‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 16 sur 131 · SAINTE GENEVIÈVE, VIERGE · texte numérisé non relu

SAINTE GENEVIÈVE, VIERGE

Tours. Le bruit de sa sainteté se répandit jusqu'aux extrémités du monde. S. Siméon Stylite donna des preuves publiques de sa vénération pour la servante de Dieu, et lui fit demander le secours de ses prières.

Le crédit de la sainte auprès de Dieu ne lui mérita pas moins la confiance que la vénération du peuple. Cette confiance parut surtout au siège de Paris par Cbildéric, roi des Français , et elle ne fut point vaine. Les assiégés étaient menacés de la famine, Geneviève se mit à la tête de ceux que Ton avait envoyés chercher des vivres, les accompagna jusqu'à Arcis-sur-Aube et jusqu'à Troyes, et leur procura un heureux retour , malgré les dangers auxquels on était exposé de la part des ennemis. Après la prise de la ville Cbildéric, quoique païen, rendit hommage à sa vertu, et fit à sa prière plusieurs actes de clémence. Il fut imité en cela par Clovis, son fils, qui accorda la liberté aux prisonniers toutes les fois que la sainte intercéda pour eux.

Geneviève avait une grande dévotion envers S. Martin de Tours et S. Denis de Paris. Elle alla plusieurs fois visiter les reliques du premier ,* quant au second, elle lui fit bâtir ainsi qu'aux compagnons de son martyre une église dans le lieu où ils avaient répandu leur sang pour Jésus-Christ. Ce fut elle encore qui forma le projet de la basilique des apôtres S. Pierre et S. Paul, commencée par Clovis et achevée depuis par sainte Clotilde. Enfin , après une vie de quatre-vingt-neuf ans passée dans la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres , elle mourut le 5 janvier 5 12, cinq semaines après Clovis, le premier de nos rois chréliens. Son corps fut enterré au-

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près de celui de ce prince, dans l'enceinte de la nouvelle église des apûtres, qui n'était point encore unie.

Immédiatement après sa mort le peuple éleva sm^ son tombeau un oratoire de bois, qui subsista jusqu'à ce que l'église eût été achevée. Dans la suite on leva son corps de terre pour le renfermer dans une châsse magnifique faile par S. Eloi. Pour soustraire cette chasse à l'impiété des Normands on la transporta en 845 à Athis, puis à Draveil, et cinq ans après àMarisy, près deLa-Ferté-Milon, d'où elle fut rapportée à Paris en 855. La chasse que l'on voit aujourd'hui élevée. derrière le grand autel fut faite en 1 242 par les soins de l'abbé de Sainte-Geneviève. Il y entra, dit-on, cent quatre-vingt-treize marcs d'argent et huit marcs d'or; elle est presque toute couverte de pierres précieuses données par des rois et des reines de France.

La ville de Paris a souvent obtenu des grâces signalées par la puissante intercession de sainte Geneviève. Nous citerons entre autres la guérison de cette cruelle maladie appelée des Ardents, parccqu'elle consumait ceux qui en étaient attaqués par un feu secret et meurtrier. En vain l'art des médecins mit tout en œuvre pour trouver des remèdes contre cet horrible fléau. Etienne, évêque de Paris, prélat d'une sainteté éminente, ordonna des jeunes et des prières publiques dans l'espérance que Dieu se laisserait enfui fléchir ; mais la maladie continua toujours ses ravage^, et ils ne cessèrent qu'après une procession solennelle où l'on porta la châsse de sainte Geneviève à la cathédrale. Lorsqu'elle fut à l'entrée de l'église tous les malades recouvrèrent sur-le-champ une parfaite santé, h l'exception de

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trois, qui sans doute avaient manqué de foi. Ceci arriva sous le règne de Louis-îe-Gros , l'an 1129. Le pape Innocent II, qui vint en France l'année suivante, ordonna, après avoir constaté la vérité du miracle, qu'on en célébrerait tous les ans la mémoire <26 novembre. L'église anciennement appelée Sainte- G ciiaHcve ta P et lte])vii\e nom de Sainte-Geneviève des Ardents, h cause du même miracle. C'est depuis ce temps-lh que dans les calamités publiques on porte processionnellement h la cathédrale la chasse de sainte Geneviève avec celles de S. Marcel, de S. Aure , etc.

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