ROI DE HONGRIE
(2 septembre.)
S. Etienne, premier roi chrétien de Hongrie, était fils de Geysa, quatrième duc des Hongrois, et de la princesse Sarîoth, son épouse. L'un et l'autre eurent le bonheur de connaître la foi de l'Évangile d'abord par quelques prisonniers chrétiens, ensuite parles instructions des vertueux missionnaires venus en Hongrie, qui y prêchèrent Jésus- Christ et y convertirent un grand nombre de Hongrois idolâtres. Le duc et la duchesse de Hongrie reçurent le baptême avec plusieurs des seigneurs de leur cour. Quelque temps après la duchesse devint enceinte, et crut avoir entendu S. Etienne, premier martyr, l'assurer dans une vision que l'enfant qu'elle portait achèverait d'exterminer le paganisme du milieu de son peuple. Cet enfant naquit en 977, et reçut au baptême le nom d'Etienne. Dès que son âge le permit, on lui donna pour gouverneur le pieux Théodat, comte d'Italie, qui lui inspira les plus grands sentimens de religion. Geysa, son père, étant mort en 997, Etienne se trouva à la tête du gouvernement. Son premier soin fut de faire uae paix solide avec tous ses voisins; il s'appliqua ensuite à concourir avec les missionnaires à la destruction de l'idolâtrie et à l'instruction du christianisme pour la conversion de son peuple. Il eut à combattre un des premiers seigneurs qui, à la tête de ses idolâtres, osa lui faire la guerre; Etienne lui livra
s. ETIENNE, ROI DE HONGRIE. 435
bataille, et remporta sur ce rebelle une victoire complète sous les auspices de la sainte Vierge et de S. Martin, qu'il invoqua avant le combat.
Ce prince fonda peu de temps après des monastères et dix évêchës, et envoya au pape Sylvestre II un ambassadeur pour obtenir la confirmation canonique de ses pieux établissements. Le pape lui accorda ce qu'il lui demandait, le reconnut roi de Hongrie, et lui envoya une ricbe couronne qu'il avait bénie et une croix qu'il lui permit de faire porter à la tête de ses armées. Etienne, informé du retour de son ambassadeur, alla au devant de lui, entendit debout la lecture des bulles de Rome et se fit ensuite sacrer roi. Après cette cérémonie solennelle il déclara par un acte public qu'il mettait tous ses états sous la protection de la sainte Vierge, h laquelle il fut tout dévoué, et bâtit en son honneur dans la ville d'Albe une magnifique église. Peu de temps après son sacre ce prince épousa Gisèle, sœur de S. Henri, roi de Germanie. Il publia un code de lois très sages, dont sa vigilance et l'exemple de ses vertus conservèrent l'observation dans tous ses états. 11 pratiquait sous le diadème les austérités de la pénitence, et se livrait tout entier aux devoirs de la religion et à ceux du gouvernement de l'état.
Sa vie, toujours saintement occupée, faisait l'admiration de tout le monde; ^es enflmts y trouvèrent les premières leçons de leur éducation. Son fils aîné, appelé Emeric, Fimitait avec tant de ferveur que sa sainteté le rendit célèbre. Il mourut étant encore jeune, et fut canoniséparBenoîtIX. Son vertueux père sentit vivement celte perte, mais il se