. Léonce, évoque de Fréjus.