TOME IV
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ciples. s. Gai, retenu par la fièvre, ne put raccompagner : il bàlit depuis le monastère qui porta son nom , h quelque distance de celui qu'avait fondé son bienheureux maître.
Ce fut en 6i5 que notre saint abbé arriva en Italie, où Aigulfe, roi des Lombards, le reçut avec joie, xlidé de la protection de ce prince, il fonda le célèbre monastère de Bobio dans un désert , au milieu des montagnes de rAjennin, près de la rivière de la Trébia. Il fit bâtir aussi, sous l'invocation de la sainte Vierge, un oratoire dans le voisinaf^e duquel était une caverne où il se retirait pendant le carèmo et en d'autres temps de l'année; il ne paraissait alors au moiitistère que les jours de fêtes et les dim.anches.
L'affaire des trois chapitres ou écrits, que le cinquième concile de Constantinople et le pape Vigile avaient condamnés, comme favorisant le nestorianisme, faisait alors beaucoup de bruit on Italie. Les évêques d'Istrie et queiques-uns d'Afrique prirent la défense de ces écrits avec tant de chaleur qu'ils firent un schisme en se réparant delà communion du nape et de l'Eglise catholique. Les Lombards prenaient leur parti, sous prétexte que la condamnation des trois chapitres entraînait celle du concile de Chalcédoine. Ils agissaient ainsi parcequ'ils n'étaient pas bien instruits de ce qui s'était passé, et qu'ils jugeaient d après des relations vagues ou infidèles. Au reste cette ignorance du véritable état des choses ne doiî pr;s surprendre; l'Occident n'avait presque point de commerce avec l'Orient ; on y entendait peu la langue grecque, et ce qui se faisait I chez les Orientaux n'était connu que très impar- !
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laitement par la plupart de ceux qui habitaient rOccicIent. Le pape Grégoire-ie-Grand toléra la conduite de ces derniers, et surtout des Lombards, dont l'erreur venait d'ignorance; il continua de communiquer avec eux, espérant que les faits étant éclaircis ils ne se refuseraient plus de rendre hommage à la vérité. Il leur écrivait, il leur envoyait même des présents ; il entretenait une grande correspondance avec le roi Aigrdfe et la reine Théodelinde, recommandahles par leur zèîe et leur piété, qui avaient retiré les Lombards de Tarianisme et fondé des églises et des monastères.
S. Colomban, qui ne counaissail l'affaire des trois chapitres que d'après ce que lui en avaient dit bs Lombards, se déclara en faveur de ces écrits. Cédant aux sollicitations d'Aigulfe et de Théodelinde, ses protecteurs, il écrivit au pape BonifacelV une lettre où il prenait fortement la dt-fen^c des trois chapitres, et s'élevait contre le pape Vigile, prétendant que ce souverain pontife avait condamné le concile de Chalcédoine et était tombé dans la même faute que Libère, qui avait souscrit une formule de foi favorable aux ariens. Sa lellre même, dit un célèbre protestant, prouve qu'il n'était pas bien instruit de l'affaire qu'il traitait; elle fournil encore une preuve du zèle de Colomban j)our l'honneur du siège apostolique , et de la résolution où il était d'y rester inviolablemcnt attaché. Il persista dans les mêmes sentiments jusqu'à la mort, et ne se joignit jamais aux schisma tiques d 'si rie.
En France Thierri mourut quelques mois après l'assassinat de Théodebert, son frère, et eut pour successeur son fils Sigebert, encore enfant, sous le