‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 18 sur 131 · NOTICE SUR BOECE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR BOECE

Boèce, nommé en latin Anitius Maniius Torqiiatus Severinus Boetius^ naquit à Rome en 470. Il n'avait que dix ans lorsqu'il perdit son père, qui avait été trois fois consul. On l'envoya à Alhènes pour continuer ses études. 11 revint à Rome dans la dix-neuvième année de son âge, et quelque lemps après il y fut déclaré patrice. Par cousidéralion pour sa famille il s'engagea dans l'état du mariage. La femme qu'il épousa se nommait Elpis ; elle était encore moins reconimandable par sa beauté que par sa piété et son savoir. C'est à elle que l'on aitribue les hymnes que l'Église chante à la fêle de S. Pierre et de S.Paul.

Le roi Théodoric, qui faisait sa résidence ordinaire à Spolette ou à Raveune, étant venu à Rome en 500, eut occasion de connaître Boèce particulièrement. II fut si charmé de la générosité de ses sentiments, )ointe à une grande étendue de connaissances et à une rare capacité pour les affaires, qu'il le fit maître du palais et des offices, les deux charges de la

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cour qui donnaient le plus d'auturité dans l'état et le plus d'accès auprès du prince.

Boèce se forma un système de politique fondé sur la vertu, et il mit (ont en œuvre pour le faire goûter à Théodoric. Non seulement il rem[iècha de persécuter les catholiques, mais il i'cngagca encore à les aimer e\ à les prendre sous sa protection. Il lui représentait que son trône s'affermirait à mesure que la vertu serait encouragée et récompensée; que la aloire d'un prince consiste à procurer le bonheur de ses sujets; qu'un roi, étant véritablement le père de son peuple, doit s'aj pliquer à le gouverner av( c bonté et avec sagesse; que ce dernier ariicle est le plus essentiel de ses devoirs; et que s'il le remplit fi lèlemenl il ne s'engagera point sans nécessité dans les guerres étrangères. Il vint à bout de lui persuader de diminuer les impôts, les richesses des paiticuliers étant la force du prince, et de ménager ses finances avec une sage économie. Sans celte économie, disait-il, l'état est méprisé au dehors, faible au dedans et malheureux de tous côtés; le peuple ne saurait vivre, le prince manque de secours, le st)Uiat est insolent: ce n'est p.irtout que misère et confusion. Il lui conseillait d'entretenir en temps de pai\ des troupes bien disciplinées, afin de donner du relief à la majesté royale et d'imprimer de la terreur aux puissances ennemies. Celait en ce sens que Théodoric avait coutume de dire, qu'on ne faisait jamais mieux la guerre qu'en temps de paix. Le sage et vertueux ministre d'état insistait fortement sur la nécessité de ne donner des places qu'au mérite, de faire observer strictement les lois, et d'en punir les traiisgresseurs avec sévérité. Il disait à ce sujet que la justice est le fondement du trône et la sûreté du peuple; qu'elle contenait dans le devoir ceux qui seraient tentés de devenir fourbes, voleurs,

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adultères; qu'elle inspirait une frayeur salutaire à ces hommes pervers qui opprimentlepeuple; qu'elle mettait un frein à la mauvaise volonté des ennemis du repos public; qu'elle bannissait en un mot tous les crimes qui troublent le repos de la société. Il exhortait le roi desGothsà protéger les sciences elles beaux- arts, ainsi que ceux qui les cultivaient avec succès, l'expérience montrant qu'une telle protection contribue beaucoup à encourager les talents, à perfectionner la raison humaine, à inspirer l'amour des vertus sociales, à augmenter et à entretenir le bonheur temporel d'un état. Il l'exhortait encore à être magnifique dans les édifices publics et dans certaines fêtes qui, n'étant point contraires à la religion, relèvent aux yeux du peuple l'éclat de la majesté royale.

Théodoric se conduisit quelques années d'après ces excellenles maximes, et se montra tel qu'il est dépeint dans son panégyrique par Eniiode. Son conseil était composé de tout ce qu'il y avait d'hommes habiles et vertueux, tels qu'un Cassiodore (qui depuis prit l'habit monastique dans la Calabre), un Boèce, un Ennode, etc.; et tandis que la barbarie avilissait les Français, les Visigolhs et les autres peuples qui partageaient entre eux les dépouilles de l'empire romain, la cour de Théodoric était le centre de la politesse. Les lettres étaient cultivées en Italie, et l'on y voyait briller quelques rayons de cet âge d'or qui a rendue e siècle d'Auguste si mémorable. Ou ne s'y apercevait presque pas qu'on était tombé sous la domination des barbares. Tant d'avantages firent qu'Amalasonte, fille du roi des (iollis, reçut une très bonne éducation. Heureuse l'Italie, si Théodoric ne se fût jamais démenti.

Boèce se délassait par l'étude de l'application aux affaires publiques : dans ses moments de loisir il s amusait à faire des instruments de mathématiques.

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Quelquefois il composait delà musique, et il envoya plusieurs pièces de sa composition à Clovis, roi des FîJ^çais. Il envoya aussi à Gondebaud, roi des Bourguignons, des cadrans pour tous les différents aspects du soleil, avec des hydrauliques qui, quoique sans roues, sans poids et sans ressorts, marquaient toutefois le cours du soleil, de la lune et des aslres, par le Xnoyen d une certaine quantité d'eau renfermée dans ane boule d'étain qui tournait sans cesse, entraînée |)ar sa propre pesanteur. Il avait lui-même travaillé à la construction de cesmachines. Les Bourguignons, ne comprenant pas comment elles pouvaient se mouvoir et marquer ainsi les heures, firent la garde nuit et jour pour s'assurer que personne n'y touchait. Convaincus de la vérité du fait, et ne pouvant en deviner la raison^ ils s'imaginèrent que quelque divinité résidait dans ces machines et leur imprimait le mouvement. Il se forma à cette occasion une correspondance entre Boèce et les Bourguignons, et le fruit de cette correspondance fut de disposer ceux-ci à recevoir les maximes de TEvangile.

Boèce fut long-temps l'oracle de Théodoric et l'idole de la nation des Goths. Les plus grands honneurs ne paraissaient point encore suffisants pour récompenser son mérite et ses vertus. Trois fois on l'éleva au consulat, et par une destinction unique il posséda cette dignité sans collègue en 510.

Après la mort d'Elpis il avait épousé Rusticîenne, fille dé Sjmmaque, et la plus accomplie de toutes les dames romaines. Il eut d'elle deux fils, qui, quoique jeunes encore, lurent désignés consuls pour l'année 5^2. C'était un privilège réservé aux fils des empereurs. Boèce avoue qu'il ressentit en cette circonstance toute la joie que peuvent procurer des honneurs fragiles. En effet il vit ses deux fil> portés sur un char de triomphe par toute la ville, accompa-

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gués tlu sénat et suivis d'un concours prodigieux; il eut lui-même une place au cirque au milieu des deux consuls, et là il reçut les compliments du roi et ceux de tout le peuple. Ce jour-là il prononça le panégyrique de Théodoric dans le sénat, après quoi ou lui donna une couronne, et on le proclama prince de l'éloquence.

31ais il ne tarda pas à éprouver l'inconstance des choses humaines, et on eut lieu de croire qu'il n'était monté si haut que pour faire une chute plus terrible. Ses amis, ses richesses, ses honneurs ne purent le garantir des coups de la fortune. Heureux toutefois dans sa chute, puisque sa vertu fut la seule cause de ses souffrances!

Théodoric, se voyant affermi sur le trône, se livra au penchant qu'il avait pour la tyranrn'e. En devenant vieux il devint mélancoli(iue, jaloux et plein de défiance pour tous ceux qui l'approchaient. Il donna sa confiance à Gonigaste et à ïrigille, Goths l'un et l'autre, et aussi avares que perfides. Ces indignes ministres, qui ne cherchaient qu'à assouvir leur rapacité , écrasèrent le peuple par des impôts excessifs. Dans une disette ils firent porter dans les greniers du prince le blé qu'ils achetèrent à très bas prix. Ils imaginèrent des prétextes frivoles pour écarter de la cour plusieurs personnes de mérite et de probité, entre autres Albin et Paulin. Boèce se chargea de porter aux pieds Je Théodoric les soupirs et les larmes des provinces; il le pria de la manière la plus pressante de laisser agir cette compass on dont il avait donné tant de preuves. Ses représentations furent inutiles. Le prince séduit ne voulut rien entendre. Boèce entreprit de faire un dernier cflort; il exposa au roi en plein sénat les manœuvres des sangsues publiques; il lui dit qu'il était prêt à lui obéir, et il l'assura en même temps de l'obéissance

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de tous les sénateurs. Nous respectons, ajouta-t-il, l'autorité royale dans quelques mains qu'elle puisse se trouver, et nous lui laissons la distribution de ses faveurs aussi libres que le sont les rayons du soleil. Nous osons cependant vous demander la liberté, qui a toujours été le plus précieux avantage de cet empire, et vous prier de nous pcrmeUre de vous exposer nos plaintes et de vous représenter qu'on abuse de votre confiance pour opprimer vos sujets contre votre intention. Les choses en sont venues à un point ({u'on ne peut plus être né riche impunément, et que d'avoir des biens est un titre pour éprouver les rapines de ceux qui causent le malheur publie. Les pierres elles-mêmes font retentir les gémissements du peuple. Daigtiez vous rappeler ces belles paroles qui sont si souvent sorties de votre bouche : « Il faut tondre le troupeau, et non pas l'écorcher. Il n'j^ a point de tribut qui puisse être comparé à l'avantage précieux qu'un prince relire de l'amour de ses sujets...» Nous vous conjurons de reprendre cet esprit qui vous faisait régner aussi bien sur les cœurs que sur les provinces; d'écouter ceux dont la fidélité ne peut vous être suspecte: de porter vos sujets dans votre sein, et de ne point les fouler anx pieds; de vous souvenir que le devoir des rois est non d'accabler le peuple sous le poids de l'autorité, mais de le rendre heureux; de penser que les princes doivent se comporter en pères et non en maîtres impérieux , et se laisser gouverner eux-mêmes par les lois. Ouvrez enfin les yeux sur la misère de vos provinces, qui gémissent sous d'horribles concussions, et qui sont obligées de satisfaire pfir leur sueur et leur sang l'avarice de quelques particuliers, qu'on peut comparer à un feu qui dévore et à un gouffre qui engloutit tout.

Théodoric regarda ce discours comme un acte de

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rébellion; il gagna une partie du sénat, et fit pro« noncer contre Boèce un décret de bannissemen*. Peu de temps après, c'est à dire en 523, lui et Symmaque, son beau-père, furent arrêtés et renfermés dans le château de Pavie. Trigille et Conigaste les accusèrent de haute trahison. Rien ne fut prouvé, mais cela n'empêcha pas que l'on ne condamnât Symmaque à être décapité en 52Zi. L'année suivante on fit mourir Boèce dans un château situé dans un désert également éloigné de Rome et de Pavie. On dit qu'on le tourmenta par le moyen d'une roue à laquelle était liée une corde qui lui tenait la tête, et qu'en tournant cette roue on le serra avec tant de violence que les yeux lui sortirent de la tête. On rélendit ensuite sur une poutre, où deux bourreaux le frappèrent avec des bâtons sur toutes les parties du corps depuis le cou jusqu'à la plante des pieds. Comme il vivait encore on l'acheva avec la hache ou l'épée. Ainsi mourut ce grand homme, le 23 octobre 525, dans la cinquante-cinquième année de son âge.

Les catholiques enlevèrent son corps et l'enterrèrent à Pavie. Deux cents ans après il fut transporté dans l'église do Saint-xiugustin de la même ville par Tordre de Luilprand, roi des Lombards, qui lui fit dresser un mausolée magnifique, que Ton voit encore aujourd'hui. L'empereur Othon III lui en fit élever un autre, sur lequel on grava des inscriptions très honorables.

Tous les biens de Boèce furent confisqués. Amalasonte, fdie de Théodoric, les fit rendre depuis à sa veuve, qui vécut jusqu'au temps où Bélisaire chassa les Goths d'Italie. Le général romain donna des ordres pour qu'on abattît toutes les statues de Théodoric, mais on épargna son tombeau, qui était à lia-

JO s. FlILGENCE, ÉVEQUE.

venne. Il subsiste encore aujcurd'hui, et il fait par sa beauté l'admiration des voyiigenrs.

Théodoric termina sa vie de la manière la plus tragique. Lorsqu'il eut condamné à mort les plus illustres membres du sénat il tomba d^ns une profonde mélancolie, et devint la proie de toutes les impressions affligeantes que produisent la crainte et la jalousie jointes aux remords d'une conscience agitée par le souvenir du crime. Environ trois mois après la mort du saint pape Jean il s'imagina que la tète d'un grand poisson qu'on lui avait servi à table était celle de Symmaque, qui demandait vengeancecontre lui. Il fut impossible de calmer ses frayeurs. Dans cet accès frénétique, on le porta sur son lit, et il pérît misérablement quelques jours après.

Il s'est fait plusieurs éditions générales des œuvres de Boèce, dont la plus ancienne est celle de Venise en 1491. Les livres delà Consolation de la Philosophie ont été imprimés séparément un grand nombre de fois, et traduits en presque toutes les langues.

S. FLLGE.\CE,

ÉVEQUE DE RUSPE.

(12 février.)

Fulgence, sorti d'une famille sénatoriale de Carthage^ naquit en 4^8, à Télepte , ville de laByzacène, 011 son père s'était retiré après l'invasion des Vandales. Sa mère, devenue veuve de benne heure, le fit élever dans la connaissance des lettres et des maximes de la piété chrétienne. Il répondit parfaitement aux soins que l'on prit pour son éducation

s. FULGENCE, ÉVÊQUE. ^l

SOUS ce double rapport. Tous ceux qui le connaissaient l'admiraient pour ses belles qualités , pour ses vertus et surtout par une tendre déférence pour sa mère, sans l'ordre ou Favis de laquelle il n'entreprenait jamais rien. Son mérite ne resta pas long-temps cacbé ; on jeta les yeux'sur lui pour la place de procurateur ou receveur-général des impôts de la Byzacène; mais à peine fut-il revêtu de cet emploi qu'il se dégoûta du monde. Alarmé du danger qu'il courait dans cet état, il fortifiait son ame par la prièi e, par de pieuses lectures, par des jeûnes rigoureux et par la visite fréquente des monastères. La lecture d'un sermon de S. Augustin sur la vanité du monde et sur la brièveté de la vie acheva de briser les liens qui l'attachaient au siècle.

Fauste, un des évéqucs catholiques chassés de leurs sièges par Hunéric, roi des Vandales, prince infecté de Ihérésie arienne, avait bâti un monastère dans la B yzacène. Fulgence le pria de le recevoir parmi ses disciples ; mais Fauste lui fit une réponse qui avait quelque chose de dur et de rebutant : « Est-il croyable, lui dit-il, qu'ayant été élevé dans la mollesse et les délices , vous puissiez vous faire à la pauvreté de notre genre de vie, à la gi^ossièreté de nos habits, à nos veilles et h nos jeûnes ? » Fulgence, les yeux baissés, répliqua modestement : « Celui qui m'a inspiré la volonté de le servir peut bien aussi me donner le courage nécessaire pour triompher de ma faiblesse. » Fauste, frappé de cette réponse ferme et humble tout h la fois, consentit h l'admettre pour l'éprouver. Fulgence eut de rudes assauts à soutenir, surtout de

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la part de sa mère ; mais l'ascendant que l'amour divin avait pris dans son cœur le rendit supérieur aux mouvements de la nature, qui ne doivent jamais contrebalancer l'oLéissance due a la voix du ciel.

Comme Fauste s'était assuré de la vocation du jeune novice, il le reçut dans sa communauté. Fulgence , au comble de ses vœux , ne s'occupa plus que des choses du ciel. Il laissa son bien à sa mère, afin qu'elle en prît l'administration jusqu'à ce que son jeune frère , auquel il devait revenir, fut en âge de le régir lui-même. Enfin il se livra avec la plus grande ardeur aux exercices de l'oraison et de la pénitence.

La persécution contre les catholiques s'étant rallumée, Fulgence, de l'avis de Fauste, se retira dans un monastère voisin; Félix, qui en était abbé, voulut l'associer au gouvernement de sa communauté; mais le saint, effrayé des dangers d'une place si importante, refusa de s'en charger; il consentit cependant dans la suite a en partager les fonctions avec Félix. Fuen de plus admirable que le concert avec lequel ces deux saints gouvernèrent le monastère pendant six ans. Quelque temps après une incursion des Aumides les força de se réfugier à Sicca-\énéria, ville de la province proconsulaire d Afrique. In prêtre arien du voisinage, informé qu'ils enseignaient la consubslantialité du Verbe, les fit arrêter et les condamna à être battus de la manière la plus barbare. Les ariens eux-mêmes en furent indignés , et leur évêque offrit a Fulgence de punir le prêlre s'il l'exigeait. Le saint répondit que la vengeance était interdite h un chrétien, et

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que pour eux ils ne perdaient ni le fruit de leur patience, ni la gloire d'avoir souffert des opprobres pour Jésus-Christ. Les abbés se retirèrent ensuite à îdidi^ sur les frontières de la Mauritanie.

Fulgéncc, animé du désir d'une plus grande perfection, s'embarqua à Alexandrie pour aller visiter les déserts de l'Egypte, renommes par la sainteîfî des solitaires. Le vaisseau ayant abordé en Sicile, Eulalius, évêqne de Syracuse, le détourna de ce voyage, en lui disant que le pays oà il allait était séparé de la communion de Pierre par un se là sme perfide, et qu'il faudrait qu'il communiquât avec les hérétiques ou qu'il fût privé des sacrements. D'après ces considéralions Fulgence resta en Sicile. De là il fit un voyage h Rome dans la vue de visiter les tombeaux des apôtres. Passant un jour par la place nommée Paima aurea, où il aperçut Théodoric, roi d'Italie, élevé sur un trône superbement paré, environné du sénat et de la cour la plus brillante : « Ah î s'écria-t-il à la vue de ce spectacle , si Rome terrestre est si belle quelle doit être la Jérusalem céleste ! Si dans cette vie périssable Dieu environne d'un si graml éclat les partisans et les amateurs de îa vanité quel bonheur, quelle gloire, quelle félicité prépare-t-il donc à ses :.aints dans le ciel 1 »

De retour en Afrique , où il fut reçu avec une jom incroyable , il bâtit dans la Byzacène un monastère : son humilité ne lui permit point d en prendre le gouvernement. Il alla se renfermer dans un petit monastère situé sur le bord de la mer, où il partageait son temps entre la lecture, la prière, le travail des mains cl les exercices de la mortificatiojî.

Pi usieuissii'ges étant depuis long-temps sans pas-

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