ÉVÊQUE DE MUIVSTER^ APOÏRE DE LA SAXE
(26 mars.)
S. Ludger naquit en 743; il fut élevé à la dignité dusacerdoce en 776, et sacré évêquedeMimigardefort, aujourd'hui Munster, en 802.
La conduite de ce saint évêque, tout irréprochable qu'elle était, trouva des censeurs. On le décria même auprès de Charlemagne : on le lui représenta comme un homme qui ruinait son évêclié et qui négligeait l'embellissement des éghses de sa juridiction. Le prince, qui aimait à voir des églises magnifiques, prêta l'oreille aux accusateurs de Ludger et lui ordonna de se rendre h la cour. Le saint obéit. Le lendemain de son arrivée un officier le vint avertir que l'empereur l'attendait. Ludger, qui disait son office, répondit qu'il irait trouver le prince aussitôt qu'il aurait fini. On le vint chercher trois fois de suite tant on s'ennuyait de son délai. Ses enne-
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mis ne manquèrent pas de lui en faire un nouveau crime. Lorsqu'il fut arrivé l'empereur lui demanda avec un peu d'émotion pourquoi il le faisait attendre si long-temps. « Je sais tout ce que je dois à votre majesté, répondit Ludger, mais j'ai cru que que vous ne trouveriez pas mauvais que Dieu eût la préférence. Quand on est à lui il faut oublier toutes les autres choses. D'ailleurs, en agissant de la sorte, je me suis conformé aux intentions de votre majesté, puisque après m'avoir choisi pour évêque elle m'a commandé de préférer le service de Dieu à celui des hommes. Cette réponse fit une telle impression sur l'empereur qu'il tint Ludger pour justifié des accusations formées contre lui. Il le traita avec distinction et disgracia tous ceux qui avaient voulu le perdre.
L'amour que S. Ludger avait pour la prière la lui faisait recommander fortement aux autres. Un jour qu'il vaquait à ce saint exercice avec ses clercs, il reprit sévèrement un d'entre eux qui avait paru seulement à l'extérieur occupé d'autre chose que de Dieu; il lui imposa même une pénitence de quelques jours. Outre le don des miracles, il avait encore celui de la propliétie. Il prédit les ravages que les Normands devaient faire dans l'empire français, et cela dans un temps où il ne paraissait pas qu'on eût rien à craindre de ces peuples. Il voulut aller travailler à leur conversion; mais il en fut empêché par Charlemagne, qui le jugeait nécessaire dans la AVestphalie.
SAINTE MAUÎIE, VIJÎRGE. 585
SAINTE MALilL .