‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 19 sur 131 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

^4 s. FULGE>CE, ÉVÊQUE.

teurs légitimes , les évêques catholiques résolurent d'en ordonner. Fulgence, sachant que plusieurs villes Je voulaient avoir pour évêque, resta caché durant tout le temps des élections; il lut impossible de découvrir le lieu de sa retraite. Il ne reparut que quand il crut qu'il n'était plus question de lui. Cependant la ville de Ruspe était toujours sans pasleur ; elle demanda Fulgence, qui fut tiré malgré lui de sa cellule et ordonné du consentement du primat de Carthage. Cette nouvelle dignité n'apporta aucun changement dans sa manière de vivre. Il voulait bâtir un monastère h Ruspe , mais il ne put exécuter son projet parceque le roi Trasimond l'exila en Sardaigne avec six autres évêques catholiques. Quoiqu'il fût le plus jeune de ces respectables exilés, tous le consultaient dans leurs doutes et le regardaient comme leur oracle. 11 donnait modestement son avis sans jamais chercher à le faire prévaloir.

Le pape Symmaque pourvoyait aux besoins des confesseurs de Jésus-Christ; on a encore la lettre qu'il leur écrivit pour les consoler et les encourager. Fulgence fît une espèce de monastère de la maison qu'il habitait à Cagliari. Les affligés allaient y chercher de la consolation, et les pauvres y trouvaient une ressource assurée dans leurs misères. Le saint , dans sa retraite , composa plusieurs savants traités pour l'instruction et la consolation des fidèles d'Afrique.

Cependant Trasimond, informé que Fulgence était le plus puissant défenseur de la doctrine catholique, fut curieux de le voir et le manda à Carthage. Il lui fit remettre un recueil d'objections, avec ordre d'y donner une réponse nette et précise. Le saint lit sans hésiter ce qu'on exigeait de lui : le

s. FULGEKCE, ÉVÊQUE. y 5

roi en admira la solidité, sans renoncer toutefois h SCS préjuges. Il lui fit encore d'autres objections, qui furent refutées avec la même force. Il lui permit ensuite de venir à Cartha^e. Le zèle de Fulgence ne resta point oisif dans cette ville; il travaillait sans cesse à alFermir les fidèles et à démasquer les subtilités des hérétiques. Les ariens , furieux des pertes que leur secte faisait tous les jours, employèrent tant d'intrigues que Fulgence fut renvoyé enSardaigne. Ayant vu un catholique zélé fondre en larmes à l'occasion de ce nouvel exil, «Ne vous afïligez point, lui dit-il, mon absence ne sera pas longue; nous verrons la foi de Jésus-Christ fleurir dans ce royaume, et il sera bientôt permis d'en fiûre une profession ouverte. «L'événement justifia la prédiction.

De retour h GagUari, S. Fulgence bâtit un nouveau monastère. Il pourvoyait avec beaucoup de charité aux besoins des moines , mais il ne leur permettait jamais de rien demander. Sa maxime était qu'il fallait tout recevoir comme venant de la main de Dieu, c'est h dire avec résignation et avec reconnaissance.

Hildéric, qui en 5*^5 succéda au roiTrasimond, son père , avait toujours eu un penchant secret pour les catholiques. Il leur permit de rouvrir leurs églises. Malheureusement il ne soutint j)oint cette première démarche; comme il était d'un caractère faible , il m put se résoudre h quitter l'hérésie et ti professer ouvertement la vraie foi. Cependant les évoques orthodoxes furent rappelés» Le vaisseau qui les rapportait ayant abordé à Carlhage, cette ville fit éclater la plus grande joie; le rivago retentissait d'acclamations et de cris d'allégresse qui redoublèrent lorsqu'on vit paraître Fulgence.

h6 s. REMI, ÉVÊQL'E.

Notre saint évêque arrivé à Ruspe s'occupa de la réformation des abus qu'une longue persécution y avait introduits. L'activité de son zèle fut si bien tempérée par la douceur qu'il gagna les pécheurs les plus endurcis. Son humilité lui fit sacrifier jusqu'aux droits les plus incontestables. Il continua d'exercer avec ferveur les fonctions épiscopales jusqu'en 002. Durant sa dernière maladie, qui fut de soixante-dix jours et qui lui causait des douleurs très aiguës , il ne cessait de répéter ces paroles : a Seigneur, donnez-moi présentement la patience et ensuite le pardon. » Il mourut en 533, à fâge de soixante-cinq ans.

Les écrits de S. Fulgence annoncent un homme doué d'une grande pénétration d'esprit , qui savait éclaircir ses idées et les rendre avec précision ; mais la crainte de n'en avoir point dit assez pour bien développer sa matière l'a rendu diffus et l'a fait tomber dans des redites. Ses raisonnements sont solides et concluants, et porlent toujours sur l'autorité de l'Écrilure et de la tradition.

La plus complète de toutes les éditions des œuvres de S. Fulgence est celle qui parut a Paris en i684> in-4°. Celle de ses ouvrages sur la grâce , donnée à Rome en 17Ô9, par Foggini , est la plus exacte.

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