S. ODON
ABBÉ DE CLUM.
(18 novembre.)
Odon, né h Tours en 879, était fils d'Abbon, seigneur de grande qualité. Il passa ses premières
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années auprès de Foulques, comte d'Anjou, et auprès de Guillaume, comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine, qui fonda depuis l'abbaye de Cluni. Il montra dès son enfance beaucoup d'amour pour la prière. Sa piété lui faisait regarder comme perdu le temps qu'il était forcé de donner à la chasse et aux autres amusements du siècle. A l'âge de dixneuf ans il reçut la tonsure, et fut nommé à un canonisât de l'Eglise de Tours. Il renonça alors à l'étude des auteurs profanes, et ne voulut plus lire que l'Écriture et les livres propres à nourrir dans son cœur la componction, la ferveur et l'amour divin. Il vint passer quatre ans à Paris pour y faire un cours de théologie. Étant retourné dans la ville de Tours, il se renferma dans une cellule pour se livrer uniquement à la prière et à la méditation des livres saints.
La lecture de la règle de S. Benoît acheva de le détacher du monde. \'oyant combien sa vie était éloignée des maximes de perfection qui y sont tracées, il résolut d'embrasser l'état monastique ; mais le comte d'Anjou refusa d'y consentir. Il resta donc encore près de trois ans dans sa cellule avec le compagnon qui suivait les mêmes exercices. Enfin, lassé des obstacles qu'il rencontrait, il se démit de son canonicat et se retira secrètement dans le monastère de Beaume, au diocèse de Besançon. S. Bernon, qui en était abbé, lui donna l'habit en 909. Il n'avait emporté avec lui que sa bibliothèque, qui consistait en une centaine de volumes.
L'année suivante, l'abbaye de Cluni, qui venait d'être fondée, fut mise sous la conduite de S. Bernon, qui eut à la fois le scouvernement de six mo-
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nastères. Après la mort de ce saint abbé, iîrrivéeen 927, les évêqucs du pays obligèrent S. Odon h prendre la conduite de trois de ces monastères ; savoir, Cluni, Massa3v et Déols. Il fit sa résidence dans le premier , qui devint bientôt célèbre par la régularité qui s'y observait, et par la sainteté de ceux qui l'habitaient. Il y établit Tobservance de la règle de S. Benoît dans toute sa pureté. Il recommandait surtout le silence, et disait h ce sujet que c'était une condition nécessaire pour^e sounir dans la solitude intérieure et pour se conserver avec Dieu. Après le silence il recommandait l'obéissance, l'humilité et le renoncement h soimême. Plusieurs monastères de différents pays embrassèrent sa réforme et se soumirent à sa juridiction; en sorte que la congrégation de Cluni devint bientôt aussi florissante que nombreuse. Mais cette austérité ne subsiste plus depuis long-temps à cause des mitigations qui ont été successivement introduites. Les papes et les princes avaient une grande confiance au saint abbé. Ils le chargèrent de plusieurs négociations importaHtes, où sa prudence et sa piété lui assurèrent un heureux succès.
Odon avait une singulière dévotion à S. Martin : ce qui lui fit désirer de mourir à Tours. Ayant été attaqué d'une maladie dont il prévit qu'il ne guérirait point, il se fit porter dans cette ville, où il mourut le 18 novembre 942. Il fut enterré dans l'église de Saint-Julien. Les huguenots ont brûlé la plus grande partie de ses rehques.
SAIiNTE MATHILDE,