‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 28 sur 131 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

122 >OTICE SrPi LA ROSIÈRE BE SALENCY.

Par le titre de la fondation il faut non seulement que la Rosière ait une conduite irréprochable, mais que sa mère, ses frères, ses sœurs et autres parents, en remontant jusqu'à la quairième génération , soient eux-mêmes irrépréhensibles; la tache la plus légère, le moindre soupçon, le plus petit nuage dans la famille serait un titre d'exclusion.

Le seigneur de Salency a toujours été en possession du droit de choisir la Rosière entre trois filles natives du village de Salency. qu'on lui présente un mois d'avance. Lorsqu'il l'a nommée il est obligé de lafaire annoncer au prône de sa paroisse, afin que les autres filles, ses rivales, aient le temps d'examiner ce choix, et de le contredire s'il n'était pas conforme à la justice la plus rigoureuse. Cet examen se fait avec l'impartialité la plus sévère; ce n'est que d'après cette épreuve que le choix du seigneur est confirmé.

Le 8 juin, jour de la fête de S. Médard, vers les deux heures après midi, la Rosière, vêtue de blanc, frisée, poudrée, les cheveux flottants en longues boucles sur les épaules, accompagnée de sa famille et de douze fiiles aussi vêtues de blanc, avec un large ruban bleu en baudrier, auxquelles douze garçons du village donnent la main, se rend au château de Salency au son de divers instruments. Le seigneur ou son préposé et son bailli, précédés des mêmes instruments et suivis d'un nombreux cortège, la mènent à la paroisse, où elle entend les vêpres sur un prie- dieu placé au milieu du chœur.

Vêpres fîmes, le clergé sort processionnellcment avec le peuple pour aller à la chapelle de Saint-Médard : c'est là que le curé ou l'olficiant bénit la couronne ou le chapeaa de roses qui est sur l'autel. Ce chapeau est entouré à\m ruban bleu et garni sur le devant d'un anneau d'argent. Après la bénédiction €l un discours analogue au sujet le célébrant pose la

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couronne sur la tête de la Rosière^ qui est à genoux, el lui remet en même temps les vingt-cinq livres, en présence du seigneur et des officiers de sa justice. La Rosière , ainsi couronnée, est conduite à la paroisse, où l'on chante le Te Deum et une antienne à S. Médard.

On ne saurait croire combien cet établissement a excité à Saiency l'émulation des mœurs et de la sagesse. Quoique les h^ibîtants de ce village soient au nombre d'environ cinq cents, on assure qu'il n*y a pas un seul exemple de crime commis par un naturel du lieu, pas même d'un vice grossier^ encore moins d'une faiblesse de la part du sexe.

S. JEAN LE SILENCIAIRE,

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