‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 14 sur 131 · SAI>TE GENEVIÈVE, VIERGE · texte numérisé non relu

SAI>TE GENEVIÈVE, VIERGE

mille personnes à Cantorbéry. A mesure que les conversions se multipliaient^ le pape envoyait de nouveaux missionnaires. Il fit venir h Rome de jeunes Anglais, que Ton instruisait dans les menas tères pour les envoyer ensuite dans leur pays tra vailler à y étendre la religion chrétienne. C'est ainsi que cette grande île fut gagnée h Jésus- Christ.

SAIiME GENEVIÈVE,

VIERGE ET PATRONNE DE PARIS. (3 janvier.)

Le village de Nanterre , situé à deux lieues de Paris, eut la gloire de produire sainte Geneviève : elle y naquit vers l'an 422. Son père se nommait Sévère et sa mère Géronce. Elle avait sept ans lorsque S. Germain d'Auxerre et S. Loup de Troyes , qui allaient combattre fliérésie de Pelage dans la Grande-Bretagne, vinrent coucher h JNanterre. Les deux saints évêques y furent h peine arrivés qu'ils sévirent environnés d'une grande mullilude de peu pie qui demandait leur bénédiction. Geneviève so trouva dans la foule avec ses parents; mais S. Germain sut la discerner h la faveur d'une lumière subite que lui communiqua l'esprit de Dieu. Il la fit approcher avec ses parents , auxquels il prédit la sainteté future de leur fille; il ajouta qu'elle effectuerait la résolution qu'elle avait prise de servir Dieu, et que son exemple contribuerait à la sanctification des autres. Geneviève lui ayant dit ensuite qu'elle désirait depuis long-temps de vivre dans une virginité perpétuelle et de n'avoir d'autre lilrc que celui

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d'épouse de Jésus-Christ, il lui donna sa bénédiction pour la consacrer h Dieu dbs ce moment , puis il la mena à l'église du lieu, accompagné de tcut le peuple qui s'était assemblé autour de lui. Durant le chant des psaumes et des prières, c'est à dire durant la récitation de none et de vêpres , il eut la main étendue sur sa tête. Il la retint encore pendant le repas et ne la renvoya qu'après avoir fait promettre à son père qu'il la lui ramènerait le lendemain malin avant son départ.

Sévère et Géronce se rendirent chez le saint avec leur fille à l'heure marquée. Il demanda à Geneviève si elle se souvenait de la promesse qu'elle avait faite à Dieu. « Oui, répondit-elle, je m'en souviens, et j'espère y être fidèle avec le secours de la grâce. » Le saint évêque, charmé d'une si belle réponse, l'exliorta a persévérer dans les mêmes sentiments. Il lui donna ensuite une médaille de cuivre où était gravée la figure de la croix, en lui recommandant de la porter toujours à son cou afin de se rappeler sans cesse la consécration qu'elle venait de faire à Dieu de sa personne. Il lui dit encore qu'en qualité d'épouse de Jésus-Christ elle devait renoncer aux colliers de perles, aux bracelets, aux bijoux d'or et d'argent, et à toutes les parures mondaines.

Depuis ce temps-là Geneviève se regarda comme séquestrée du commerce des hommes, et malgré son extrême jeunesse elle n'eut plus d'ardeur que pour les exercices de la piété chrétienne. Elle ne s'estimait jamais plus heureuse que quand elle pouvait aller à l'église. On rapporte à ce sujet une chose tien frappante. Géronce, allant un jour à l'église ,

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ne voulut point y mener sa fille avec elle. Geneviève, pénétrée de douleur, la conjura avec larmes de lui permettre de l'accompagner. Toutes ses instances lurent inutiles ; elle reçut même un soufflet de sa mère, qui ne connaissait pas le motif qui la faisait agir. Mais Dieu punit bientôt ce trait de vivacité en privant Géronce de l'usage de la vue. Il permit ensuite qu'elle fût guérie en se frottant deux ou trois fois les yeux avec de l'eau que sa fille avait tirée au puits, et sur laquelle elle avait fait le signe de la croix. Elle avait été aveugle pendant plus de vingt mois.

Lorsque la sainte eut atteint l'âge de quinze ans on la présenta à l'évêque du pays avec deux autres vierges, afin qu'il leur donnât le voile sacré de la religion. Quoique Geneviève fût la plus jeune des trois, le pontife la mit à la première place en disant que le Seigneur l'avait déjà sanctifiée, paroles qui faisaient sans doute allusion à ce qui s'était passe en présence de S. Germain et de S. Loup. Lorsqu'elle eut perdu son père et sa mère elle se retira à Paris chez une dame qui était sa marraine ; elle y porta cet esprit de mortification qui lui avait fait embrasser les plus grandes austérités de la pénitence, surtout depuis son entière consécration au service de Dieu. Elle ne mangeait guère que deux fois la semaine, le dimanche et le jeudi; encore sa nourriture ne consistait-elle qu'en un peu de pain d'orge et des fèves. Elle s'interdit absolument Tusage du vin, ne buvant jamais que de l'eau. Elle continua ce genre de vie jusqu'à l'âge de cinquante ans, où quelques évêqucs exigèrent qu'elle usât d'un peu de lait et de poisson. Aux exercices de la morti-

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