‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 31 sur 131 · PRÊTRE · texte numérisé non relu

PRÊTRE

(7 septembre.)

S. Clodoald, vulgairement appelé S. Cload, est le premier prince du sang de nos rois que l'Eglise ait honoré d'un culte public. Il naquit en 5 2 2, et eut pour père Clodomir, roi d'Orléans, l'aîné des fils de sainte Clotilde. Il n'avait encore que trois ans lorsque Clodomir fut tué en Bourgogne. Clotilde, son aïeule, le conduisit à Paris avec ses deux frères, Théobald ou Thibaut et Gonthaire. Elle les aimait tous trois avec une extrême tendresse, et se préparait à leur donner une éducation conforme à leur auguste naissance. ; ^i--'

Mais Childebcrt, roi de Paris , et Clotaire, roi de

l5o s. CLOUD.

Soissons, oncles des trois princes, résolurent bientôt d'exécuter le projet qui leur avait été suggéré par leur ambition. Ils partagèrent entre eux le royaume d'Orléans, et trempèrent leurs mains dans le sang des deux aînés de leurs neveux. Gloud, par une protection spéciale de la Providence, échappa au massacre. Bientôt après il se coupa luimême les cheveux, cérémonie par laquelle il déclarait qu'il renonçait au monde et qu'il se consacrait au service de Dieu.

Depuis il trouva diverses occasions de recouvrer le royaume de son père, mais il ne voulut point en profiter. La grâce lui avait découvert le néant des grandeurs humaines; elle lui avait appris qu'un chrétien gagne plus à en être privé qu'à les posséder , que le véritable roi est celui qui sait se commander à lui-même et maîtriser les passions dont les princes de la terre ne sont que trop souvent les esclaves. Il remporta cette victoire sur ses penchants, et s'appliqua constamment à la conserver par la pratique de toutes les vertus du christianisme. La paix dont il jouissait dans sa petite cellule était inaltérable; il goûtait une joie solide qu'il n'eût pas voulu éciianger contre les délices des cours, dont les eharmes sont empoisonirés par le trouble, la confusion et l'inquiétude. Un habit pauvre lui paraissait préférable à la pourpre; ses désirs étaient satisfaits, et tous les jours il remerciait Dieu de l'avoir tiré de Babylone et de l'avoir préservé de sa corruption. Son mépris pour les choses de la terre augmentait h proportion des progrès qu'il faisait dans la vertu.

Ayant quitté sa première demeure, il alla se met-

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