‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 15 sur 131 · SAINTE GENEVIÈVE, VIERGE · texte numérisé non relu

SAINTE GENEVIÈVE, VIERGE

fication elle joignait une inviolable pureté de corps et d'esprit, une humilité profonde, une foi vive, une charité ardenle, une oraison presque continuelle et un esprit de componction qui , quand elle s'entretenait avec Dieu dans la prière, donnait h ses yeux une source abondante de larmes. La ferveur avec laquelle elle se portait h l'accomplissement des préceptes et des conseils évangéliques était récompensée de CCS consolations intérieures que l'on ne trouve .point dans les folles joies du monde ; mais il fallait aussi que sa vertu fût éprouvée par le feu des tribulations. Dieu permit donc qu'il se format contre elle une espèce de ligue générale. Ses ennemis décriaient déjà son genre de vie, et cherchant à la perdre ils crurent en avoir trouvé l'occasion dans 1 ingénuité avec laquelle elle parla des faveurs extraordinaires, que l'Esprit saint lui avait communiquées. Ils la traitèrent de visionnaire et d'hypocrite, et, à force de la charger d'imputations odieuses et flétrissantes, ils vinrent à boTit de trouver créance dans les esprits du peuple : cet orage dura jusqu'à l'arrivée de S. Germain d'Auxerre, qui passa par Paris lorsqu'il allait dans la Grande-Bretagne pour la seconde fois. Le saint prélat, très versé dans la connaissance des voies de Dieu , reconnut l'innocence de Geneviève, prit hautement Sci défense, et confondit les impostures de la calomnie. Mais le calme ne fut pas de longue durée, et la persécution ne tarda pas à se rallumer. Yoici quelle en fut l'occasion.

Attila, roi des îluns, était entré dans la France avec une armée formidable. Le bruit de sa marche répandit bientôt l'alarme dans Paris ; les habitants

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qui ne se crurent pas en sûreté dans leur ville, résolurent de l'abandonner et de se retirer dans quelque place mieux fortifiée. Geneviève , remplie de cette confiance en Dieu qui a rendu si célèbres les noms de Judith etd'Esther, ne perdit point courage au milieu d'une consternation si universelle; elle osa même promettre aux Parisiens qu^ils éprouveraient l'efFet de la protection divine s'ils avaient recours aux jeûnes , aux prières et aux veilles. Quelques femmes, touchées de ses discours, allèrent se renfermer avec elle dans le baptistère public, et y passèrent plusieurs jours dans les exercices de la prière et de la pénitence. Quant aux autres, ils traitèrent la sainte de fausse prophétesse; ils portèrent même la fureur jusqu'à vouloir attenter à sa vie, et l'on peut dire que c'en était fait d'elle sans l'arrivée de l'archidiacre d'Auxerre, qui venait lui apporter des eidoglcs de la part de S. Germain. Le saint évêque donnait à entendre par là qu'il faisait une grande estime de Geneviève et qu'il était uni de communion avec elle. Cette circonstance fit rentrer en eux-mêmes les plus acharnés d'entre les persécuteurs de la servante de Dieu; ils rougirent de l'indignité de leur conduite et prirent des sentiments plus conformes à l'humanité et à la religion. Quand ils virent ensuite que l'événement avait justifié la prédiction de la sainte et que les Huns avaient changé l'ordre de leur marche, ils conçurent pour elle une vénération qui ne fit que s'accroître ; car outre l'esprit de prophétie Geneviève avait encore le don des miracles, et on lui en vit opérer d'éclatants en divers lieux, principalement à Paris, à Meaux, à Laon, à Troyes , à Orléans et à

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