‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 30 sur 131 · ERMITE EN LIMOUSIN · texte numérisé non relu

ERMITE EN LIMOUSIN

(6 novembre.)

S. Léonard, que le peuple appelle S. Liénard, était un seigneur français qui jouissait d'une grande réputation à la cour du roi Clovis I". Dieu se servit de S. Rémi pour le convertir h la foi, et il est probable que ce fut après la journée de Tolbiac. A peine eut il connu les obligations que le christianisme impose h ceux qui le professent, et les réconxpenses promises aux fidèles disciples de Jésus-Christ, qu'il résolut de renoncer au monde et de quitter la cour pour profiter des leçons et des exemples de celui auquel il était redevable du plus précieux des dons. Fidèle imitateur de son maître, il en retraça bientôt toutes les vertus , surtout le désintéressement, le zèle et la charité. Il prêcha la foi pendant quelque temps ; mais craignant d'être rappelé à la cour, et d'ailleurs brûlant d'un désir ardent de se cansaerer entièrement à Dieu dan:S la solitude, il partit secrètement, et se retira dans le territoire d'Orléans.

A deux lieues de cette ville était le monastère de Micy, fondé en 5o8 par S. Euspice. Il avait alors pour supérieur S. Maximin ou Mesmin, dont il prît le nom par la suite. Maximin, neveu du fondateur, était renommé pour son émincnle sainteté. Léonai^ se mit sous sa conduite et fit profession h Micy, où

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il trouva des morlèles de perfection, surtout dans son supérieur et dans S. Lie, qui embrassa depuis la vie ^monastique.

Après la mort de S. Mesmin, arrivée en 020, S. Lifard, son frère, qui avait renoncé au monde à l'âge de quarante ans, fonda un monastère à Meunsur-Loire. Ce monastère, qui a suLsisté jusqu'au onzième siècle, fut sécularisé en 1068, et changé en un chapitre de chanoines séculiers. Léonard, qui soupirait également après une solitude plus parfaite, quitta Micy vers le même temps. Il passa dans le Berri,oii il convertit plusieurs idolâtres. Il gagna le Limousin, et fixa sa demeure dans la forêt de Pauvain, à quatre lieues de Limoges. II se construisit un oratoire dans un lieu appelé Nobiliac ou Noblac. Des herbes et des fruits sauvages faisaient toute sa nourriture. Il fut pendant quelque temps inconnu aux hommes, et Dieu seul était témoin de l'&ustérité de sa pénitence. Son zèle l'ayant porté à instruire les peuples du voisinage, plusieurs de ses auditeurs furent singulièrement touchés de ses discours ; il y en eut même qui se sentirent animés du désir d'imiter son genre de vie. Ils allèrent donc le trouver dans son monastère, qui devint célèbre par la suite et auquel on donna le nom de Noblac, puis ^e Saint-Léonard de Noblac. Le roi, pénétré de vénération pour notre saint, dont les miracles répandaient au loinla réputation, lui fit don d'une partie considérable de la forêt où il vivait avec ses disciples.

Léonard étant encore dans le monde avait une grande charité pour les captifs et les prisonniers ; il travaillait avec un zèle infatigable à leur procurer

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tous les soulagements dont ils avaient besoin, et surtout à les retirer du vice ; il obtint même la liberté à plusieurs d'entre eux. Il se rendit particulièrement recommandable par la même vertu lorsque sa sainteté l'eut fait connaître au monde dans le Limousin. L'auteur de sa vie rapporte que quelques prisonniers furent miraculeusement délivrés de leurs chaînes par ses prières, et que le roi lui accorda par un privilège spécial de pouvoir quelquefois les mettre en liberté. Ce fut vers ce temps-lh que certains évêques et autres personnes illustres commencèrent à jouir du même privilège. Le saint ayant comblé la mesure de ses bonnes œuvres alla en recevoir la récompense dans le ciel, le G novtîmbre vers l'an ôog.

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