TOME IV
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par S. Picmi, é\ éque de cette ville, ii assembla ses soldats et les exhorta à quitter les idoles pour adorer le Dieu auquel ils étaient redevables de la victoire. De toutes parts on s'écria : « Nous renonçons aux dieux mortels; nous sommes prêts à adorer le vrai Dieu. » Le roi reçut le baptême, et avec lui plus de trois mille hommes de son armée, la plupart officiers. La conversion de Clovis répandit la joie dans tout le monde chrétien. C'était le seul souverain qui fût alors catholique. Depuis qu'il eut embrassé la foi il ne cessa de la protéger, exemple que ses successeurs ont imité pendant douze siècles et qui leur a mérité le titre de rois très chrétiens.
Plusieurs saints personnao;es illustrèrent alors l'bglise par l'éclat de leur vie et de leurs miracles; outre S. Rémi, que Ton regarde avec raison comme l'apôtre des Français, etsaiate Geneviève, patronne de Paris, on distingue entre tous les autres S. Benoit, né en Italie.
Dieu, qui le destinait à êtrelepèredelavie monastique en Occident, lui inspira le dessein de se retirer jeune encore dans une caverne, qui lui servit de demeure. Après trois années de retraite il fut découvert: des disciples s'attachèrent à lui en si grand nombre qu'il lui fallut bâtir pour eux jusqu'à douze monastères.
Le principal établissement de S. Benoît fut le monastère du Mont-Cassin, qui devint comme le centre de son ordre. Quand le saint abbé s'y rendit pour la première fois il restait sur cette montagne un temple d'Apollon, que les habitants des environs adoraient encorec Benoît brisa l'idole et l'autej, et convertit ce pauvre peuple. Dieu accorda à
pilicis msroRiQUE. 5i
son serviteur le don de prophétie, et fît éclater sa sainteté par un grand nombre de merveilles.
S. Benoît a laissé h. ses disciples une règle admirable, que presque tous les cénobites d'Occident ont fait profession de suivre.
Vers le milieu du sixième siècle de nouveaux troubles et de nouvelles erreurs nécessitèrent la convocation d un concile. Il se tint à Gonstantinoplc; il fut convoqué au sujet de l'afFaire dite des trois Chapitres. Après la mort de l'empereur Marcien le parti des eutychiens se leva en Egypte, et ses sectaires y comaiirent d'horribles violences. Ils s'efforcèrent d'affaiblir l'autorité du concile de Ghalcédoine, qui les avait condamnés, et voici le moyen qu'ils mirent en œuvre pour y réussir. Du temps de Nestorius il avait paru trois ouvrages favorables à cet hérésiarque. Ces trois ouvrages, que l'on nomma lestrois Chapilres, étaient répréhensibles; mais deux àe leurs auteurs semblaient les avoir rétractés en anathématisant Xestorius dans le concile do Ghalcédoine. Les eutychiens, qui cherchaient à décréditer ce concile, voulurent tirer parli contre lui de ce silence à l'égard des trois Chapitres, et de ce qu'il en avait regardé les auteurs comme orthodoxes: ils poursuivirent avec chaleur la condamnation des ti'ois Chapitres. Les catholiques, quoiqu'ils n'approuvassent pas la doctrine de ces écrits, craignaient qu'en les condamnant on ne parut donner atteinte au concile de Chalcédoine, et que cette condamnation ne fut un sujet de triomphe pour les eutychiens.
Enfin on se décida à convoquera Gonstantinoplc un second concile, qui fut le cinquième dos conciles
œcuméniques. On y examina les trois Chapitres et on les condamna, mais sans donner atteinte au concile de Chalcédoinej au contraire il fut jugé devoir tenir le même rang que ceux qui l'avaient précédé, et faire comme eux une règle de foi. Ainsi les eutychiens ne purent tirer aucun avantage de leur en treprise. Au reste on voit dans ce concile de Constantinople un exemple remarquable du pouvoirque FEoiise a de condamner des écrits, de prononcer sur le sens des livres et d'exiger que les fidèles se soumetient à son jugement.
L'Église dans le sixième siècle fit des conquêtes importantes sur l'hérésie et sur l'infidélité, et reçut dans son sein des peuples entiers. Les Yisigoths en Espagne, les Lombards en Italie, les Bourguignons dans ica Gaules, abandonnèrent farianisme pour reconnaître la divinité de Jésus-Christ.
La foi avait été prêchée en Angleterre dès le second slèc'e, mais elle s'y était éteinte depuis que les Saxons idolâtres avaient fait la conquête de cette île. A la fin du sixième siècle le pape S. Gi'égoireie-Grand y envoya quarante religieux, h qui il donna pour chef Augustin, l'un de ses disciples. Les saints missionnaires, ayant abordé dans lîle, se mirent à prèclîcr rÉvangiie, et touchèrent un grand nombre d'idolâtres. Le roi lui-même, frappé de leurs vertus et de leurs miracles, demanda le baptême, et sa conversion fut suivie de celle de la plupart de ses sujets.
Pour donner une forme à TÉglise naissante d'Angleterre S. Augustin, par Tordre de S. Grégoire, fut consacré évêque. Ses prédications furent si efficaces qu'en un seul jour on baptisa plus de dix