ÉVÊQUE DE G A HORS
(15 novembre).
S. Didier naquit dans le territoire d'Alhi d'une famille noble de Gaulois, vers l'an 58o. Il fut élevé avec ses deux frères. Rustique et Siagrius, à la cour de Clolaire II. Rustique ayant embrassé l'état ecclésiastique fut fait diacre de l'église de Rhodez, puis abbé ou uiaitre de la chapelle du roi, et enfin évêque de Cahors. Siagrius fut comte d'Albi, et premier magistrat de Marseille.
Didier fit de grands progrès dans les lettres , et s'acquit beaucoup de célébrité par son éloquence. Il fut fait trésorier de l'épargne ou garde du trésor ^u roi, et il remplit cette charge avec un désintéressement admirable. Il vivait à la cour comme le religieux le plus exemplaire. Les moments qu'il pouvait dérober h l'exercice de sa charge étaient consacrés h la prière, à la lecture des livres saints et à la méditation de la loi du Seigneur. Il s'interdisait tous les plaisirs profanes, dont le propre est de porter la corruption dans le cœur. Il s'animait
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de plus en plus à la verlu par les conseils et les exemples de plusieurs saints personnages qui étaient alors à la cour, comme S. Arnoux, S. Ouen, S. Eloi. Il se sentait encore fortifié parles instructions contenues dans les lettres que lui écrivait la pieuse Erchénéfrèdc, sa mère. Elle lui recommandait surtout de ne point perdre de vue la présence de Dieu, de l'aimer, de le craindre, d'éviter tout ce qui pouvait l'offenser, d'être fidèle au roi, d'aimer ceux avec lesquels il était obligé de vivre, et de les porter par sa conduite à glorifier le Seigneur.
Le roi Dagobert eut comme Clotaire, son père, une grande confiance en Didier ; il le combla même de nouveaux honneurs. Il le donna pour successeur à son frère Siagrius, que la mort avait enlevé, à condition toutefois qu'il continuerait de rester à la cour. Peu de temps après Rustique, autre frère de Didier, fut assassinépar quelques scélérats de Cahor?. Un tel attentat fut puni comme il méritait de l'être. Lorsqu'on sut à Cahors que le roi verrait avec plaisir Didier succéder à Piustique, le clergé et le peuple s'empressèrent de le lui demander pour pasteur. Le brevet que le roi donna en celte occasion est trop remarquable pour que nous ne le rapportions pas.
«Dagobert, roi des Français, aux évéques, aux ducs et à tout le peuple des Gaules. jNous devons apporter nos soins a ce que noire choix soit agréable à Dieu et aux hommes ; et puisque le Seigneur nous a confié le gouvernement des royaumes , nous ne devons donner les dignités qu'à ceux qui sont recommandables par la sagesse de leur conduite, par la probité de leurs mœurs et parla noblesse de leur extraction. C'est pourquoi ayant re-
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connu que Didier, notre trésorier, s'est distingué par sa piété depuis sa jeunesse , comme un véritable soldat de Jésus-Christ sous la livrée du monde, et que la bonne odeur de ses mœurs angéliques et de la conduite vraiment sacerdotale qu'il a tenue s'est répandue jusque dans les provinces éloignées, nous accordons aux sullrages des citoyens et des abbés de Galiors qu'il soit leur évêque. Nous croyons que c'est la volonté de Dieu que nous suivons , puisque nous nous faisons violence à nous-même en nous privant d'un ofRcier si nécessaire. Mais, qtielque chose qui puisse nous en coûter, nous devons procurer aux églises des pasteurs qui conduisent selon Dieu les peuples que nous confions à leurs soins. C'est pourquoi, suivant la demande des citoyens et notre propre volonté, qui s'accorde avec la leur, nous voulons et ordonnons que Didier soit sacré évcque de Cahors, afin qu'il prie pour nous et pour tous les ordres de l'Eglise ; et nous espérons que par le mérite des prières d'un si saint pontife Dieu nous prolongera la vie. » CcL acte est du mois d'avril 629.
Didier, devenu évoque, se livra tout entier h l'exercice des fonctions augustes dont ilélait chargé ; il travaillait à détruire le vice et à établir le règne delà piété; il assistait les malheureux et ne se servait du crédit qu'il avait que pour la gloire de Dieu et l'avantage des pauvres. Il décora les églises et en fit bâtir de nouvelles. Avant lui il n'y avait point de monastère à Cahors; il en fit construire deux. Il choisit pour le lieu de sa sépulture le premier, qui était peu éloigné de la maison épiscopale et dédié en l'honnem' de S. Amand de Rhodez. Plusieurs
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fidèles, à son exemple fondèrent aussi des monastères, qui furent mis sous la règle de S. Colomb an ou de S. Benoît, qu'on tâchait alors de réunir autant qu'il élait possible. Il paraît que c'est par erreur qu'on a compté le monastère deMoissac parmi ceux qui furent alors établis ; on en rapporte communément la fondation au temps de Clovis. Notre saint étendit son zèle jusque dans l'Albigeois, et il y fit aussi de pieux établissements.
Son grand âge et ses infirmités l'avertissant qu'il approchait de sa fin , il fit son testament. Il légua tous ses biens à son Église , mais il lui recommanda en même temps de pourvoir à la subsistance des pauvres qu'il avait nourris. Il mourut dans le territoire d'Albi, le i5 novembre 654.