‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 97 sur 131 · S. HE>RI · texte numérisé non relu

S. HE>RI

S'il s'engagea dans des guerres, ce fut unique ment dans la vue de défendre ses peuples, et ses entreprises militaires furent toujours couronnées par le succès. Quelques-uns de ses sujets s'étant révoltés contre lui au commencement de son règne, il les réduisit par son courage et les gagna par sa clémence. Les mécontents mirent bas les armes, et le prince oublia le crime dont ils s'étaient rendus coupables.

Deux ans après il étouffa une révolte qui s'était élevée en Italie. Ardovin ou Hardwick, seigneur lombard, était chef des rebelles, et il les avait tellement mis dans ses intérêts qu'ils le couronnèrent roi a Milan. Ce seigneur ayant été défait, se soumit et obtint sa grâce; mais il se révolta une seconde fois. L'empereur marcha de nouveau contre lui, le vainquit en bataille rangée et le dépouilla de tous les domaines qu'il possédait; il laissa cependant la vie au coupable. Hard^^ick se retira dans un monastère et y prit T habit.

Le saint après sa victoire vint à Pavie, où il passa les fêtes de ^oel de l'année loio. S'étant ensuite rendu à Piome. il y entra le 22 février ioi4, accompagné de la reine Cunégonde et d'un grand nombre d'évêques, d'abbés et de seigneurs tant de la Germanie que de lltalie. Le pape Benoît YIII le reçut sur les degrés de l'église de Saint-Pierre, et après l'y avoir introduit le couronna empereur avec son épouse. Henri confirma et renouvela les donations que ses prédécesseurs avaient fait au saintsiége de la ville de Rome, de l'exarchat de Ravenne et de plusieurs autres domaines en Italie. Il revint ensuite à Pavie, où il célébra la fête de Pâques.

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Après avoir apaisé les troubles de la Lombardie, il reprit le chemin des Alpes pour retourner en Germanie; il visita ensuite le monastère de Cluny, auquel il donna le globe et la couronne d'or enrichis de pierres précieuses dont le pape lui avait fait présent; il visita aussi d'autres monastères qu'il ren-contra sur sa route et laissa dans chacun des marques de sa pieuse libéralité. Il passa par Liège et par Trêves, et arriva enfin h Strasbourg. Là il convoqua le 25 juin ioi4 nne assemblée générale des seigneurs tant ecclésiastiques que laïques de la Germanie et de l'Italie, où il publia plusieurs lois pour maintenir la police de l'empire. ^Yérinhaire, évêque de cette ville ^ était alors occupé du bâtiment de sa cathédrale. Cette église avait été détruite tant en 1002 par les troupes de Herman, duc de Souabe et d'Alsace, qu'en 1007 par le feu du ciel. On jeta les fondements delà nouvelle en 101 5, et l'on travailla avec tant d'ardeur que l'ouvrage fut porté en 1028 jusqu'à la toiture; mais il ne fut plus continué depuis ce temps-là qu'avec une extrême lenteur, ce qui vint soit du défaut de zèle dans les évêques , soit de l'indifférence des fidèles, ou plutôt des incendies fréquents, des guerres et des malheurs publics. Quoi quil en soit, la cathédrale de Strasbourg ne fut achevée qu'en 1275. L'année suivante on jeta les fondements de la tour, qui fait encore l'admiration des étrangers : elle fut achevée en 1439. L'empereur Henri fit aussi bâtir la cathédrale de Bamberg, que le pape Jean XVIII consacra en 1019 sous l'invocation de S. Pierre. Outre ces fondations il en fit encore plusieurs autres en divers lieux, lesquelles avaient toutes pour

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objet r accroissement de la gloire de Dieu et le soulagement des pauvres.

Brunou, son frère, évêque d'Ausbourg, Henri, duc de Bavière, et plusieurs autres personnes de sa famille désapprouvèrent l'usage qu'il faisait de ses revenus, regardant comme perdu tout ce qui était employé en bonnes œuvres. Le duc de Bavière et quelques autres seigneurs ne s'en tinrent pas à des plaintes; ils prirent les armes contre l'empereur en loio; mais Henri les défit en bataille rangée : il pardonna aux princes engagés dans la révolte et leur rendit leurs domaines dont il s'était emparé.

Quelque temps auparavant les idolâtres qui habitaient la Pologne et l'Esclavonie avaient ravagé le diocèse de Meersbourg et détruit plusieurs églises. S. Henri marcha contre eux, après avoir mis son armée sous la protection des saints martyrs Laurent, George et Adrien; il attaqua les infidèles et remporta sur eux une victoire complète. On dit que les trois saints apparurent durant la bataille: qu'on les vit combattre à la tête des impériaux; que les barbares furent saisis d'une crainte subite au commencement de l'action, qu'ils se dispersèrent tout à coup et se rendirent sans aucune résistance. Henri avait communié la veille avec toute son armée, et s'était engagé par vœu à rétablir le siège épiscopal de Meersbourg en cas qu'il fût vainqueur. La révolte des princes de Bohême fut aussi réprimée dès sa naissance.

Toutes ces victoires rendirent le saint la terreur de ses ennemis. La Pologne, la Bohême et la Mord' vie devinrent tributaires de l'empire. Henri répara les égl'ses avec magnificence et rétablit les sièges de

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Hildesheim, de Magdebourg, de Baie, de Misnie et de Meersbourg. Il envoya dans la Pologne et la Bohême des prédicateurs zélés pour instruire les idolâtres ; mais il n'est point vrai, comme quelques auteurs l'ont annoncé, qu'il ait converti S. Etienne, roi de Hongrie, puisque ce prince était né de parents chrétiens; il le seconda seulement dans les pieuses entreprises qu'il forma pour amener à la connaissance de la vérité ceux de ses sujets qui ne connaissaient point encore Jésus-Christ.

De nouvelles affaires le rappelèrent en Italie. Il s'agissait d'aller au secours de la chrétienté et surtout du saint-siége. Il vainquit les Sarrasins avec les Grecs leurs alliés, les chassa d'Italie et mit un gouverneur dans les provinces qu'il avait reprises sur eux; mais il laissa lesNormands jouir paisiblement du pays qu'ils avaient enlevé aux infidèles, à condition toutefois qu'ils ne tourneraient point leurs armes contre Naples et Bénévent. Il alla ensuite au Mont-Cassin. On le reçut à Rome de la manière la plus honorable. Pendant son séjour dans cette ville il eut h la cuisse une contraction de nerfs fort douloureuse, qui le rendit boiteux pour le reste de sa vie. En retournant en Allemagne il passa par l'abbaye de Cluny. Étant dans le duché de Luxembourg, il eut une entrevue avec Robert, roi de France, fils et successeur de Hugues Capet.

Pour éviter les contestations que pourrait occasionner le droit de prééminence, on convint que les deux princes se verraient sur les bords de la Meuse qui, au rapport de Glaber, séparait alors leurs états respectifs,- mais Henri, impatient d"cmbrasser Robert et de cimenter l'amitié qui l'unissait avec

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lui, l'alla voir le premier dans sa tente, et le roi de France lui rendit ensuite sa visite. La guerre les avait précédemment divisés et la victoire s'était déclarée pour les impériaux; mais Henri voulait régner en paix, et il avait par de sages négociations cherché les moyens de ne plus prendre les armes. Dans l'entrevue dont nous parlons, et qui se fit en 1020 , les deux princes s'entretinrent d'affaires concernant l'Eglise et l'état, ainsi que de la meilleure manière d'accroître te règne de la piété et de rendre leurs sujets heureux ; ils ne prirent congé l'un de l'autre qu'après s'être donné les preuves de la plus sincère amitié.

Henri prit sa route par Verdun et Metz. De retour dans ses états, il les parcourut dans le dessein de faire fleurir partout la religion. Il enrichissait les églises, soulageait les pauvres, remédiait avec soin aux abus et aux désordres, prévenait les injustices et garantissait le peuple de l'oppression. On eût dit qu'il ne voulait avoir sur la terre d'autres héritiers que les indigents; il ne passait dans aucun lieu sans les assister par d'abondantes aumônes, et sans y répandre la bonne odeur de sa piété.

Malgré la multiplicité des affaires dont il était comme accablé, il ne négligeait pas pour cela les détails: rien ne paraissait lui échapper; mais son attention à remplir les devoirs publics de sa place ne lui faisait point oublier le soin de son ame. Régler son intérieur lui semblait la première et la plus essentielle de ses obligations. Sans cesse il se rappelait que l'orgueil et la vaine gloire sont les plus dangereux de tous les vices; qu'ils sont les plus difficiles à découvrir, et que toujours ils sont les

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derniers vaincus clans cette guerre spirituelle que nous avons à soutenir. Il se rappelait encore souvent que rhumilité est le fondement de toutes les vertus , et que sur les progrès que nous y faisons se mesure notre avancement dans la perfection chrétienne. Plus donc il était élevé dans le monde, plus il cherchait à s'abaisser, et l'on a dit en parlant de lui qu'on n'avait jamais vu une humilité plus grande sous le diadème. Il n'avait de meilleurs amis que ceux qui le reprenaient librement de ses fautes; il avouait sur-le-champ celles qu'il avait commises et réparait les torts qu'il croyait avoir causés. Il n'eut pas plus tôt reconnu l'innocence de S. Héribcrt, archevêque de Cologne, contre lequel il s'était laissé prévenir liiute d'élre bien instruit, qu'il alla se jeter à ses pieds, où il demeura jusqu'à ce que le prélat l'eut assuré qu'il lui pardonnait. Il chassa les ilat leurs, qu'il regardait comme les plus grandes pestes de la cour des rois. Par la pratique de la morlificalion il sut captiver tous ses penchants sous la règle du devoir. La raison et la foi lui avaient appris que les plaisirs, ménieles plus innocents, étaient dangereux; qu'ils dissipaient l'ame, qu'ils en aflaiWissaienl la force et qu'ils préparaient la voie au crime, à moins que l'on ne fut continuellement sur ses gardes.

La prière, et surtout la prière publique, laisait les plus chères délices de ce prince. S'élant trouvé en 101 2 h la cathédrale de Strasbourg, il y admira la modestie avec laquelle les chanoines, appelés alors frères de Sainle-AIarie, célébraient roiïice divin^ le bel ordre qui s'y observait et la majesté qui régnait dans le sanctuaire. Henri, p'e;n de mépris

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pour les grandeurs humaines, conçut le dessein de renoncer à la couronne; il voulut se retirer auprès des chanoines delà catlicdralc, et il demanda h être reçu parmi eux comme leur confrère. Mais il en fut empêché par les remontrances des seigneurs de la cour et surtout par celles de l'évêque AVérinhaire, qui lui fit comprendre que sa véritable vocation était de régner avec sagesse et de se sanctifier sur le trône. Henri à cette occasion honora de ses dons la cathédrale de Strasbourg. Les bienfait* dont il la combla ont fait dire aux historiens de ga vie qu'il fiit le restaurateur de Tévêché de Strasbourg. 11 augmenta les revenus des canonicats; il y fonda aussi , pour éterniser sa dévotion, un canonicat doté d'une riche prébende pour celui qui ferait en son nom le service divin. Cette fondation existe encore aujoui*' d'hui. Elle devint vers le commencement du treisîème siècle, lorsque se fit la séparation des chanoines nobles d'avec ceux qui ne l'étaient pas, une prébende du grand chœur, sous le titre de prébende du roi du chœur.

Henri assistait au sacrifice de la messe avec beaucoup de piété et participait souvent à l'auguste sacrement de l'autel. Il honorait la mère de Dieu comme sa patrone, et il aimait à prier dans les égli* ses dédiées sous son invocation : c'est ce qui parut surtout à Rome par son assiduité à fréquenter l'église de Sainte-Marie-Majeure. Il avait aussi une tendre dévolion pour les anges gardiens et généralement pour tous les saints.

Quoiqu'il vécût dans un parfait détachement de toutes les choses créées, il désirait ardemment de renoncer au monde, et son dessein était de se reti-

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rer dans l'abbaye de Saint-Vannes à Verdun; mais le pieux Richard, abbé de cette maison , lui conseilla de ne point exécuter son dessein.

Henri fil constamment présider la religion à ses conseils , la bonne Toi à ses traités et le zèle à ses entreprises. Sa vertu le rendit toujours insensible aux charmes de la volupté. ]\on seulement il conserva la chasteté au milieu des périls de la cour, mais on assure même qu'il garda la continence dans le mariage^ de concert avec sainte Cunégonde, son épouse. Il mourut au château de Grône, près d'Halbcrstadt, la nuit du i3 au i4 juillet 1024» dans la cinquante-deuxième année de son âge et la vingtdeuxième année de son règne. Ses vertus royales et politiques l'ont fait mettre au rang des héros, et ses vertus chrétiennes au nombre des saints. Son corps fut porté dans la cathédrale deBamberg. Les miracles qui s'opérèrent k son tombeau changèrent bientôt les regrets en une vénération religieuse. Il fut canonisé le i4 mars 1102 par le pape Eugène III.

S. ROMLALD,

FO.NDATJbl R DE l'oRDRE DES CAMALDL'LES.

(7 février.)

Romuald, issu de la iamille ducale des lïoncsti, naquit à Ra venue vers l'an 95O. Ses parents, plus attachés aux maximes du monde qu'à celles de Jésus-Christ, le firent élever dans la mollesse et lui inspirèrent de bonne heure le goût des plaisirs. On no doit donc pas être étonné qu'il se soit laissé en-

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traîner par la fougue de ses passions. Mais la grâce rompit peu à peu le charme qui le séduisait ; ses inquiétudes sur l'état de son ame lui inspiraient de temps en temps de bonnes résolutions. Un événement malheureux fut le moyen dont Dieu se servit pour briser entièrement ses chaînes et pour achever sa conversion.

Serge , père de Komuald , avait eu une dispute avec un de ses proches pour quelque intérêt temporel ; il appela son parent en duel et exigea que son fiis fut de moitié dans l'exécution de son affreux dessein. Romuald effrayé d'une telle proposition la rejeta ; mais, sur la menace que lui fit son père de le déshériter, il consentit à assister au combat, seulement en qualité de spectateur. Serge eut l'avantage et tua son adversaire. Romuald , alors âgé de vingt ans, fut saisi d'horreur; se regardant comme coupable de l'homicide commis, il alla l'expier par une rigoureuse pénitence de quarante jours dans le monastère de Classe, situé à quatre milles de Ravenne. Les bons exemples qu'il avait sous les yeux et les instructions d'un frère convers chargé de le servir, aidé de la grâce, le détaclièfeiit entièrement du siècle. 11 demanda à être reçu dans l'ordre. On délibéra quelque temps, parcequ'on craignait le ressentiment de son père ; on se rendit à la fm et on le revêtit de l'habit monastique. Il passa sept ans dans cette maison et y mena la vie la plus édifiante. La jalousie de quelques frères, qui trouvaient dans sa conduite la censure de leurs égarements, lui fit obtenir la permission de quitter le monastère. Il se retira dans le voisinage de Venise et se mit sous la Donduite d'un saint ermite nommé Marin.

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Quelque temps après Pierre L rséolo, doge de Venise, Jean Gradenigo et Jean Morésioi se rendirent en Catalogne avec S. Guérin , qui y était abbé de Cusau, et y prirent Thabit religieux. Marin et Romuald allèrent vivre en ermites dans un désert du voisinagCc Plusieurs personues attirées par l'éclat de ses vertus se présentèrent pour vivre sous leur conduite , ce qui donna lieu à l'établissement d'une communauté, dont Romualdfut créé supérieur. Les frères joignaient au travail des mains des jeûnes rigoureux, un parfait recueillement et une prière continuelle. La sévérité avec laquelle Romuald traitait son corps ne l'empêchait pas d'être indulgent envers les autres, et surtout envers L rséolo, qui avait quitté le monastère de Cusan pour venir se mettre au nombre de ses disciples. Morcsini se retira aussi dans la même communauté.

Pvomuald après sa sortie du monde fut éprouvé par de rudes tentations de crainte , de défiance et de découragement : sa persévérance dans ses premières résolutions, dans les pratiques de la mortification et surtout dans la prière le fit triompher de tous les obstacles.

Serge , père de Romuald , touché de fexcmple de son fils, ouvrit enfin les yeux sur ses désordres, et pour les expier il alla se renfermer dans le monastère de Saint-Sevère, près de Ravenne. Mais le démon le tenta avec tant do violence qu'il fut sur le point de tout abandonner et de se rengager dans les embarras du siècle. Romuald, informé de ce qui se passait, vint en Italie afin de soutenir son père dans sa première résolution et de ralTermir contre les assauts de l'ennemi du salut. Serge resta dans

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son monastère, y vécut clans une piété fort exemplaire et mourut en odeur de sainteté.

Lorsque Romuald eut rendu à son père les devoirs que la piété et la charité lui prescrivaient, il se retira dans les marais de Classe et se renferma dans une cellule écartée. Il y éprouva diverses tentations, qu'il vainquit comme les premières. Il fut fait malgré lui abbé du monastère de Classe ; mais comme il ne trouvait point dans ces religieux l'esprit qui devait les animer, et qu'il n'avait aucune espérance de remédier à des maux invétérés, il voulut donner sa démission, que l'empereur Othon III refusa d'accepter. Il obtint de ce prince la grâce de la ville de Tivoli, qui avait été condamnée au pillage pour s'être révoltée et avoir tué son gouverneur.

Romuald, qui ne savait plus où loger ses disciples, bâtit d'autres monastères, où il établit la plus parfaite régularité. L'un était dans la vallée de Castro, dépendante de la province de Marino. Là les plus grands pécheurs le venaient trouver en foule pour apprendre de lui les moyens de rentrer en grâce avec Dieu. Plusieurs, frappés de ses instructions, donnèrent une partie de leurs biens aux pauvres et passèrent le reste de leurs jours dans les exercices de la pénitence.

Notre saint avait toujours désiré de vers eson sang pour Jésus-Christ; c'est ce qui lui fit demander la permission d'aller prêcher la foi dansla Hongrie. II partit avec quelques-uns de ses disciples; mais lorsqu'il était sur le point d'entrer en Hongrie il fut attaqué d'une violente maladie qui recommençait toutes les fois qu'il se remettait en route. Il jugea par là que ce n'était pas la volonté de Dieu

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cFii'il exéculât son dessein. Dans les monastères qu'il fonda en divers pays il ne souffrait rien qui lut contraire à la discipline monastique. Sa fermeté l'exposa souvent à la calomnie, qu'il supportait avec patience.

De tous les monastères fondés par notre saint le plus célèbre est celui de Gamaldoni, situé près d'Arezzo en Toscane. On y suivait Ja règle de S. Benoît, à laquelle furent ajoutées quelques observances particulières, en sorte que les religieux étaient tout à la fois ermites et cénobites. Telle est l'origine de l'ordre dit des Camaldides. Tous ces solitaires obéissent h un supérieur qu'ils appellent Maïeur. Ils vont à l'église pour y réciter l'ofiice divin. Ils ne parlent point dans les lieux réguliers, ils gardent aussi un silence absolu en carême les dimanches et les fêtes, les vendredis et les autres jours d'abstinence. S. Rorauald avait encore établi un autre genre de vie, celui des Reclus. Mais iln'était que pour ceux qui paraissaient appelés h une plus haute perfection. Ils se renfermaient dans leurs cellules pour n'en plus sortir et pratiquaient des austérités étonnantes.

S. Romuald mourut dans le monastère du Val de Castro, qui fait partie de la marche d'Ancône, le 19 juin vers l'an J027. Il était âgé de soixantedix ans et quelques mois. Clément VIII fixa >a fête au 7 février, jour auquel se fit la Iranslation de ses reliques.

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