‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 23 sur 131 · VIERGE · texte numérisé non relu

VIERGE

(10 février.)

Sainte Scolastique , sœur de S. Benoît , se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse. On ignore en quel endroit était le premier monastère où elle se retira ; mais on sait qu'elle demeura aux environs du Mont-Cassin après que son frère s'y fut fixé, et qu'elle fonda un couvent de religieuses h. Plombariola, qui était au sud et à cinq milles du monastère de S. Benoît. Nous lisons dans S. Berlhaire , qui

serves de ces chutes qui ont souillé notre innocence ; 3° la vue d*un pécheur qu'on ne peut excuser, au lieu de nous inspirer de Torgueil, doit faire faire cette réflexion à chacun de nous ; Qui snit-jCp en comparaison de tant d'anxcs qui marchent à grands pas dans la carrière de la verlu! En suivant cette morale nous pratiquerons la maxime de S. Paul, qui nous ordonne de ne nous jamais préférer à qui que ce soit, et de nous placer toujours plus bas que Us autres. Si la nature corrompue se révolte, la charité qui juge toujours favorablement du prochain doit étouffer ses cris.

108 SAINTE SCOLASTIQTJE, VIERGE.

fut abbé du Mont-Cassin trois cents ans après S. Benoît, que notre sainte introduisit plusieurs personnes de son sexe dans les voies de la perfection ; et , comme au rapport de S. Grégoire , S. Benoît gouvernait des religieuses aussi bien que des moines , il est tout naturel de penser que cela regardait sa sœur et celles qui vivaient avec elle. Scolastique allait visiter son frère une fois par an; et S. Benoît, qui ne souffrait pas qu'elle vînt jusqu'à son monastère, la recevait, avec quelques-uns de ses religieux, dans une maison qui était à une petite distance du Mont-Cassin. Le temps qu'ils passaient ensemble était employé à louer Dieu et à parler de choses spirituelles. La dernière de ces visites fut accompagnée d'une circonstance bien remarquable. La voici telle que S. Grégoire la rapporte.

La sainte était allée visiter son frère selon sa coulume ; le jour s'étant passé à chanter des psaumes et h. conférer sur divers sujets de piété , ils prirent leur réfection ensemble sur le soir. Scolastique, qui prévoyait peut-être qu'elle ne reverrait plus son frère, le pria de différer son départ jusqu'au lendemain matin, et de lui accorder le temps de la nuit afin de le consacrer à un entretien sur le bonheur du ciel. S. Benoît, fidèle observateur de sa règle , dit qu'il ne la violerait point en passant la nuit hors du monastère. La sainte, affligée de ce refus , mit ses mains jointes sur la table et appuya sa tête dessus; puis, fondant en larmes, pria le ciel de s'intéresser en sa faveur. Sa prière était àpeine finie qu'il survint une pluie d'orage accompagnée d'éclairs et de grands coups de tonnerre; en sorte que ni S. Benoît ni ses religieux ne purent sortir de la maison.

L'homme de Dieu s'en plaignit à sa sœur en lui disant ; « Que Dieu vous le pardonne, qu'avez-vous fait? Je vous ai demandé une grâce, répondit-elle, et vous me l'avez refusée. J'ai eu recours au Seigneur, et il m'a exaucée. » S. Benoît fut donc obligé de rester avec sa sœur; ils veillèrent durant toute la nuit, uniquement occupés à s'entretenir delà félicité des saints, après laquelle ils soupiraient tous deux avec tant d'ardeur, et dont Scolastique était sur le point d'aller prendre possession. Ils se séparèrent le lendemain matin, et trois jours après notre sainte mourut dans sa solitude. S. Benoît, qui était alors en contemplation dans sa cellule, leva les yeux en haut , et vit monter au ciel Tame de sa sœur. Cette vision le remplit de joie. Il rendit grâce à Dieu, et apprit h ses disciples la nouvelle d'une si heureuse mort. Il en envoya quelques-uns d'entre eux au monastère de sa sœur afin qu'ils lui apportassent son corps , et quand il fut arrivé il le lit enterrer dans le tombeau qu'il avait préparé pour lui-même. Sainte Scolastique mourut vers l'an 543. On croit , d'après la relation du moine Adrevald , que ses reliques furent apportées en France dans le septième siècle avec celles de S. Benoît, et qu'elles furent déposées dans l'église collégiale de Saint- Pierre du Mans.

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