ABBÉ DE CORBIE
(26 avril.)
Ce saint, a qui Ton donna depuis ou qui prit luimême le prénom de Paschasc, naquit dans le Soissonnais sur la lîn du huitième siècle. Il se trouva sans ressource à la mort de sa mère, qu'il perdit encore enfant; mais les religieuses du monastère de Aolre-Dame de Soissons se chargèrent du soin de pourvoir à sa subsistance, et confièrent son éducation aux moines de Saint-Pierre dans la même ville. Après avoir fait quelques progrès dans les lettres et la piété, il reçut la tonsure cléricale. Malheureusement il oublia bientôt qu'il avait été consacré h Dieu; il retourna dans le monde et y mena quelque temps une vie toute séculière. Il reconnut sa faute, et pour l'expier il se relira dans le monastère de Corbie, où il fit profession sous S. Adélard ou Adalard, fondateur et premier abbé de cette maison.
Le nouveau religieux, se regardant comme un homme destiné par état à tendre à la perfection^, se fit un devoir d'observer ponctuellement tous les articles de sa règle et d^cmployer tous les moyens propres à s'attacher de plus en plus au Seigneur. Une prière fervente et continuelle sanctifiait tous les instants de sa vie. Use livra tout entier à l'étude des sciences qui avaient la rehgion pour objet, et s'y rendit très habile. Un si rare mérite le rendit cher à S, Adalard et à Wala, son frère et son suc-
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cesseur dans la dignité d'abbé. Il était de tous leurs voyages et comme l'ame de leur conseil dans les affaires les plus importantes. En 822 ils le menèrent a\^c eux en Saxe pour confirmer rétablissement de la nouvelle Corbie. L'empereur Louis-le-Débonnairc l'estimait singulièrement ; pins d'une fois il le chargea d'affaires difficiles, et il iieut jamais qu'à se louer de lui avoir donné sa confiance.
Pvadbert exerça dans son monattère la plus importante de toutes les fonctions, ceiie d'annoncer la parole de Dieu les dimanches et les fêtes; il donna aussi des leçons publiques à la jeraicsse, et l'école de Corbie acquit sous lui une très grande célébrité. On compte parmi ses disciples Adalard le Jeune, S. Anschaire, Hildeman et Eudes, qui furent successivement évêques de Beauvais, V\ arin, abbé de la nouvelle Corbie, etc. Tant d'occupations ne l'empêchaient point d'assister régulièrement au chœur, et l'étude ne lui parut jamais une raison suffisante pour être dispensé de l'observation de la règle.
En 844 il fut élu abbé de Corbie quoiqu'il ne fût que diacre. Deux ans après il assista au concile de Paris. Il assista aussi en 849 à celui qui se tint à Quercy contre Gotescalc. Les distractions nécessairement attachées à sa place lui- firent regretter l'état de simple religieux. Il offrit sa démission, qui ne fut acceptée qu'en 85i. Rendu à lui-même, il sfs retira dans l'abbaye de Saint-Riquier pour y mettre I la dernière main à quelques-uns de ses ouvrages.
De retour à Corbie, il vécut comme auparavant i dans la pratique de toutes les vertus, ne se distinguant des autres religieux que par sa modestie et son humilité. C'est par une suite de cette dernière