S. MARTIN, PAPE
gius et Pyrrhus, qui avaient occupé successivement le siège de Constant in ople, et Paul qui l'occupait alors. L'ecthèse d'Héraclius et le type de Constant y furent aussi condamnés. Le premier de ces édits contenait une exposition de la foi entièrement favorable à l'hérésie rognante ; le second était un formulaire qui imposait silence aux deux partis et qui défendait de parler d'une ou deux opérations en Jésus-Christ. « Le Seigneur, disent les pères de Latran, nous a commandé de fuir le mal et de faire le bien, mais non de rejeter le bien avec le mal,.. Nous ne pouvons abjurer tout h la fois l'erreur et la vérité. »
Olympius, chambellan de l'empereur Constant, fut envoyé en Italie en qualité d'exarque. 11 avait ordre d'ôter la vie à Martin ou de se saisir de sa personne, et de le faire conduire en Orient. En arrivant h Rome il trouva le concile assemblé. Les moyens qu'il employa pour exciter un schisme n'eurent aucun succès. Il eut recours à la perfidie dans l'espérance qu'elle lui réussirait mieux que la force ouverte. Il ordonna à un de ses écuyers de massacrer le pape lorsqu'il lui administrerait la communion dans l'égUse de Sainte-Marie-Majeure. L'exécution de cet ordre paraissait d'aulant plus facile que le pape communiait chacun h sa place. L'écuyer ne l'exécuta cependant pas; il déclara même depuis qu'il avait été frappé d'aveuglement et qu'il n'avait pu voir le pape. Olympius, que cet événement fit rentrer en lui-même, découvrit tout et fit sa paix avec S. Martin. Il partit ensuite de Piome et marcha contre les Sarrasins en Sicile : son armée y périt, et il y mourut de maladie.
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Théodore CalHope fut nommé exarque, et l'empereur l'envoya en Italie avec Théodore Pellurus, un de ses chambellans. Ils curent ordre d'arrêter le pape,qu'on accusait d'hérésie, parcequ'il condamnait le type; on l'accusait encore de nestcrianismc, mais avec aussi peu de fondemciit. Le nouvel exarque et le chambellan allèrent de Ravenne à Rome avec l'armée ; ils y arrivèrent le samedi i5 juin 653. Le pape, qui était malade, resta dans l'église de Latran et envoya saluer l'exarque par quelques personnes de son clergé. Celui-ci demanda où était Martin, disant qu'il voulait L'adorcr{\), ce qu'il répéta encore le lendemain. Deux jours après Calliope l'accusa d'avoir caché des armes. Le pape dit qu'il pouvait se convaincre du contraire en faisant faire une recherche dans son palais. La recherche fut faite, et il ne se trouva point d'armes. « Yoilà, dit alors le pape, comme on emploie toujours la calomnie contre nous. » Une demi-heure après les soldats l'arrêtèrent. Il était couché à la porte do l'église. Calliope fit voir au clergé un rescrit de l'empereur, qui portait que Martin devait être déposé comme indigne de la papauté. Mais le clergé s'écria: « Aiiathème h celui qui dira que le pape Martin a changé quelque point de ]a foi, et à celui qui ne persévère point dans la foi catholique jusqu'à la mort. 11 n'y a point d'autre foi que la vôtre, reprit Calliope, qui craignait la multitude, et je n'en ai point d'autre. — Nous
(1) Adorer et saluer signifiaient la même chose dans ce tempslà. On disait long-temps auparavant adorer l'empereur. GothO' fred. ad Le g. un. Cod. Thçod. de prœpositis sacri cubicuU; Saumaise, adlllst. AugusU